‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentéesChapitre 203 sur 318 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

OEDIPE, CRÉON, JQCASTE, le choeur.

JOCASTE

OEdipe, et vous, Créon, quelle fureur soudaine Allume entre vous deux les flambeaux de la haine? Vos cris dans le palais sont venus jusqu'à moi. Des Thébains consternés vous augmentez l'effroi : Chaque jour, chaque instant redouble leurs alarmes. Dans le danger public, réunis par vos larmes, Ah! du inoins respectez une épouse, une sœur, La présence du peuple et surtout son malheur.

CRÉON

Votre époux me bannit.

ŒDIPE

Votre frère conspire. créon.

Dieux puissans! s'il dit vrai, que devant vous j'expire!

JOCASTE

Vous l'entendez, OEdipe; il atteste les Dieux.

ŒDIPE

Vains sermens ! je connais son art insidieux. N'importe: à mon pouvoir rien ne peut le soustraire; Qu'il ne soit point banni , puisqu'il est votre frère. Dans les remparts thébains je veux bien le souffrir; Mais, du moins, à mes yeux qu'il craigne de s'offrir,

OEuvres posthumes. L 2 3

Je crois, par cet arrêt, écouter l'indulgence.

CRÉOW.

Telle est votre faveur! quelle est votre vengeance? D'un frère et d'un ami voilà donc les adieux? Sur vos prospérités puissent veiller les Dieux ! Puissent-ils m'épargner la douleur de vous plaindre! Mais , si par des retours qu'un roi même doit craindre , Les destins sur OEdipe étendent leur courroux, Pour essuyer vos pleurs je serai près de vous.

(H sort.)

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