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ACTE IV, SCÈNE III

POLICLÈS.

De Corinthe au plus tôt revoyez le rivage.

ŒDIPE

Une femme, étranger, m'interdit ce voyage.

POL1CLÈS.

Quelle femme en nos murs vous cause tant d'effroi ?

ŒDIPE

Mérope, qui jadis épousa votre roi.

POLICLÈS.

Mérope? ô ciel! comment pourrait-elle vous nuire?

ŒDIPE

Les Dieux par un oracle ont daigné m'en instruire.

POLICLÈS.

Quel est donc cet oracle, et qu'a-t-il annoncé?

ŒDIPE

Le crime et le malheur. Je me vois menacé De porter sur mon père une main criminelle, Menacé de flétrir la couche maternelle.

POLICLÈS.

Ainsi , pour conjurer les destins en courroux...

ŒDIPE

De mes plus chers parens j'ai fui l'aspect si doux.

POLICLÈS.

Pourquoi vous imposer un exil tyrannique?

ŒDIPE

Je vous l'ai dit : la crainte en fut la cause unique.

POLICLÈS.

D'une vaine frayeur je puis vous délivrer.

OEuvres posthumes. I. 2 4

37o ŒDIPE-ROI.

ŒDIPE

Malgré la voix des Dieux m'osez-vous rassurer ?

POLICLÈS.

Mérope à vos destins fut toujours étrangère.

ŒDIPE

Polybe son époux...

POLICLÈS.

N'était point votre père.

ŒDIPE

Du nom sacré de fils Polybe m'a flatté.

POLICLÈS.

Polybe dès long-temps vous avait adopté.

ŒDIPE

Qui le déterminait à cacher ma naissance?

POLICLÈS.

Ses fils morts, le besoin d'affermir sa puissance.

ŒDIPE

Quel étonnant secret ! qui donc l'a dévoilé ?

POLICLÈS.

Polybe. En expirant il a tout révélé.

ŒDIPE

Et nid autre que lui ne savait ce mystère?

POLICLÈS.

Seul du secret du roi j'étais dépositaire.

ŒDIPE

Seul! et par quels moyens y fûtes- vous admis?

POLICLÈS.

A Polybe autrefois mes mains vous ont remis.

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