‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentéesChapitre 223 sur 318 · ACTE IV, SCÈNE V. 38i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V. 38i

Ta généreuse main prodiguant les bienfaits,

De l'aigle altéré de forfaits

Abattit les ailes sanglantes :

Mais, au sommet de ton pouvoir,

La foudre a plané sur ta tête;

Tu t'écroules sous la tempête,

Submergé dans l'opprobre et dans le désespoir.

Ton sort fut-il jamais prospère?

C'est dans la même couche, et dans le même sein,

Qu'un incestueux assassin

Se vit enfant, époux et père!

Ah! comment le lit paternel

N'a-t-il pas demandé vengeance?

Comment souffrait-il la présence D'un enfant, d'un époux, d'un père criminel?

Le temps sévère, mais juste,

Tenant l'œil toujours ouvert,

Hymen, de ton voile auguste

A vu l'inceste couvert.

Qui viendra maintenant dissiper nos ténèbres ? Sans toi, fils de Laïus, en ces remparts funèbres, Tous les yeux se fermaient au soleil qui nous luit ;

Mais le héros tutélaire

Qui nous rendit la lumière,

Nous replonge dans la nuit.

38a ŒDIPE-ROI.

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