‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentéesChapitre 231 sur 318 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

D'un fatal souvenir ne soit plus accablé : Qu'QEdipe, dans mes bras, vive heureux et tranquille !

ŒDIPE

O ma douce compagne et mon unique asile 1

O d'un faible vieillard jeune et faible soutien !

Tes yeux furent mes yeux; mon exil fut le tien.

Les malheurs sur Œdipe ont épuisé leur rage,

Plus grands de jour en jour , mais moins que ton courage»

Des parens inhumains, des fils dénaturés,

Ont poursuivi mes jours aux larmes consacrés.

D'un père criminel fille innocente et pure,

Seule, seule pour moi tu sentis la nature.

J'ai des fils, des parens; je ne suis point proscrit:

Ah ! de la main des Dieux ton bonheur est écrit.

Et ces Dieux, implorés par ma reconnaissance,

Ne m'auront pas en vain promis ta récompense.

AWTIGOÎCE.

Je l'ai déjà, mon père; elle est auprès de vous: Mais je vois des vieillards qui s'avancent vers nous. L'humanité se peint sur leurs fronts vénérables, Et sans doute à nos vœux ils seront favorables. Tout mortel, à cet âge, instruit par le malheur f Des mortels affligés sait plaindre la douleur.

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