ACTE I, SCÈNE II
LE CHOEUR
D'OEdipe! ôciel!
ŒDIPE
C'est moi.
LE CHOEUR
Vous , le coupable Œdipe ?
ŒDIPE
Que de vos cœurs troublés la frayeur se dissipe !
LE CHOEUR
Fuyez! des criminels ces lieux sont ennemis.
ŒDIPE
Et la pitié , l'accueil que vous m aviez promis ?
LE CHŒUR
Imprudente pitié , promesse sacrilège !
Le malheur, les autels n'ont plus de privilège?
LE CHŒUR
Votre malheur , des Dieux atteste le courroux , Et ces autels sacrés s'élèvent contre vous. Fuyez, ne bravez plus les saintes Euménides; Leur nom glace d'effroi le sein des parricides.
ANTIGONE
Ah! si, l'infortuné ne peut vous émouvoir, Les pleurs de son enfant seront-ils sans pouvoir ?j De votre sang, du mien , ne brisez point les chaînes; Oui, c'est le sang des Grecs qui coule dans nos veinés. Vénérables vieillards , j'invoque auprès de vous , J'atteste, je conjure, en pressant vos genoux,
4oo ŒDIPE A COLONK
Tout ce qui doit parler à votre âme attendrie , Le nom, le nom sacré de la douce patrie, Les tombeaux paternels, le toit de vos aïeux, Vos frères, vos enfans, vos épouses, vos dieux!
LE CHOEUR
Antigone, à ces dieux nous devons nos alarmes ; Et nos cœurs vainement sont émus par vos larmes. Que peuvent les humains contre un ciel irrité?
ŒDIPE
Outrage-t-on les Dieux par l'hospitalité ? O cité glorieuse et chère à l'infortune, Athènes! désormais son aspect t'importune! Ce n'est plus ce rivage autrefois renommé, Et des rois supplians refuge accoutumé.
LE CHOEUR
Vos mains n'ont-elles pas versé le sang d'un père ? îFavez-vous pas fouillé le lit de votre mère?
: çhsimpe.
Ah ! déclara coupable avant que d'être né , Songe£~*ou& qu'en Baissant' je fois abandonné? Avant de me proscrire,. entendez ma défense: A la cour de Corinthe on nourrit mon enfanté; J'ignorais mes parëns ;et jusqu'à mon pa^st' ferrencontrai Laïusyet je Je combattis;
mes jours menacés défenseur légitime, Sans la connaître, hélas! j umqolai ma victime. Au moment où le Sphinx est tombé sous mes coups,