SCÈNE IL
ŒDÏPE, AWTIGONE, LE CHŒUR.
ANTIGONE
Dans un autre univers Œdipe enfin respire. De la fatalité ne craignez plus l'empire, Mon père : d'un héros les. vertueux secours Ont fléchi les destins, qui pesaient sur vos jours. Vous ne rencontrez pas l'avare bienveillance Qu'une plainte importune arrache à l'opulence , Ni ces honteux bienfaits qu'un tyran dédaigneux Accorde à la misère en détournant les yeux; Mais la tendre pitié, l'hospitalité sainte, L'amitié consolante et prévenant la plainte, L'espoir et le sommeil , l'oubli des longs chagrins , Un appui toujours sûr, des cieux toujours sereins.
ŒDIPE
O toi, qui prolongeais ma pénible existence, Qui me tins lieu de tout , qui fus ma providence , Tu ne seras donc plus mon unique soutien! J'ai pu trouver un cœur aussi pur que le tien. Et vous, Dieux immortels, dont Thésée est l'image, En essuyant des pleurs il vous rend son hommage. Que ce roi , que son peuple à jamais vous soient chers: Des murs sacrés d'Athène écartez les revers.