SCÈNE V
ÉLÉNOR, HARPAGE.
HARPAGE.
Venez; un peuple ému par la reconnaissance, Du héros, son appui, demande la présence.
Lui seul donne la gloire. Offrez-vous à ses yeux; Et, ce devoir rempli, revenez dans ces lieux, Où la fille du roi va bientôt vous attendre; Elle veut, en secret, vous voir et vous entendre: Avec l'empire entier vous savez ses chagrins. rfxiivo'R.
La mère de Cyrus? Hélas! que je ta plains! Qu'elle a droit de pleurer! Noble et yaillant Harpage, Sous vous , de la vertu j'ai fait l'apprentissage. Quand fitirai-je avec vous ce dangereux séjour?
HARPAGE.
Votre âme est insensible aux pompes de la cour! Ah ! puisqu'à vos regards ses jeux n'ontpoint de charmes, Ensemble, s'il le faut, nous reprendrons les armes. Je vous suivrai partout, jeune élève des Dieux. Ce sont eux qui, sur vous veillant du haut des cieux, D'un triomphe éternel ont semé votre route* Ah! seigneur... Elénor, ces mêmes Diéux sans doute, Au moment du péril vous prêtant leur soutien , Consommeront bientôt leur ouvrage et le mien.
ELENOR.
Puissent-ils de Cyrus finir les infortunes ! Mais que me parlez-vous de pompes importunes? Nourri dans les forêts et parmi les pasteurs, Que me font d'une cour les charmes imposteurs? Ah! montrons-nous au peuple, et voyons la princesse; Mais bientôt dans les camps ramenez ma jeunesse; Fuyons loin de ces lieux, à mon coeur étrangers;