ACTE III, SCÈNE IV. 5*i
F. BONHOMME
Tant mieux.
MONTFORT, l'approchant de dom Tremendo.
À vos regards puis-je un instant paraître?
DOM TREMENDO.
Lacroix! le manteau blanc! tout jeune! ah! c'est peut-être... Oui , c'est 1# Templier.
F. BONHOMME
C'est lui , mon révérend.
DOM TREMENDO.
Ecoutez, observez, voyez comme on s'y prend.
F. BONHOMME
Bon.
DOM TREMENDO, à Moatfort.
Nous vous chérissons; Saladin vous honore; C'est le secret du ciel qui nous protège encore. De la cause de Dieu vous serez le soutien , La fleur des chevaliers, l'honneur du nom chrétien.
MONTFORT
Je demande...
DOM TREMENDO.
Ah ! voyons.
MO Ni1 FORT.
Ce qui manque à mon âge :
Des conseils.
DOM TREMENDO.
C'est parler en jeune homme bien sage; Mais il faudra les suivre.
5aa NATHAN LE SAGE.
MOUTFORT.
Aussi tel est mon vœu.
En pensant avec vous, en raisonnant un peu...
DOM TREMENDO.
Penser est dangereux; raisonner, inutile;
Croire, c'est ce qu'il faut: croire est bien plus facile.
MONTFORT
Me commanderiez- vous de croire aveuglément ?
DOM TREMENDO.
La raison quelquefois est bonne assurément. Employez la raison dans les choses vulgaires ; Mais , hors du temporel , dans toutes les affaires De Dieu, de son Église, elle est hors de saison.
F. BONHOMME
Que de gens sont damnés pour avoir eu raison !
DOM TREMENDO.
Ah! pas mal.
Est-il vrai? c'est un malheur étrange.
DOM TREMENDO.
Rien n'est plus vrai. Si Dieu vous envoyait un ange;
Et tout ministre saint, confesseur de la foi,
Est un ange ; si Dieu , qui vous adresse à moi ,
D'une grande action vous déclarait capable,
On ne vous verrait point, par un orgueil coupable,
Opposer la raison à ce maître divin
Qui créa la raison dont vous êtes si vain.
Un jour sur ce point là nous reviendrons, j'espère.