‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentéesChapitre 38 sur 318 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MANDANE, MITRADATE.

MANDANE

Approchez, ô vieillard vénérable.

Vous tremblez ! vous pleurez ! le malheur vous accable !

MITRADATE.

Oui, j'ai vécu long-temps : j'ai dû long-temps souffrir.

MANDANE

Si vous versez des pleurs, ne peut-on les tarir, Écarter loin de vous la misère cruelle? Laissez-moi cet espoir.

MITRADATE.

C'est Mandane, c'est elle; Mandane, dont le nom rappelle des bienfaits. J'ai reconnu son cœur, et même ayant ses traits.

MANDANE

Vous qui parlez, vieillard, je crois vous reconnaître. Ecbatane en ses murs vous a-t-elle vu naître?

MITRADATE.

Non ; mais elle n'est point nouvelle à mes regards : J'ai visité souvent ses fastueux remparts; J'ai vu briller Cambyse au milieu de nos fêtes, Quand un si bel hymen couronnait ses conquêtes; Et, par un sort heureux, j'habitais ce séjour, Lorsqu'en votre palais Cyrus a vu le jour.

MANDANE

Cyrus ?

MITRADATE.

Il me fut cher. Je l'ai sauvé. Tout change.

MANDANE

Vous êtes Mitradate...

MITRADATE.

Il est trop vrai.

MANDANE

' Qu'entends-je?

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