ACTE IV, SCÈNE I
Et bravant l'infortune aux humains si cruelle , Jetais fier et content de l'emporter sur elle. Mais devenir coupable en aimant la vertu !
MANDANE
Eh quoi ! de son forfait lui-même est convaincu l
BLÉNOR.
Mon bras est criminel ; tout me force à le croire. Eh bien, punissez-moi de mon infâme gloire; La mort, mais sous vos coups. Voici vie fer sacré Que Cyrus et Cambyse ont tous deux honoré : Qu'il passe dans vos mains, et que votre colère...
MANDATE.
Des mains d'un meurtrier dansées mains d'une mère! Hélas ! en traits sanglans je crois y voir écrits Le nom de mon époux et le nom de mon fils..
ÉLÉNOR.
Dieux !
M AND ANE
Conservez ce glaive, il a payé vos crimes : Vous avez à la fois immolé deux victimes. Vous m'arrachez le jour; fuyez mon désespoir, Fuyez, délivrez-moi de l'horreur de vous voir. La pitié que j'éprouve est un supplice horrible. Vous demandez la mort: vous l'aurez, mais terrible, Sans gloire, sans combat, dans un exil affreux, Poursuivi par le sang de mon fils malheureux. Leurs enfans dans les bras , les mères gémissantes Fuiront les lieux souillés par vos traces sanglantes;
Et j'aurai, pour vengeurs de mes calamités,
Le remords inflexible et les Dieux irrités.