‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentéesChapitre 75 sur 318 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PHILIPPE CARLOS, LE DUC D'ALBE, LE COMTE D'EGMONT , GOMÈS, coxtrtisàks , pages, gardes.

dTegmont.

Sire, envoyé vers vous, .^ose à votre justice Demander pour le Felge une oreille propice. Ce peuple généreux daigne emprunter ma voix. En son nom, près de vous, je viens plaider ses droits; Et l'aspect du tyran dont il fut la victime Ne refroidira point mon zèle légitime.

d'albe.

Ce tyran fut trop faible; il devait plus oser: D'Egmont ne viendrait pas aujourd'hui- l'accuser.

CARLOS

C'en est trop.

PHILIPPE, à d'Egmoat-

Poursurvez^prince;et vous, duc, silence.,

DEGMONT.

Sire, vous avez vu cet excès d'insolence. Le tyran se déclare, et son cœur sans pitié Du sang èb vos sujets n'est point rassasié. Tel il fut de tout temps: c'est lui dont la furie A soufflé la discorde au sein de ma patrie: Les Belges, par lui seul aux révoltes, poussés r

n8 ; PHILIPPE IL

Resteront sous vos lois , si vous le punissez ; Si du moins un arrêt du pkis juste des princes De l'aspect du tyran délivre nos provinces.

Contre yieu^ général le Belge est irrité ? . Vous reprochez au duc trop de sévérité. > ^ N'était-ce pas plutôt une justice utile? D'Albe fut-il cruel, ou, le Belge indocile? C'est ce <ji}!avep loisir on doit examiner. Votre aiflJbpLS&ade laeme a. de quoi m'étonne^. f)r Mais je craip&.de forjner des doutes sacrilége&;; . Expliquez-moi, d'Egroont, ces droits, ces privilèges Invoqués p^r; le, Belge avec tant de çourrojLu^ /, . • Violés par le ducj et rédamés par vous. i.

d'egmowt.

Je ne connais point l'art de farder mon langage j , Mon pè^^au ^eiç des camps signalant >o*l courage, Dans l'étude des lois n& point formé son fils. Il m'apprit cependant les droits de mon paya, . Que dis-je? ils sont gravés dans mon âme énergique: Mats le plus saint» de tous;, celui que la Belgique Est prête à maintenir jusqu'au» dernier moment, Sire, c'est le beaà droit de penser librement, De ne jamais trahir sa conscience intime , De ne courber jamais un front pusillanime Sous des juges sacrés, sous un culte vainqueur, De n'écouter e^fin que le ciel et son cœur. La conscience est libre; on àe peut rien sur elle;

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