‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentéesChapitre 77 sur 318 · ACTE II, S€ÈNE IV. îai d'albe · texte numérisé non relu

ACTE II, S€ÈNE IV. îai d'albe

Prince, il est pour un roi d'autres calamités: C'est de compter son fils parmi des révoltés.

CARLOS

Moi!

d'albe.

Vous-même;

CARLOS

Eh quoi ! sire, on ose méconnaître...

D'Âlbe, en ce fils, du moins, respectez votre maître.

(A Carlos.)

Jeune homme, à votre zèle imposez mieux la loi. Philippe règne encor; ne parlez plus en roi. Vous, d'Egmont, qui blâmez des lois justes et saintes, De mes fiers Castillans entendez-vous les plaintes? Leur conscience intime obéit sans regrets; Et l'épais habitant de vos sombres marais Oserait repousser, comme un joug tyrannique, Un pouvoir révéré des vainqueurs du Mexique; Un pouvoir qui, du ciel faisant valoir les droits, Pèse avec majesté sur la tête des rois ! Devant ces droits divins les vôtres disparaissent ; Sous un culte vainqueur que tous les fronts s'abaissent; Vos juges sont les miens ; je veux les maintenir. Si Nassau les combat, je saurai l'en punir; Si son trône est debout, je l'en ferai descendre.

d'e gmont.

Sire, préparez-vous à régner sur la cendre.

iaa PHILIPPE II.

Oseriez- vous, d'Egmont, m'expliquer ce discours?

d'egmont.

Oui , sire. A la rigueur vous avez eu recours : La rigueur a produit la désobéissance.

Fondant sur cet appui sa future puissance, Nassau, je le vois bien, vous cause un peu d'effroi: Nâssaù n'est qu'un guerrier, vous en ferez un roi. Vos bourreaux ont perdu nos régions si belles; Chaque martyr qui tombe enfante cent rebelles. Nos travaux sont détruits , nos champs sont désertés; L'horrible solitude habite nos cités:

L'industrie aux abois, fuyant la tyrannie, Cherche un asile en France ou dans la Germanie. *Xes hardis Zélandais, nés pour la liberté, Vont rendre à l'Océan leur sol ensanglanté; Le citoyen frémit aux noms d'époux, de père; L'épouse au désespoir pleure en se voyant mère: Là, près d'un fils unique, une femme combat; Le vieillard est armé, l'enfant même est soldat: Le jour tout prend le glaive, et la nuit tout conspire, Tout veut subir la mort plutôt qu'un tel empire.

Et vous ne tremblez pas en me parlant ainsi ! Votre tête, imprudent, me répond...

d'egmont.

La voici.

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