LE SOUVENIR
Près des ombrages où Vincenne
Voyait le plus saint de nos rois
Dicter ses pacifiques lois
Sous les ombrages d'un vieux chêne.
Il est un modeste hameau
Que j'habitai longtemps près d'elle,
Et que cette amante fidèle
Abandonna pour le tombeau.
Salut, verte colline, à mes yeux si connue !
Salut, triste et longue avenue,
Que je traversais à grands pas
Lorsque de la cité prochaine Je hâtais mon retour, pour recueillir, hélas ! Les restes précieux d'une vie incertaine
Que me disputait le trépas I
Voici la route détournée
Où de nos projets d'hyménée
Elle aimait à s'entretenir.
Et, déjà du sort condamnée , Sur les bords du cercueil me parlait d'avenir.
Alors errait sur son visage
Un languissant sourire.... et moi,
Voyant son calme avec effroi , Avant l'heure d'hymen je pleurais mon veuvage. Mais sur ce vert rocher qui s'élève à l'écart,