‹ Œuvres précédées d'une noticeChapitre 24 sur 117 · COMBAT D'HOMÈRE ET D'HÉSIODE · texte numérisé non relu

COMBAT D'HOMÈRE ET D'HÉSIODE

C'était dans la Chalcide. A ses festins funèbres Ganictor, appelant tous les chantres^célèbres, Pleurait Amphidamas ; et des jeux solennels Achevaient d'apaiser les mânes paternels. Trois fois la nuit sacrée a fait place à l'aurore, Et le cirque poudreux vient de s'ouvrir encore. Les lutteurs sont armés de leurs cestes pesants; L'huile coule à flots d'or sur leurs membres luisants, Cependant que, jaloux d'un glorieux salaire, Les chars ont déployé leur course circulaire.

Mais les derniers rayons du troisième soleil Vont d'un combat plus noble éclairer l'appareil : Nouveaux Automédons! d'une main empressée Sur les essieux brûlants jetez l'onde glacée ; Vers la crèche abondante emmenez les coursiers, Et séchez vos sueurs aux flammes des foyers.

Que de ses longs efforts l'athlète enfin respire. Et vous, peuple! écoutez : les maîtres de la lyre, Hésiode encor jeune, Homère déjà vieux, Se disputent le prix des chants harmonieux.

Du laurier d'Hippocrène une branche sacrée S*agite dans la main du poëte d'Ascrée ; En ces mots il commence, et ses nobles chansons De la lyre jamais n'empruntèrent les sons.

HÉSIODE

« Sur le mont des neuf Sœurs je portais la houlette : Elles vinrent un jour, au milieu des troupeaux, Saluer le pasteur du doux nom de poëte; Je visitai leur temple et portai leurs bandeaux.

HOMÈRE

« Une nuit, je rôvai que Toiseau du tonnerre, Vers les bords du Mélès se jouant avec moi, M'emportait aux confins des cieux et de la terre, Et me disait : « La terre et les cieux sont à toi. »

HÉSIODE

« Filles de Mnémosyne, augustes immortelles, Muses ! vous serez mes dernières amours.

Heureuse est la demeure. où reposent vos ailes t La palme et l'olivier l'ombrageront toujours.

HOMERE

t Honneur au roi des dieux I Autant le haut Gargare Surpasse les rochers enfoncés dans la mer ; Autant l'Olympe altier surmonte le Tartare ; Autant parmi les dieux domine Jupiter.

HÉSIODE

t Les Muses, vers le soir, entrelaçant leur danse. Couronnent THélicon de leur groupe joyeux ; Ou, montant vers l'Olympe, elles vont en cadence Savourer le nectar dans la coupe des dieux.

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