A MADAME
Toi que d*amour j'aimerais pour la vie Si pour l'amour tu n'étais sans pitié !
Songes-y bien, près d'aussi belle amie^ Gomme d'amour on brûle d'amitié.
De mes transports si ta raison murmure, Je fais serment d'en cacher la moitié; Et je saurai, sans devenir parjure, Jusqu'au tombeau t'adorer d'amitié.
Frivole amant, je cherchais des amantes; Mais je t'ai vue, et j'ai tout oublié.
A tes genoux , sur tes lèvres charmantes, Oh ! laisse-moi m'enivrer d'amitié.
POESIES LKGBRES. î<5f>
A MADAME ***, QUI m'engageait a lui lire un discours en vers
SUR l'indépendance de L*H01fllB DE LETTRES.
Après le bien qu'en mes vers f ai chanté, D est encore une autre indépendance^ Que Ton ne peut, quoi qu'on ait de prudence, Garder longtemps auprès de la beauté.
Aussi j'éprouve une terreur profonde :
En ces moments solitaires et doux, Lire en secret la première avec vous, C'est, je le sens, exposer la seconde.