‹ Œuvres, publ. par les soins des ses élèvesChapitre 55 sur 82 · COMPTES RENDUS DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, TOME LVII. PAGE · texte numérisé non relu

COMPTES RENDUS DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, TOME LVII. PAGE

Les recherches dont j'ai eu l'honneur de communiquer à l'Académie un résumé, dans la séance du 6 avril dernier, ont établi que, dans la généralité des substances transparentes, la dispersion magnétique des plans de polarisation s'effectue approximativement suivant la loi de la raison réciproque des carrés des longueurs d'onde, et que cette loi ne souffre pas l'exception remarquable à laquelle elle est sujette dans le cas des substances actives par elles-mêmes.

J'ai fait remarquer que cette loi était absolument contraire à une théorie des phénomènes proposée par M. Charles Neumann, mais qu'elle s'accordait également, soit avec les équations différentielles qui se déduisent d'une théorie proposée par M. Clerk Maxwell, soit avec d'autres équations différentielles renfermant les dérivées troisièmes des déplacements moléculaires prises par rapport au temps. Mes expériences n'avaient pas la précision nécessaire pour autoriser un choix entre ces deux derniers systèmes, et elles paraissent d'ailleurs s'accorder avec une conséquence qui leur est commune. Les mêmes calculs, en effet, qui montrent que ces équations conduisent à la loi approximative du carré des longueurs d'onde, montrent aussi que l'approximation de cette loi sera d'autant moindre que les coefficients A Y , A 2 , . . . , d'où dépend le phénomène de la

Verdit, I. — Mémoires. 1 4

dispersion ordinaire, auront des valeurs plus sensibles; et, d'un autre côté, les substances qui m'ont paru s'écarter le plus de la loi (sulfure de carbone, essences, créosote) se font remarquer par la grandeur de leur pouvoir dispersif.

Afin de savoir exactement si cette coïncidence avait le caractère d'une loi générale de la nature, et d'apprécier la valeur des conceptions théoriques de M. Maxwell , j'ai entrepris de nouvelles recherches dans lesquelles je me suis efforcé de donner plus de précision aux expériences. Je crois y être parvenu, tant par l'augmentation de la puissance des appareils magnétiques que par l'accroissement d'intensité du spectre lumineux qui, dans la méthode employée (celle de MM. Fizeau et Foucault), est le sujet final de l'observation (1) . Mais, pour ne conserver aucun doute sur les résultats, j'ai prié un observateur, très-exercé à ce genre d'expériences (2) , de reprendre les mesures les plus importantes, et l'accord de ses déterminations avec les miennes a été entièrement satisfaisant. Pour des raisons évidentes d'elles-mêmes, j'ai soumis d'abord à l'expérience les deux liquides les plus transparents et les moins colorés parmi les liquides fortement dispersifs qui avaient fait l'objet de mes premières recherches, le sulfure de carbone et la créosote du commerce. Comme l'étude de ces deux substances a suffi pour résoudre d'une manière décisive lés questions que je m'étais posées, je n'ai pas jugé nécessaire, pour le moment, d'étendre mes expériences à d'autres corps.

J'ai trouvé, en effet, pour ces deux liquides, les séries suivantes de valeurs relatives du pouvoir rotatoire magnétique correspondant aux diverses raies du spectre :

Valeur absolue

moyenne Température

du double moyenne

de la rotation des

pour la raie E. obserralioi».

Sulfure de carboue. 0,592 0,768 1,000 i,a34 1,70/i a5°,a8 aû°,9 Créosote 0,57^ 0,758 1.000 i,q4i 1,733 ai A ,58 a£°,3

A des températures très-voisines, j'ai obtenu, à l'aide d'un cercle

[i) Cet accroissement d'intensité est résulté tantôt de la concentration de la lumière au moyen d'une lentille cylindrique sur la fente nécessaire à la production du spectre, tantôt de la substitution du foyer linéaire de cette lentille à la fenle.

{2) M. Gernez, qui s'occupe avec succès, depuis plusieurs mois , de l'étude du pouvoir rotatoire des vapeurs des liquides actifs.

horizontal à collimateur et à lunette excentrique, construit par M. Brunner (1) , les valeurs suivantes des indices de réfraction, qui confirment ce qu'on savait déjà de l'inégalité de la dispersion du sulfure de carbone et de la créosote :

TKMPKRATl'RI

DBS OBSERVATION».

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