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STATUE DU TEMPLE D'AUGUSTE

M. Brossei, de Saint-Pétersbourg, Toccasion de conoailre et de discuter des oiseaux de bronze à tète humaine qui, après examen, nous ont paru être des produits de Fart asiatique très anciens : bronzes dont la description, envoyée par nous à notre compatriote, a été publiée dans le Bulletin de FAfindémie impériale de Saint-Pétersbourg (1871) (1). Depuis que celte publication a été réalisée, d'autres bronzes provenanl du même lieu (en Arménie) ont été encore recueillis (2).

Maintenant nous croyons utile de signaler aux archéolog^uus Tcxistence d'une statue acéphale de marbre, dont M. Jermakoff a exécuté, à Âncyre, une remarquable photographie, reproduite dans la planche VIII. La tète manque, il est vrai ; mais le travail, le style, la forme générale, l'attitude assise sont si

(1) p. 275 du tome I des Œuvres de A, de Longpérier. — Ces bronzes avaieot été vus, mais non expliqués pur M. Taylor, consul d'Angleterre, qui y voyai' Timage de la colombe évangéliqne, ouvrage des Byzantins. {BulUiin, p. 4H8., Ce à quoi M. Brossct ajoutait : » Je n'ai jamais oui dire, ni In que les Byuolins eussent imaginé un emblème aussi hétéroclite.» A ceci, nous jépoadiiue^ « Ou les bronzes de Van ont été fabriqués en Chaldée, et portés en Anuéui< par le commerce, à Tépoque de la prépondérance de l'empire babylonien; uu ils sont l'œuvre des Alarodiens (Herod., iil, 99; VII, 79], que M. Ravlia&jii assimile aux Vrarti des inscriptions assyriennes, et qui ont précédé & Yao ic* Arméniens de la Pbrygie ; la langue des Alarodiens de Van parait, si l'on eu croit quelques travaux récents -{entre autres ceux de M. François Lenormaiit offrir des affinités avec le géorgien. » {BuUelin^ p. 492).

(2) A. Catalogue de la collection de M, de Bammeville, 1881, p. 8, n^* 3 et t^. B. Ârchaologische Zettung, 37» année, 18S0, pi. XV, vendu an Musée dv

Berlin comme trouvé à, Olympie, mais sans aucune garantie, p. 326-3i9. (> bronze, si l'on tient compte de sou style et de la couleur de sa patiue, pri.»vient de Van, comme les autres.

M. le marquis de Vogué possède une figure ailée de même origine qu'il a acquise à Coni^tantinople.

Je disais {Bulletin de t Académie des Scietices de Saint-Pélersbourgt liTl. p. 491), en parlant des bronzes pbotograpbiés par M. Jermakoff : » Ce suiit des plaques d'attacbe fondues et gravées au burin qui ont été fixées à TuiiK de clous rivés sur des vases de bronze battus au marteau, dont on pent faclKment apprécier le diamètre par la courbe de ces plaques. Il est évident qn^> cette forme de colombe a été choisie parce qu'elle convenait parfuiteoient <> une plaque d'attache, la queue et les ailes constituant d'excellents élénieat? de force. »

Au sujet de ces grands lébcs apodes, que Ton servait sur lu table et que pur conséquent Ton virait à l'aide de poignées, voyez Notice du Musée assyrien dn Louvre, édit. de 1S54, page 36, n«> 23: Botta, Monument de yinive, pi. LXIV. LXV, LXXVI, a\ll et CXIII ; Bouomi, Nincvch and ifs pahces [i^^'l pi. CLXXXVII, no 83.

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caractérisés, que Ton peut se faire facilement une illusion iconographique qui complète la sculpture.

Tout le haut du corps est nu, c'est assez dire que le personnage représenté est divinisé.

Au reste, si Ton veut se faire une idée de Taspect que pouvait avoir la statue du temple d'Ancyrc, on devra avoir recours, outre les monuments de sculpture que nous indiquons ci-après, au type d'une monnaie de Nicopolis d'Épire, décrite par Mionnot (1), d'après le Muséum Arigonianum (2), type qui comprend la ligure impériale avec Tiilscription si expressive CEBACTOY KTICMA [fondée par Auguste),

Les statues assises du i" siècle sont, comme on sait, extrênu'menl rares ; et toutefois nous renvoyons comme point de comparaison aux exemples suivants relevés dans le Musée de srul/jlure do Clarac :

1"* Statue assise d'Auguste (toute restaurée), torse nu, draprie sur les jambes (bras droit moderne) : pi. 919, n° 2330. Naples, Musée National.

2* Auguste assis, Naples, Musée National ; torse nu, draperie sur les genoux : pi. 917, n** 2324 B.

3" Auguste assis. Villa Albani : pi. 912 A, n« 233i A.

4° Tibère assis, torse nu, genoux couverts (Guattani, 1803 pi. XV), Privernum : pi. 924, n°2324.

5' Autre, Vatican : pi. 92?;, n° 2332.

B' Autre, Musée Chiaramonli : pi. 926, n** 23S6. Ces deux sans tunique.

y Torse nu de (Maude avec draperie sur les genoux. Rome, Musée du Latran : pi. 936 E, n*» 2386 B.

8» Claude assis. Naples, Musée national : pi. 933, n» 2380.

La collection de M. JeiinakolT contient des linteaux de parles composés de faisceaux de feuilles de chêne liés par des bandelettes; or ces linteaux sont ceux du temple d'Auguste, qni viennent affirmer encore Tattribution de la statue. Le smiat avait, en Tannée 27 ans avant Jésus-Christ, 727 de

■'.; Supplément, t. Ul, p, 371, n» 81. :l T. I, pi. 1. n» 7.

T. lit. 27

413 STATI K U(: TEMPLB D'AIULSTK A A\CVRK.

Romo, décvnié à Auguslc une couronne de chenu el deui plants de laurier pour avoir sauvé ses concitoyens. (> fail, raconté pnr Dion Cassius (1), est encore attesté par de Iri^s belles médailles d'or et d'argent sur lesquelles on voit dts rameaux de laurier et la couronne de chêne, accompagnés do caractères OB Crées Servalos (2).

Tandis que les découvertes archéologiques font soi'tir do la nuit des temps les monuments appartenant à rantiquité la plus plus reculée, la bonne fortune des antiquaires complète les édifices de l'époque classique que l'on croyait avoir été eottèrement explorés. Si Qualremère de Quiucy et Ëmeric David vivaient encore ils trouveraient là le sujet de quelque curieusi' restitution comme colles qui ont fail le charme de leurs cuiitemporaius. La statue colossale d'Auguste dans le temple d'Ancyrc leur eût paru un complément des plus heureux.

(1} LItl, 16.

[2] Eukhul, Ductr. num. vel., t. VI, p. SS, el t. V, p. 162, à ta rtuuilJt' CïDiiiù

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