SIMON 6PISC0PVS. Tête mitrée ; devant, une crosse
•+• MELQ'CIVITAS* Groix cantonnée de deux fleurs de lis et de quatre besants, deux à deux.
TeUe est la dernière monnaie épiscopale meldoîse dont l'empreinte soit venue jusqu'à nous. Gependant il parait certain que les évoques en frappèrent jusqu'au commencement duxiv' siècle.
En 1208, Blanche, comtesse de Ghampagne et de Brie, conclut aVec Geoffroy de Tressy, évêque de Meaux, un traité par lequel ils convinrent de fabriquer en commun, pendant trois années, leur monnaie, dans les villes de Troyes, de Provins et de Mcaux. D'après les conditions de ce traité, les deux tiers des bénéfices provenant de cette fabrication devaient revenir à la comtesse, le dernier tiers restant à Tévêque. (Voir la charte citée ; Revue 1839, p. 33.)
Il est probable que la durée de cette société fut prolongée au delà des trois années fixées par la convention, car nous voyons qu'en 1214, Guillaume de Nemours, successeur de Geoffroy, écrivit à la comtesse pour lui offrir de maintenir ce qui avait été consenii jusqu'à f époque convenue avec son prédécesseur.
En 1225, Pierre, évêque de Meaux, ayant fait frapper une
nouvelle monnaie, ol défondu le cours de Tancienne, le roi Louis VIII se plaignit de ce que les habitants de quelques terres de sa mouvance où Fancienne monnaie de Meaux avait cours, n'ayant pas été avertis à temps, ne pouvaient^ se défaire de cette monnaie décriée, et étaient ainsi gravement lésés dans leurs intérêts. L'évèque promit par une charte (1), qu'à l'avenir lui ou ses successeurs avertiraient le roi quatre mois à l'avance des changements qu'ils voudraient introduire dans la monnaie.
Quatre-vingts ans plus tard, l'évèque de Meaux battait encore monnaie, et le roi Philippe le Bel reçut l'évèque Nicolas à hommage, pour ce droit, ainsi que l'atteste une charte que voici :
Philippus, d, g. Franc, rex, tmiversis présentes litteras mspecturis salutem. Notum facimus quod super monetagio et cursti monetœ^ guos dilectus noster Nicolatis Meldensis épiscopus, per se et ejtis predecessores nomine ecclesiœ suœ Meldensis^ se hahere dicehat, plenius informati; eumdem de dicta moneta et cursu ipsitis recepimus m nostrum homagitim : pressentes sibi in hujus rei testimonium concedentesy dantesque omnibus nostris subditis et justitiariis eisdem presentibus in matidatisy qua tenus prefatum episcopum ad modum predeces^ sorum suorum moneta sua et ejus cursu gaudere pacificij prout ad eorum quemlibet pertinuerit permittentes, ipsum a modo in prœdictis aliquatenus non impediant aut perturbent. Actum ad Pontisaram prima die septemh., a. d. m cccv m (2).
Sept mois après, le roi retira à l'évèque le droit de battre monnaie. C'est encore à une charte que nous devons la connaissance de ce fait. Voici cette pièce :
Philippus^ rf. g. Franc, rex, dilecto ac fideli nostro Nicolao ppiscopo Meldensi, salutem et dilectionem. Cum 7ios nuper, diligenti deliberatione^ prœhabita et reipublicm utilitati pen^ sata, cusionem seu operationem monetarum Prœlatorum et Baronum quorumlibet regni nostri ad manum nostra ex causa
(i) Brnssel, Uxage des fief*, t. T, p. 200. (2} Marienne, Ampl,coU,, t. It cul. 1413.
posnerimus, donec super hoc aliud duxerimus ordinandum; mandamiis vobtSj sub fidelitatis vinculo quo nofns astricti teneminifirmiter injungentes, quatemis ah hujusmodi monetarum cusioney^visis prœsentibus^ penitus desistaits. Actum Meleduni die xxij marlti, ami, Dni m° ccc° vu» (1).
L'année alors commençait à Pâques, et en 1307 cette fête tombait le 26 mars. Cette pièce a donc été écrite quatre jours avant la fin de Tannée.
En 1315, l'ordonnance de Louis X, rendue à Lagny-sur- Marne, fixe le poids et la loi de la monnaie meldoise ainsi qu'il suit :
« Deniers à trois deniers dix grains de loi, argent le roy, de vingt-deux grains de poids, au feur de cent trente-cinq pièces au marc.
« Maille de ladite monnaie m d. vingt-et-un grains de loy, argent le roy, de vingt-deux grains de poids au poids au feur de II c viii pièces de taille au marc. »
La livre de ces monnaies valait 3 sols 4 deniers de moins que celle de la monnaie royale, en sorte que treize deniers ne valaient que douze deniers tournois, argent le roi.
Le recueil de Duchesne (2) contient la copie d'uuB pièce extraite du registre des ouvriers monnayers du serment de France , c'est à savoir les lettres-patentes d'Henry, roi de France et d'Angleterre, du 22 janvier 1428, le quart an de son règne, données à Paris. Nous y trouvons après la liste des ouvriers de Paris, celle des ouvriers demeurant en la sénéchaussée de Maiilx, au nombre de quarante environ. Presque tous sont des laboureurs domiciliés dans les villages qui entourent Meaux, comme Vareddes, Yverny, Monthyon, Neuftnontier; deux de ces ouvriers sont des habitants de Meaux, Thomas Droynel, tanneur, et Lorin Roquette, huissier. Je ne sais comment ces professions pouvaient être compatibles avec l'emploi d'ouvrier monnayer, à moins que cette dernière qualité ne fût purement honorifique. Au reste, cette question ne
(1) Brussei, Usage des fief s^ t. I, p.'208.
(2) DnchesDe, t. XVHI, p. 185. mss. de la Bib. Royale.
SUR LES MOiNNAIGS DE MEAUX. 89
saurait être traitée ici ; il ne parait pas qu'il ait jamais été frappé de monnaie royale à Meaux, sous les rois de la troisième race.
Je ne connais point de monnaie obsidionale frappée à Meaux, pendant les sièges célèbres qu'a soutenus cette ville.
Sous Charles YI, en 1420, lorsque Tabbé de Saint-Faron, Philippe deGamachcs, se défendit sept mois contre les Anglais, les monnaies obsidionales n'étaient certainement pas encore en usage.
Au mois de mai 1589, le sieur de Villarceaux soutint à la tète des ligueurs, le siège mis devant la ville par les troupes royales ; mais celles-ci furent bientôt ropousséos ; d'ailleurs la ville se défendait elle-même, par le secours de ses bourgeois, et sans avoir recours à des troupes étrangères, dont les exigences paraissent avoir donné naissance aux monnaies obsidionales.
Il me reste à décrire quelques méreaux qui ont été frappés pour l'usage de l'église et du chapitre de Meaux. Mon intention n'est pas de discuter ici l'usage des méreaux. Leur valeur et les limites chronologiques que l'on doit leur assigner seront l'objet d'un travail particulier que j'espère publier, s'il platt à Dieu. En attendant, je renvoie à l'excellente dissertation que M. Hermand a donnée sur ces monuments numismatiques, dans les Mémoires de la société des Antiquaires de la Mort" nie (1), et que bien des lecteurs de la Revue connaissent sans aucun doute. (V. la page 90.)
26. AVE MARIA GRATIA. Buste de la Vierge voilée, couronnée et nimbée, et tenant Tenfant dans ses bras.
l^. S'STEPHANVS. JllELDEDSIS. AVE dans le champ, entre deux barres. Cuivre. Cabinet de M. Dassy et collection de mon frère.
L'église de Meaux est sous le vocable de Saint-Étienne ; mais elle a toujours eu pour la Vierge une vénération particulière.
Dans des lettres du pape Paschal II, en 1103, et d'Etienne,
(1) T. II, p. 253. V. aussi la Revue Ntmismaiiguet 1836, p. 132.
évoque de Heaux, on 1180, les chanoines de cette ville sont appelés : Canonici B, Marùe heatique protomartyris Stepham ; Henry, comte de Champagne, les nomme, en 1152 : Canonici sanctœ Maria sanctique Stephani Meldensis ecclesim (1).
On trouve dans les mémoires manuscrits de Janvier, que j'ai déjà eu occasion de citer (2), le passage suivant : « Décembre. Le jour de la conception de la Vierge, se doit distribuer avec les méreaux de Vave regina^ à chacun chapelain, un sol. Le 8, il y a distribution aux petits et grands chapelains seulement, et le jour de la conception; et pour ce un sol et six deniers, cela se rapporte à Farticle cy-dessus, car le peu d'assiduité que font les chanoynes à Téglise contre leur serment et foy, leur ont fait oster les mérëaux (3). »
Janvier donne les dessins très grossiers de deux méreaux, dont le type est semblable à celui que je viens de décrire, Tun avec la date de 1487, l'autre celle de 1552 (4).
27. SSTEPHANVS MELDED. Globe surmonté d'une croix. ]^. Même légende. Même type. Plomb. Cabinet de M. Dassy. Ce méreau a été trouvé dans un terrain dépendant de l'abbaye de Chaage, près Meaux.