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HO DENIER D HERVÉ, ÉVÊQUE DE BEAUYAIS

tique une opinion, qui nous paraît incontestable, sur la signification des légendes de transition des x"* et xf siècles (1).

Comme c'est le propre des lois générales, basées sur TobseFvation délicate d'un ensemble de faits, de recevoir bientôt nne sanction de faits nouveaux que le hasard apporte en tribal à la vérité, l'apparition de la médaille que cette notice a pour but de faire connaître ne doit, il me semble, causer aucune surprise ; mais elle n'en est, pour cela même, que plus digne de toute notre attention.

D'un côté, autour d'une croix, on y lit : HVGO REX HER- VEVS; au revers BELVACVS CIVITAS; au centre, le mono- «nramme de Karolus.

Or le GalHa Christiana nous apprend qu'en 987, Hervé, évéque de Beauvais, souscrivit des lettres de Hugues Capet, adressées au monastère de Corbie; dans les années 989 à 995, il assista à deux conciles tenus à Reims, et souscrivit diverses chartes ; on assure, qu'en 997, il jeta les fondements du chœur de la cathédrale, tandis que s'élevaient déjà les églises de Saint-Étienne, de Saint-Gilles, de Saint-Laurent et de Saint- Nicolas.

Il est certain que le nécrologe de Beauvais s'accorde avec une charte de l'évéque Drogon (1035-88), pour attribuer à Hervé la construction d'une église dédiée à saint Pierre, et à laquelle il laissa douze maisons et deux moulins. Il mourut au mois d'avril 998 (2). Sur la monnaie, comme dans la charte de 987, le nom du fidèle prélat accompagne celui de son sus^prain ; mais il me paraît probable, et c'est en quoi je puis me tromper, qu'ici la présence des deux noms indique un simple hommage de la part de l'évéque, plutôt qu'un partage du droit monétaire et des revenus qui en étaient la conséquence.

Mais je me hâte d'arriver aux conclusions que je veux déduire de la présence du monogramme de Karolus sur un denier de Hugues Capet.

On pouvait prétendre avec quelque apparence de vérité que

(1) Revue numismat., 1840, p. 431 elsulv.

(2) GalL Christ,, t. IX, p. 704.

FRAPPÉ AVEC LE iNOM DE HUGUES CAPET. 141

Eudes y en adoptant ce monogramme, avait eu pour but de constater ses prétentions à la tutelle de Charles le Simple ; système que M. Du Chalais a déjà parfaitement réfuté (1). Mais comment serait-il possible d'admettre que Hugues, devenu roi, eût inscrit sur son numéraire le symbole de la famille qu'il venait de renverser? N'est-ce pas là une preuve aussi évidente que possible de la complète indifférence des princes de ce temps pour le type de leurs monnaies, du moins quant à l'interprétation politique que l'on pourrait en faire ; et n'en résulte^'t-il pas non moins positivement que toute considération devait céder devant la nécessité de conserver un type auquel le peuple était accoutumé, surtout alors que l'élévation de la nouvelle dynastie nécessitait tant de changements dans un autre ordre de choses.

Il résulte aussi du type de ce denier une explication toute naturelle pour le monogramme carlovingien qui se trouve vers la fin du xn® siècle sur les monnaies des évéques de Beauvais, Henri (2) et Barthélemi (3). Selon toute apparence, il fut frappé un fort grand nombre de deniers au nom d'Hugues et d'Hervé. Outre celui que je publie (acheté à Gournay par M. Hoart, qui a bien voulu me le confier après que j'eus distingué cette précieuse pièce entre plusieurs médailles incertaines que me présentait cet amateur), il en existe deux, fort maltraités par le temps il est vrai, au Cabinet de la Bibliothèque Royale et un dans celui de M. de Saulcy ; ces derniers offrent des différences notables de fabrique ; ainsi donc les émissions successives eurent lieu à des époques assez éloi* gnées. On peut donc conjecturer qu'à l'époque de Henri (1148-62), à supposer qu'aucun évèque entre lui et Hervé n'ait battu monnaie, il restait dans la circulation une quantité assez considérable de deniers au monogramme carlovingien, et que ce type fut reproduit dans le dessein de continuer la vieille monnaie épiscopale. Le monogramme était entièrement dé-

(1) Loc, laud, sup,

(3) Duby, pU X ; •- Bev, Num,, 1841, pi. \xii, u« 4.

(3) Aei'. Nufn,, 1841, pi. xxii, u« 5.

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pouiUé de sa signification , et dès le temps d'Hugues Capei ne jouait plus d'autre rôle que celui que Ton assigne depuis quelques années, grâce aux découvertes de M. Leleiw-el, à toutes ces représentations dégénérées que porte la monnaie des barons. Tel était le nom du roi Çudes siir les deniers di-s villes de l'Aquitaine ; telle était cette tète de saint que nous voyons si délabrée sur les monnaies du Pays Cbartrain.

n est très probable qu'à Laon, les deux têtes de fiace de la monnaie d'Âdalbéron et de Robert (monnaie que Ton a peutétra continué à émettre pendant tout lé xl* siècle), étaient devenues un type consacré ; en sorte que Louis YI, frappant des monnaies à Laon, aura conservé au revers de ses deniers» une tête de face qui, en effet, a perdu son caractère épiscopal, comme Ta fort bien fait observer M. Desains (1).

C'est de cette façon que je m'explique l'existence du deuiei trouvé à Laon, et de l'obole toute semblable conservée à la Bibliothèque Royale, et sur lesquels on lit LYDOYICVS REX, et au revers LAVDVN6NSIS. Ces monnaies ne peuvent pas appartenir au règne de Louis Y, et ma conviction à cet égard se fonde non seulement sur un examen attentif de celui de ces monuments que j'ai entre les mains ; mais encore sur Taulorité de H. de Saulcy, à qui je l'ai communiqué récemment. et qui partage mon opinion. Ensuite, lorsque les évêques Gauthier, Roger et Gazon reprirent la fabrication des maaiUe^ looisietmes (2), ils rajeunirent le vieux type local, en le perfectionnant ; ce qui est un fait digne de remarque, puisqu'il semblerait être en opposition avec la loi de détérioration qui s'applique à tant de types de cette époque.

Il est vrai que bien souvent la détérioration ne résultait que d'une tentative de correction ou d'embelUssement de types

(1) tiecherthes #«r les fnorutaies de Laon, Saint-Qaeatia, 1838, iih4*, p* 9.

i±) Lmudwtensium monetx,quas maailleâ loviàiennea apeUatas doeei registrum 123. (Da Gange, Gloss,, irerb. Moneteu) Ne serait-il pas possible d'expliquer cv mot Loviàenne par le nom de Lamt qae portaient tant de monnaies de taoa? On appelait Esievenant les deniers de Besançon avec le nom d*âtienne, et Amfimrs les monnaies espagnoles du rot Anfons (AlphonsusV On dit actuellement des i^iof, des Napoléon*,

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