‹ Œuvres ... réunies et mises en ordreChapitre 201 sur 280 · SUS.MICHAEL · texte numérisé non relu

SUS.MICHAEL

L'ungo Michel.

SCA. MARIA.

La Vierge

tenant

rrufant Jésu!$.

SCS. GABRIEL.

L'ange Uabricl.

BéatrÎK de Bourgog>Re.

RELIQUAIRE DE SAINT CHARLEMAGNE. i77

Aux deux exlrémilés rartistc a placé Louis le Débonnaire etOlhonlIL

Willemin avait dessiné deux de ces ligures dans son ouvrage sur les Monuments français hiédits^ et lorsqu'après sa mort M. André PoUier fut chargé de rédiger le texte qui devait accompagner les planches de ce livre, depuis longtemps publiées, ce savant n'examina probablement pas le monument même, et n'en put par conséquent reconnaître toute Timportance.

« Nous ne savons, dit-il en parlant du reliquaire, d'après quelle autorité on suppose qu'il a contenu un bras de Charlemagne.

« Des historiens et des légendaires peu dignes de connance ont raconté avec des circontances assez merveilleuses que, vers l'an 1000, Othon III, étant à Aix-la-Chapelle, avait voulu s*assurer de l'endroit où l'on avait mis le corps de Charlemagne, et qu'ayant fait ouvrir son tombeau, il en avait extrait la croix d'or qui pendait au cou du monarque. C'est peut-être le souvenir de cette tradition joint à la rencontre du portrait d'Othon sur ce reliquaire, qui aura fait supposer qu'il avait contenu des reliqlies de Charlemagne (1). »

M. Poltier fait observer encore que les catalogues du trésor de l'abbaye de Saint-Denis ne consacrent en aucune façon cette attribution.

Rien en effet n'est plus véritable, mais il eût, ce me semble, été nécessaire d'ajouter que ces catalogues, non seulement ne parlent pas des reliques de Charlemagne, mais encore ne font nulle mention duTeliquaire dont j'ai donné plus haut la description (2).

Il suffit, pour répondre à ces observations, de soulever ^c

(1) Monuments fraw^ais inédits^ p. 26, col. 2. M. Pottier, d*aprèi) les deui tiffure» dont i! a vu le ded.<iQ, pense que le reliquaire a élé exécuté du \^ uu xiio siècle, par des artistes f(n?C9.

(2) On peut consulter non seulement le chapitre relatif au trésor des reliques dans VHistoit'c de C Abbaye de Saint-Denis, par doui Bouillard; mais encore W catalogue publié par dotn Germain Millet eu 1638 et l'article Abbaye dans le Dictionnaire de Paris^ par llnrtaut et Maguy, 1. 1, p. 35.

178 RELIQUAIRE DE SAINT GHARLËMAGiNË.

couvercle du coffrel; à rinlérieur on lit ces mots, gravés sur une plaque d'argent, en majuscules du xi* siècle :

BRACHIVM SCÎ Z GLORIOSISIMI INPERATORIS KAROLI.

Ceci lève toute espèce d'incertitude, et montre que la tradition n'avait point tort. Nul doute, par conséquent, que ce meuble n'ait renfermé le bras du grand empereur, et je vais faire voir qu'il a été fait en 1166, alors que Frédéric Barberousse ouvrit le tombeau d'Aix-la-Chapelle pour en tirer les restes de Charlemagne.

Dans cette hypothèse, la présence sur ce monument de tous les personnages impériaux dont j'ai précédemment indiqué la disposition, s'explique très facilement par leur connexion avec l'empereur français et le prince qui voulait honorer sa très glorieuse mémoire.

Je reproduis, dans Tordre chronologique, les inscriptions qui sont tracées au-dessus de chaque figure, et je les ferai suivre de quelques détails sur les personnages [qu'elles désignent, détails qui sont indispensables dans la recherche que je me suis proposée.

LVDOVVIClPERATOR PIV. Buste deLoirisle Débonnaire.

Ce prince figure ici, non seulement comme fils de Charlemagne, mais encore comme ayant présidé à sa sépulture en 814, et fait exécuter son testament. Pendant longtemps, le nom de Louis a été écrit Hludovviciis ou lllodovvicuSy mais du vivant même de Louis le Débonnaire, ainsi que le prouvent des deniers frappés à Rome, des oboles frappées à Reims, k Bourges, en Aquitaine, à Tours et à Melle, on supprimait Taspiration. Le surnom de PiuSy que nous traduisons par Débowiairej se trouve sur des monnaies de Louis fabriquées à Rome et à Strasbourg. C'était une réminiscence du règne des Antonins. La couronne de Louis est surmontée d'une fleur de lis.

OTTO. MIRABILIA MVDI. Buste d'Otton UL

Ce jeune empereur, qui mourut en Tan 1002, âgé de vingtdeux ans, et après dix-neuf années de règne, n'appartient ni

à la famille de Charlemagne, ni à celle de Barberousse; mais, comme on Vu déjà vu, la tradition prétend qu'en Tan 1000 il avait pénétré dans le tombeau de Charlemagne, et qu'il s'était emparé de la croix d*or de Tillustre chef des Carlovingiens (1). Élève du célèbre Gerbert, tjui fut aussi le maître de Robert, fils de Hugues Capet, Otton avait, comme le roi de France^ acquis sous ce précepteur illustre une science peu commune de son temps, et qui le fit surnommer la merveille du monde. On remarquera que c'est par ce titre seulement qu'il est désigné sur le reliquaire. C'est donc simplement comme savant, comme l'antiquaire qui avait eu le premier l'idée d'examiner la sépulture de Charlemagne, que l'on a pu introduire ici Otton de Saxe, et cette circonstance me parait confirmer pleinement l'opinion que la tradition rapporte.

FREDERICVS DVX SVAVORV. Buste de Frédéric tourné à droite, et armé d'une cotte de mailles.

Le premier duc de Souabe, de la maison de lIobenstaufTen, fut Frédéric de Buren (1081-1106), qui épousa Agnès, fille de l'empereur Henri IV; c'était l'aïeul de Barberousse. Son fils (1106-1147) porta le même nom que lui avec le surnom de Horgfie et de Grand preneur de villes. Je ne saurais décider auquel de ces deux princes l'empereur Frédéric aura voulu faire l'honneur de le placer sur son reliquaire. Entre son aïeul, auteur premier de la grandeur de sa famille, et son père, frère de l'empereur Conrad, tous deux illustres par leur bravoure, le choix a dû être difficile pour Barberousse, et la distinction demeure impossible pour nous.

Frédéric de Souabe, père de Barberousse, était mort depuis dix-neuf ans à l'époque à laquelle je crois que la ch&sse fut faite, et le duc, représenté sur ce monument, est armé d'une cotte de mailles et d'un casque conique, absolument enfin avec l'attitude et l'ajustement donnés à Mathieu, duc de Lor-

(1) « An (lie^em obgt'Bagteo Ort aber hâter geruhet bist» ia die 352 luhr; luimiitels aber ist in Anno iOOO, iii Moio, Keyser OUo dcr 3 gen Aach koiuinrii, das Cirab erœfTntit, uod den heiligcn Ovrper zwar bloibcn lasaen, etc. » Jean Noppius, Aacher Chfonick^ p. 11.

180 RELIQUAIRE DE SAIXT CHARLEMAGxNE.

raine, sur les monnaies (1) que ce prince frappa à Nancy (H55-H76). Mathieu était gendre du second duc Frédéricmais on ne saurait rien conclure de ce rapprochement, quant à la distinction entre le père et le fils, puisque, quel que soit celui des deux princes que Ton ait voulu représenter, on lui aura donné le costume en usage en 1166; mais au moins cette similitude d'ajustement concourt à prouver que le reliquaire appartient bien certainement au milieu* du \if siècle. Au moyen Age on ne faisait pas d'archaïsme, et un monument de cette époque ne peut être plus récent que le costume qu'il représente.

CONRAD' Il ROMANOR REX. Buste de Conrad.

(iOnrad, oncle et prédécesseur immédiat de Barbcrousse, n'ayant point reçu le sacre impérial, se faisait scrupule de prendre le titre d'empereur dans ses chartes; il ne dérogeait à cette coutume modeste que dans ses relations avec les empereurs d'Orient, afin de traiter de pair avec eux. Ici comme dans les chartes il ne reçoit que le titre de roi. Cette circonstanco prouve surabondamment que le reliquaire est de travail allemand. S'il eut été fabriqué à Constantinople ou même par des ouvriers byzantins venus en Occident, il est à croire que Conrad y eût été qualifié empereur, titre sous lequel il était connu par les Grecs. Le chiffre ordinal II, dont la présence est insolite dans une légende du xu^ siècle, est là pour indiquer que c'est bien positivement l'oncle de Tempereur que Ton a eu dessein de faire entrer dans cette composition. Conrad de Ilohenstauffcn est appelé second parce qu'alors on ne tenait pas compte de Conrad I", roi de Germanie.

BEATRIX ROMA IPATRIX AVG'A. Buste de Béatrix, tourné à gaucho, tenant de la main droite, recouverte d'une draperie, une croix double.

En Tannée il 36 l'empereur, qui avait répudié depuis trois ans Adèle de Vohbourg sa première fenmie, épousa Béatrix, fille unique et héritière de Renaud III, comte palatin de Bourgogne. Cette princesse mourut en 1183.

^l) V, F. lie Saulcy, Monnaies des ducs héréditaires de Lorraine, 1841, pi. 1 , u*» 7 el S.

RELIQUAfRE DE SAINT CHARLEMAGNE. 181

FREDERIC ROMANOR IPATOR AVG. Busle do Frédéric Barberousse, tourné à droite, tenant son sceptre et le globe impérial.

Barberousse avait voué un culte véritable à Charlemagne, et, dans la chaleur de son enthousiasme pour le fils de Pépin, dont les vastes conquêtes étaient Tobjet de sa constante émulation» il avait sollicité et obtenu du pape Pascal III (Guy de Crème), qu'il le canonisât. C'est qu'alors cette sanction ecclésiastique n'était en quelque sorte que l'expression la plus haute de l'estime politique, tout comme l'excommunication n'était qu'une pénalité bien souvent appliquée dans des circonstances entièrement étrangères aux intérêts de la foi.

II faut dire que Guy de Crème (1164-1168) était un pape créé par les Gibelins et que Rome ne reconnaît pas. Cependant, depuis celte époque, on a toujours célébré la fête de Charlemagne à Aix et en plusieurs autres lieux sans que l'Eglise s'y soit opposée; elle accepte donc tacitement Charlemagne comme saint, et tel est l'avis de Baronius et de Bellarmin. Les Bollandistes ont placé sa fête au 28 de janvier.

Une des cérémonies, non pas indispensables, mais du moins très habituelles, qui précédaient la canonisation, c'était In translation des reliques. Nous avons un diplôme de Frédéric de elevatione et canonizatione S. Caroli, Après avoir énuméré toutes les vertus de Charles, au premier rang desquelles figure sa libéralité envers les églises et les abbayes, toutes ses grandes actions, les contrées qu'il a soumises à la foi chrétienne, Barberousse ajoute :

« En conséquence et attendu que nous sommes pleins de confiance dans les actes glorieux et les mérites du très saint empereur Charles, engagé par la pressante invitation de notre très cher ami Henri, roi d'Angleterre, avec l'assentiment et l'autorité du seigneur Pascal, et de l'avis de tous les princes tant séculiers qu'ecclésiastiques, pour l'élévation, l'exaltation otla canonisation de son très saint corps, nous avons célébré à Aix, le jour de Noël, une assemblée solennelle dans laquelle son très saint corps (qui avait, dans la crainte d'ennemis

extérieurs ou domestiques, été soigneusement caché, mais qui fut manifesté par une révélation divine) a été, au milieu d'une grande affluence de princes et d'une immense multitude de clercs et de peuple, tous chantant des hymnes et des cantiques spirituels, relevé et exalté par nous avec crainte et respect, à la louange et pour la gloire du nom du Christ, pour raffermissement de l'empire romain et pour le salut de notr*^ chère épouse l'impératrice Béatrix et de nos fils Frédéric et Henri (i). »

On voit par là que Béatrix, qui ne quittait guère l'empereur, même pendant ses expéditions militaires, assistait à la cérémonie; quant à ses deux fils, ils devaient être très jeunes, car Henri l'aîné, qui est nommé ici le second, je ne sais pourquoi, était né en 1165.

Henri H, roi d'Angleterre (1134-1189), cité dans cette charte, était fils de Geoffroi Plantagenet, comte d'Anjou et de Mathilde, veuve de l'empereur Henri V. Il est assez singulier que Frédéric n'ait pas jugé à propos de mentionner le prince français qui occupait alors le trône de Charlemagne. Il est vrai que depuis 1189 Louis le Jeune et l'empereur étaient divisés par des querelles religieuses; ce ne fut qu'en H7f qu'ils signèrent un traité d'alliance à l'effet d'exterminer des bandits armés qui dévastaient la France et l'Allemagne.

Maintenant que j'ai donné un aperçu du rôle historique de chacun des personnages que représente le reliquaire, de ses rapports avec Charlemagne et Barberousse, on conviendra avec moi que ce dernier seul a pu avoir la pensée de réunir leurs images, et que cette idée ne peut lui avoir été sug-gérée que par le besoin de conserver un monument de la grande cérémonie religieuse à laquelle il reconnaissait le pouvoir daffermir Fempire romain.

J'ai déjà dit que je croyais la châsse de Charlemagne de travail allemand, et il me paraît nécessaire d'insister sur celte opinion parce qu'il est à peu près convenu depuis une quin-

(1) Bolland., t. II de janvier, p. 888.

zaine d'années de donner le nom de byzantin à tous les monumenls que Tari a produits depuis le vi* siëcle jusqu'au commencement duxm', eu quelque pays que ce soit. Plus j'étudie les œuvres du moyen âge, plus je me convaincs deTabsurdilé de cette appellation banale. Partout au contraire on retrouve rimitation plus ou moins grossière du style romain; c'est tout simplement la continuation dégénérée de l'art tel qu'il était né dans toute l'Europe sous l'influence du peuple conquérant.

Les gens du x* et du xn® siècle, pour construire et orner les grossiers monuments qu'ils nous ont laissés, n'ont pas eu besoin de l'intervention d'artistes grecs ; ils n'avaient rien à apprendre, il ne leur a fallu qu'oublier.

D'ailleurs il existe des sculptures et des peintures véritablement byzantines, et il est facile de les comparer avec les ouvrages contemporains exécutés dans l'Occident.

Par exemple, le Musée des monuments français de l'Hôtel de Cluny renferme une feuille d'ivoire sculptée très certainement à (^nstantinople pour être envoyée en présent lors du mariage de Théophano, fille de Romain II, avec l'empereur Olton, en 972(1). Ce monument est parfaitement grec-oriental, et le diptyque de Romain IV et Eudoxîe, qui doit être de 1068 (V. la Revue, n® 2, pi. 4), reproduit à un siècle de distance le même type dans tous ses détails ; donc les monuments byzantins avaient un caractère bien particulier et qui se perpétuait.

D'un autre côté, nous connaissons le retable d'or de Bâle, qui représente l'empereur Henri II et sa femme Cunégonde

(1) Il a été lithographie dans VAlhum, publié par feu M. Du Souimorard, V» p/TÎt', pL XI; malheurou moment lo dessinateur, qui paraît n'avoir aucune connaissance de Talphahet grec, a tracé les inscriptions d'une manière tellement incorrecte qu'on ne peut les déchiffrer. J'ai eu recours à Toriginal qui

porte en caractères très lisibles : OTTO IMP PCOAN AVFC (Otto Imperator 'P(i){jiaiô>v oL^^yo^jtrco;); OCOOANCa) IMP AC (ôsoçavco, Imperatrix

aOro^atot); K€ BOH0EI TO AS A 10) XCa) AM€M. (KV, por.Qei tû

3o*j).rd [aoO] 'IwdtvvTj XcopLXTYjvù? Amf*n), L'invocation parait être adressée au Christ par l'artiste auteur de cet ivoire qui s'est reprt'senté prosterné aux pieds de Temperenr. Le mélange de latin et de grec dénote l*intention de flatter Tempereur occidental en employant sa langue. Ici l'intention d'écrire du latin ne saurait être réputée pour le fait.

184 RELIQUAIRE DE SAINT CHARLEM AGNE.

(1003-i024) aux pieds du Christ (i), et le style de ce monument est tout différent de celui qui distingue les ivoires que je viens de citer. L'impératrice Théophano avait donc pu apporter en Allemagne des ouvrages d'art grecs sans que cette circonstance ait influé sur le faire des sculpteurs germaniques. Le reliquaire de Barberousse, qui offre plus d'un trait de ressemblance, quant au travail, avec le retable de Bâle, a été certainement aussi fait suivant la tradition latine.

Les couronnes impériales ne sont pas formées seulement d'un diadème de pierreries portant une croix sur le devant ; elles sont fermées et celle de Louis le Débonnaire est surmontée d'une fleur de lis. Aucun des princes représentés ici n'a la tête entourée du nimbe ; ce symbole de l'existence céleste est réservé au Christ, à la Vierge et aux saints qui les accompagnent.

J'ai dit, en commençant, que les catalogues du trésor de Tabbave de Saint-Denis ne mentionnent en aucune manière le bras de Charlemagne. Il n'est pas possible d'admettre que l'on eût passé sous silence une relique aussi précieuse pour l'abbaye royale, qui considérait comme un de ses plus grands privilèges l'honneur de donner un dernier abri à la dépouille mortelle des princes français (2).

Les descriptions du trésor de Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle ne parlent point de notre reliquaire, et cependant on montre dans cette église un os du bras de Charlemagne.

« Barberousse fit déterrer le grand empereur. L'Église a pris le squelette et l'a dépecé comme saint pour faire de chaque ossement une relique. Dans la sacristie voisine, un vicaire montre aux passants, et j'ai vu, pour trois francs soixantequinze centimes, prix fixe, le bras de Charlemagne, ce bras qui a tenu la boule du monde, vénérable ossement qui porte

(1) Lors de la découverte de ce retable dans les cryptes de Téglise cathédrale de BÂle, il en a été publié, dans cette ville, une excellente lithographie chez Hasler.

(2) L'historien de l^abbayc, dom Bouiliard, parle même du désir que Charlemagne avait témoigné d'être enterré à Saint-Denis, près de Pépin, et il cite une charte à Tappui. Hist. de VAbb., p. XXXIJ, n*» xlvii.

sur SCS téguments desséchés cette inscription écrite pour quelques Hards par un scribç du xn* siècle : Brachium sancti Caroli tnagni (1). »

J'ai vu, comme Tillustre, poète à qui j'emprunte ces lignes, coi os carlovingien ; il est placé dans une châsse de vermeil on forme de bras, de travail moderne. Nous savons positivemont que ce bras de métal existait en 1736 (2) ; autrement on aurait pu supposer que M. de Wailly, commissaire du gouvernement (lorsqu'il transporta à Paris le sarcophage antique représentant Tcnlèvemont de Proserpine, dans lequel Charlemagne avait eu les jambes plongées pendant trois siècles et demi), avait aussi emporté le reliquaire actuellement au Louvre, et que l'os seul aurait été restitué à Téglise d'Aix avec le sarcophage (3),

Peut-être aussi les deus bras ont-ils été détachés du corps et ont-ils reçu des enveloppes métalliques à des époques différentes. Dans ce cas on ne saurait ce qu'est devenu l'os qui a occupé le reliquaire que j'ai décrit. Il est impossible d'acquérir maintenant d'éclaircissements à cet égard, puisque la grande châsse qui contient le squelette de Charlemagne ne s'ouvre jamais.

(1) Victor Hago, te Rhin, t. I, p. m.

(2) Délicff des Pays-Bas, t. III, articit» d'AIx. — Amusements des eaux (TAixta-ChapfUe, 1736, pi. XX, n» 16.

(3) Un des custodes de Tégliso raconte comment le sarcophage a été enlcré par Marat et Robespierre ; un autre m'assura que ce monument était revenu tout seul et de lui-même. Ces gens, au reste, sont encouragés par l'exemple de leurs supérieurs. Le vicaire dont parle M. Victor Hugo me fit yoir une magnifique sardoine travaillée en camée et représentant Septime Sévère en face de Caracallu, qu'il affinuait être CoDstantin et sa femme; tandis que d'une tête do Bacchus en améthyste, il faisait une sainte Hélène. J'en ai conclu qu'à Aix-la-Chapcllo la science archéologique est renfermée, avec les grandes reliques, dans la châsse que l'on n'ouvre que pour les têtes couronnées^ suivont l'expression du montreur.

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