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NOTICE SUR UN MOUTON D OR INÉDIT

les pieds de Tagneau : K. F. RX ; le tout dans un entourage d^ onze petits cintres. Point sous la dix-huitiëme lettre.

^. +XPC. VINCIT., etc. Croix fleuronnée, anglée de qualn fleurs de lis, dans un entourage composé de quatre cintres et de quatre angles à Textérieur duquel sont placés six fleurs élis, une croisette et un groupe de trois points. Point sous U dix-huitiëme lettre. Or; poids : 2,56 grammes. (Fabrication de mai 1423.)

Cette monnaie dont le style est relativement récent convieni parfaitement aux premières années du règne de Charles VU : mais, comme, d'une part, il n'est plus question de la fabrication des moutons d'or après l'ordonnance du 26 octobre H2H et que, do l'autre, Charles ne rentra en possession des >iUe> monétaires de la Normandie qu'en 1449, la présence du point sous la dix-huitième lettre, qui est la marque frafiçaise de Saint- Lô, ne s'expliquerait pas. Il est assez naturel de penser que ce point secret, devenu sans emploi par suite de la spoliation anglaise, fut attribué au lieu qui avait remplacé Sainl-y^ dans la liste des ateliers français.

Nous voyons, en effet, les officiers royaux, qui avaieui exercé leurs fonctions au Mont Saint-Michel, réclamer, en 1 433, contre la nomination de deux gardes de la monnaie de Saint-Lô, faite le 30 juin 1450 (1). A celte époque cette der nière ville avait abandonné Yaufielet sous la seconde lettre. différent des Anglais, pour reprendre le point sous la àh-

huitième lettre et le Mont Saint-Michel cesse de figurer parmi les villes monétaires. De cette coïncidence il parlât résa/tcr que ces deux ateliers, n'ont battu de la monnaie française qu à Texclusion Tun de l'autre.

Si nos conjectures sont justes ce mouton d'or aurait été frappé Tannée même où Louis d'Estouteville et ses cent dixneuf gentilshommes, aidés par les religieux de Vabbàya, repoussèrent, avec un courage resté célèbre, les attaques désespérées des Anglais. 1

(I) Recueil det ot^nnances^ t. XIV, p. 237,

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( Ex I mil ilu lï»iJH' IX deë Mettiotres de la ^Sodrtf da Antit/tiainit

de PfVrtrd/V, 184H.>

Le zèle infatigable avec lequel les antiquaires des villes de I a Picardie recherchent les monnaies frappées au moyen Age iians cette belle province, a déjà procuré à la science de nombreux résultats. La numismatique de douze villes, Âbbeville, Amiens, Beauvais, Boulogne, (]orbie, Laon, Montreuil, Noyon, Péronne, Saint-Quentin, Sentis, Soissons, s*est enril'hic, en moins de dix années, de tyi>es variés, dont quelquesuns sont extrêmement importants pour Thistoiro du pays. Labsence de nom d'homme sur les deniers de plusieurs de ees villes est un fait, qui, tout embarrassant qu'il ait paru d'abord, n*en n*a pas moins été très profitable à la science en •^^énéral. L'exemple de Duby et de tous les uumismatistes qui ctinservent sa méthode, prouve combien la lecture pure et simple des noms d'hommes sur les monnaies est une ressource insuflisante pour établir une classification. Les monnaies anonymes, au contraire, ont excité l'esprit d'investigation et le désir que l'on a éprouvé de les classer, en forçant à étudier le style de la fabrique^ a préparé les découvertes les plus intéressantes. L'examen attentif de la composition des trésors monétaires, substitué k l'observation individuelle des monuments, a révélé Tàgc véritable d'un gi*and nombre de pièces qui paraissaient incertaines; c*est une méthode qui, appliquée

au classement des deniers consulaires, par MM. Cavedoni Borghesi, avait réussi d'une façon remarquable, et l'on devi naturellement compter sur un égal succès, dès que l'on v<v drait Tadopter pour l'intelligence des monnaies de notre pa}^ On en est arrivé à pouvoir dire d'un ensemble de monnair:^ qu'il appartient à tel ou tel siècle de notre histoire, à en juç : seulement par le style; et abstraction faite de la lecture d'-^ légendes. La discordance apparente que celles-ci présenlen quelquefois avec l'âge des monuments qui les portent, et dorJ l'époque est fixée préalablement par l'appréciation extérieur*de la fabrique, a fait acquérir une notion nouvelle. On sV<t bientôt aperçu que certaines légendes nominales, cerlaioâ monogrammes, se sont conservés, perpétués pour ainsi dir»\ dans la localité qui les avait une première fois adoptés et qa: s'y était habituée comme à un type convenu. Ainsi donc un denier peut porter le nom, le monogramme, la formule royaK' de Charlemagne, de Louis le Débonnaire, de Lothaire. et n'appartenir en aucune manière au règne de ces princes, èlnpostérieur de deux ou trois siècles à leur mort. En définitive. l'étude des monnaies anonvmes a servi à contrôler I*attribution de celles qui présentent des noms de princes, et de la sorte ce qui paraissait un grave obstacle à Tavancement de la science, a siugulièreûient contribué à son perfectionnement.

Les numismatistes de la Picardie ont été sans doute frappés, comme moi, des avantages qu'otfre la connaissance des curieuses monnaies de leur province, et laconscience de celle utilité explique la persévérance si louable avec laquelle ils les rassemblent et les publieut.

Je rends grâce à Theureux hasard qui me permet de leur venir en aide en donnant ici la description de quelques monnaies inédites dont l'importance a déjà été appréciée par notre savant ami M. le docteur RigoUot.

En publiant ces monnaies, je ne donnerai, en fait de détails historiques, que ce qui sera strictement nécessaire pour établir les attributions que je propose ; faire plus serait peutêtre au-dessus de mes forces et probablement inutile, puisque

j*adrcssc ce travail à ceux-là mAme qui sont le plus compétents pour en tirer partie. À mes yeux le devoir de l'antiquaire consiste surtout à classer le plus exactement possible les monuments qui nous restent des siècles passés. A Thistorien revient la tâche de composer, comme un patient mosaïste, de grands tableaux avec les parcelles que nous lui préparons.

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