FILIA GALLA
Texte que Gioffredo nous a conservé dans sa Nicœa Civitas. Tout ce que je viens d'exposer se résume dans un tableau généalogique indispensable pour faire comprendre les relations de parenté qui peuvent avoir existé entre tous les individus dans les textes épigraphiques qui précèdent.
Valerius Maternus, Acuiia Protogenia,
Valeria Appia }fatt*rna.
ij, AlbicciiJS Pudens,
Q. Aibiccius Pudentianus,
Albiccia Paullina, Ursio,
Albiccia Galla.
Albiccia Materna,
Manius Geminus,
Julim Albiccianus y
Gemina, Helvia Pateroa.
(!) Mtllin, Voyage dans le midi de la France ^ t. II, p. 558.
(2) Gioffrcdi, Nicxa civitas, p. 24 ; — Bourqaclot, Ant, ds f'r., t. XX, p. 1 12, u9 83.
Il est possible que Gemina et Helvia Paterna fussent seulement sœurs utérines. Âlbiccia Materna leur mère, après la mort de Manius Geminus, à qui elle a consacré un monument, a pu épouser un Palernus qui aurait été le père d'Helvia. Le surnom Paternus, d'ailleurs fort commun dans le pays de NicC; a élé donné probablement aussi à des membres de la famille Âlbiccia.
C'est ce que laisse deviner une inscription rapportée par M. Bourquelot dans son intéressant recueil des inscriptions antiques de Nice et de Cimîez (1). Une copie de cette inscription, qui existe encore dans la plaine de Révcl, a été fournie à notre savant confrère par un habitant de la Tourette; elle est très incorrecte, mais on y entrevoit une Moccia Patema, fille d'un Quintus Albiccius Pudentianus, car le prénom Q. nous empêche de chercher une Pudentiana dans le mot évidemment altéré Pudestimia.
Je n'ai jusqu'ici fait aucune remarque au sujet du petit-fils d'Acutia Protogenia. Julius Albiccianus, que j'ai présenté comme appartenant à la famille Albiccia. Nous connaissons, par le texte tracé sur le grand sarcophage, une partie de ses noms. A l'époque très avancée de l'empire où fut exécuté le monument, l'adoption introduisait dans l'état civil des personnes de nombreuses complications dont il faut tenir compte. Le jeune Albiccianus a pu s'appeler Julius AlbicciuSy avoir reçu le nom Julius de quelque personnage important dans la famille, et porter habituellement le surnom diminutif Albiccianus.
Les surnoms de cet ordre, réunis au nom de famille qui les avait fournis, sont assez fréquents; il me sera permis d'en citer quelques-uns :
y£lius iOlianus. Gruter, 619, 7.
/Ëmilius iËmilianuâ. Muratori, 494, 4.
Antonius Anloniiius. — 834, 4.
Arriuâ Arrianus. — 4114,7.
Aurelius AureliaouB. Grnter, 1085, 6.
(1) Mém, de la Soc. des Ant, de France, t. XX, p. 118.
INSCRIPTION LATINE DE NICE. 8i
Ceecilius Cscilioims. Gruter, 850, 3.
Cassias Cassianus. Muratori, 804, 2.
QaQdius Claudianus. Gruter, 391, 5 — 726, 11.
Cornélius CoraeliaDus. — 1077,
Dotutlins Domitianus. Médailles impériales et Murât, 811, 1.
Pabins Fabianns. Gruter, 632, 4.
Flavius Flavianus. — 541, 7.
Ilerennius Hercimiauus. Muratori, 830, o.
Jolins Juliaiius. Grnter, 515, 9.
Ucioias Licinianus. — 257, 2 — 501, 3. Médailles impériales.
Locilius Luciliauus. — 94, i.
Bfarchis Marcianus. Muratori, 689, 4.
Numisius Numisianus. ' Gruter, 1037 — 6.
PompeiuB Pompeianus. — 884, 13.
Sempronius Sempronianus. — 181, 7.
Vibiu^ Vibianas. — 889, 5.
C'est là un usage bien romain et qu'il ne faut pas oublier lorsqu'on a devant les yeux des inscriptions en mauvais état, ou contenant des noms abrégés.
11 y aurait donc, ,comme on le voit par les exemples nombreux qui viennent d'être cités, et dont on pourrait encore accroître la liste, rien d'extraordinaire à ce que Julius Albiccius Albiccianus ait été le fils de Quintus Âlbiccius Pudentianus.
Cette hypothèse n'a pour but, ainsi que je le disais plus, haut, que de montrer comment les noms inscrits sur le sarcophage se rattachent à la contrée où ils ont été trouvés. On comprend que nous n'insisterons pas sur Tauthenticité, en quelque sorte provisoire, des liens de parenté dont nous faisons entrevoir la possibilité. C'est une proposition qui demeure subordonnée & l'examen des monuments originaux.
OBSERVATIONS