TROUVÉE A ELSEGHEM PRÈS D'AUDENARDE
(Extrait de la Revue de la numUmaiique belge, 20 série, t. II, 1852, pp. 129133.)
La monnaie médite que M. Edmond Yanderstraeten noc> . a fait conn«dtre (1) avec un zèle dont les antiquaires doirei' f lui savoir gré, m'a paru tout-à-fait digne d'être étudiée, t j c'est le résultat de ce nouvel examen que je demande atc lecteurs de la Revue^ la permission de leur soumettre.
En premier lieu, je leur ferai part du doute qui s'est élt^' dans mon esprit sur la nature même du métal qui a sew^ fabriquer cette monnaie. Quelque blanc qu'il soit, il ^■ paraît difficile de le considérer comme de rargenl, car '^ type de la pièce n'est pas de ceux qui sont affectés à ce n^ tal. Je puis me tromper, et Ton conçoit que je ne voudrai* rien affirmer au sujet d'une monnaie que je n'ai jafliai* rtf<mais je suppose qu'en l'examinant bien attentivement oo reconnaiti*ait qu'elle est faite d'un or très pâle, ou qu'elfe* été dorée. Au reste cette remarque n'a pas une grande iïbportance, puisqu'il a pu en tout temps exister des jnonnaicï fausses.
(1) Revue de la numismatique belges 2« série, t. I, p. 330.
OIJSEHVATIO.NS SUK L .Nt: MONNAIE MÉUOVIN<;iE.\.NE. 321
(Juanl au lieu oii cello nioniiaii», lu» licrs de sol, si l'on veut m^accorder de Tappeler ainsi, a été frappé, je ne pense pas que ce soit Novicentum ou Noviyentnm^ aujourd'hui Saint- Cloud. Le type de la pièce trouvé à Elseghem ne serait pas en rapport avec cette provenance. Depuis quelques années les collections de monnaies mérovingiennes ont pris une extension si grande que Ton peut, en les étudiant srrupuleusement et, je ne crains pas de le dire, systématiquement, établir des catégories de fabrication en groupant autour des monnaies sûrement attribuées à chaque cité ou ville épiscopale, les pièces dont le style est tout à fait analogue. On arrive ainsi à se fa(;onner Tesprit et les yeux à percevoir très rapidement les caractères propres à chaque division territoriale de la (iaule,et Ton peut dire presque à coup sur d*une monnaie dont on n'a pas encore lu les légendes, qu'elle a été fabriquée (»n Bretagne, en Auvergne, en Languedoc, etc. L'habitude que Ton a prise de classer les monnaies mérovingiennes par ordre alphabétique, oppose, comme on le comprend bien, un obstacle à l'intelligence de ces monuments; c'est pour cette raison (|ue, lorsqu'il y a quelques années, je rédigeais la Notice ttrs monmties franraisea de M , J. Hoitssrau, y ai pris sur moi d'introduire une nouvelle méthode de classification qui m'avait fouriri à moi-même de si importants résultats. Que cha<|ue numismatiste en fasse autant, car il faut le concours de tous, et bientôt il ne subsistera presque plus d'incertitudes dans les attributions géographiques des monnaies mérovingiennes.
La monnaie publiée par M. Vanderstraeten présente, à mou avis, tous les caractères qui constituent le style lorrain, (îe style se distingue par une certaine maigreur dans la gravure; le buste est toujours allongé et les traits qui le forment sont ilésunis. Au revers, la croix presque toujours à branches égales et pommetée, est placée au centre «l'un double grenelis ou d'une couronne de feuillage: elle est en outre cantonnée de deux lettres C A plus ou moins bien tracées, cpielquefois retournées ou en sens rétrograde. Ces deux lettres sont difliriles à expliquer; M. Duclmlais croit qu'elles signilienl vrtu
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adoranda; mais, bien que cette opinion soit ingénieuse et appuyée sur l'existence de monuments épigraphiques, j*ai son vent cherché si ces deux lettres ne pourraient pas être 1-initiales de Catalauni. C'est là une idée qui a besoin d*èti> discutée.
Dans les monnaies de style lorrain y la lettre M a cette {ormparticulière SU, qui a fmi par ëlre généralement adopiéi* ai XIV* siècle.
On pourra se convaincre de la réalité de ces divers détail^ en comparant entre- elles les monnaies dont voici la liste:
Metz : JnETTIS CIVITATI.
^ CONBROUSE, Monétaires, pi. XXXI, u»* 1, 2, 3, i :•.
Charpagne : SCARPONNA FIT.