Concile d'Altheim . Strasburgas
922. Concile de Coblentz, souscription de Richwin. Strazburgus (1).
(1) Cette liste résulte de l'examen des textes imprimés dans les ouvrages éi dom Bouquet, de Schoepflin, de Laguille, de Grandidier, de Pertz, de Sd»ten, etc., dans le Gallia christiana^ et le recueil des conciles. Je ne puis Uk^ un renvoi pour chaque pièce, faute d'espace; mais je me permets de direquf j'ai, autant que cela est possible sur un texte imprimé, examiné rautheotidu de tous les écrits dans lesquels j'ai puisé ces mentions. A cet égard, j'ai fai: quelquefois de longues recherches pour arriver en définitive à m'absteoir df
DE STRASBOURG ET DE CONSTANCE. 37i
ArgefUina n'était pas d^abord un nom (pas plus que la forme allemande Silberlina)^ c'était une épithète née d*un jeu d'esprit, comme Chrysopolis pour Besançon, Urbs clavorum pour Verdun, Civitas equestris pour Lausanne, et Herbipolis pour Wurtzbourg. Nous connaissons un exemple daté de Chrysopolis^ dans la lettre adressée à Charles le Gros, par le pape Jean YUI, lettre écrite pendant la XIII« indiction, c'est-à-dire on l'an 880 (1). Dans deux diplômes de l'empereur Arnoul donnés en 889 et en 891, nous voyons paraître ilr^e/t^ma ctvflas; puis enfin cette expression passe sur la monnaie de Louis <le Germanie (2) et de Charles le Simple, pour remplacer ensuite complètement l'antique Argentoraîum, Les letti*és du x"" siècle étaient charmés de cette substitution; mais en 982, le rédacteur d'une charte d'Otton II jugeait qu'un petit commentaire n'était pas inutile pour se faire comprendre du public : Aryentitia civiias, dit-il, quas nistice Strazburc vocatur alio nomine (3).
De tout ceci il résulte, et c'est ce que nous voulions démontrer, qu'un denier portant ArgetUina civiias ne peut pas appartenir à Louis le Débonnaire.
Lothaire II étant mort, ses deux oncles, Charles le Chauve et Louis le Germanique, se partagèrent ses États en 870. Strasbourg échut à Louis, etl'évèque Ratald, qui sut se mettre dans les bonnes grâces d'un prince qui avait besoin d'avoir des amis dans ses nouvelles possessions, alla trouver à Aixla-Chapelle le petit-fils de Charlemagne qui l'accueillit très
citer UQ docament dont )a siucérité me paraissait suspecte. — l\ faut tenir compte, non pas des éyénements rapportés ou des personnages cités, mais de r('>poquo & laquelle appartient le rédacteur. Ainsi, dans le Chronicum taxonicum^ on Iroufe Argentina cité à l'année 833 ; or, la première partie de cette chronique où se trouve ce nom, a été écrite dans la dernière année du x« siècle, eu 999. Voy. D. Bouquet, Ree, des hisi,y t. VI, p. 221.
(1) San Qnintino a retrouvé la première monnaie portant le nom de CRISO- POLIS; elle est de Tévèque Hugues I (1031-66}. Monete (Ul X e delV XI sec. scop, net dini. di Roma, p. 38, pi. IV, n« 3.
(2) Ce prince qui, en 900 et 904, écrit actum Sirazburg civilate, dit, eu 902, ttclum Argentina civUate.
(3) Schœpflin, Alsat. diptom., U I, p. 131. — Grandidler, Uist. de fégl, de ».,!. II, p. 41.
372 MONNAIES ÉPISGOPALES
favorablement. Raiald fit au roi un récit qui peut être sii^rmais qui, on doit en convenir, a bien Tapparence d'une : intéressée. Suivant Tévèque, le dépôt des chartes de 1 «^^ de Strasbourg aurait été entièrement détruit par le feo. venait demander de nouveaux privilèges : <f Vir venera^ Rataldus Strazburgensis urbis episcopus nostram adiit ei lentiam, referens Mansuetudini nostrse qualiter ob incur ministrorum ipsius ecclesias omnia mummina cartantm •. inibi haberi videbantur, igné concremata fueritit, » l>.»ai^ Germanique accorda à Tévêché de très importantes ina nilcs, et il y ajouta le droit de battre monnaie, qui nous er que Texistence des deniers dont on trouvera plus loin la ^cription : « Concessimus quoque, est-il dit dans la char venerabili episcopo Rataldo, vel successoribus ejus reclorlscilicet jam dictae ecclesise ut in quacunque placuerit v. Episcopii sui monetam statuât quatenus pro mercedis DO>t' augmento utilitali ipsius ecclesiae descrviat (1). >» Ce docum est souscrit et daté ainsi : « Helarhardus cancellarius ad viV^' Luitberli archicapellani rccognovi. Data II idus Junii anc Christo propitio, XXXIV regni Domini Hludowici serenis>ii régis in oricntali Francia régnante, indictione VI » ; cV>idire qu'il est du 12 juin 873. On a proposé de le reporter à \c née 853 ; mais c'est une opinion qui tombe devant la premif élude des documents contemporains.
D'abord, Helarhardus n'était pas encore chancelier en 8" ensuite cette année ne correspond pas à une sixième indicti':^ Cette indiction tombe en 858 et en 873. « Louis le Germanitp disent les auteurs de XArt de vérifier les daleSj datoi t ses diplùiu • suivant diverses époques. La première est de la fin de 825: deuxième de l'an 833 ou 34, la troisième de Tan 838 ou 39. u quatrième de l'an 840 après la mort de son père. » Il est facilt ; voir que le chancelier Helarhardus se servait de la troisièm ère, celle de 839. Deux chartes souscrites parjui à Aix-la-Cb^ pelle, datées de la XXXIV® année du règne et de la YI* inJio-
(1) Mabillou, De re dipl,, suppl., part. U, p. 97. — D. Bouquet, Ra, ^ UisL, VIII, p. 422. — Grandidier, Hist, de VégL de Str,^ t. II, preuves, p. cai-
lion, ont été publiées par Schalen dans les Annales de Paderbom (1), et Tune d'elles, donnée le XVI des calendes de juillet, c'est-à-dire, comme l'a remarqué Grandidicr, postérieure de quatre jours à la concession monétaire qui nous occupe, porte on outre cette indication : Anno ab Incamatione Dominica DCCCLXXIII. En 833, Louis le Germanique n'avait rien à voir dans les affaires de Strasbourg qui appartenait à son frère le puissant empereur Lolhaire. Cette ville fut ensuite depuis 8S5 au pouvoir de Lothaire H, qui y habitait, comme nous le voyons par un acte de 858 et qui y frappait monnaie. On se ferait une idée bien fausse du droit des gens pendant le moyen âge, si Ton pensait qu'un souverain eût toléré que, dans sa ville, un évêque ait joui de prérogatives obtenues d'un prince voisin (2). En 873, au contraire, Louis le Germanique était, par suite de son accord avec Charles le Chauve, depuis trois ans maître de Strasbourg où il se rendit, quelques mois (3) après avoir octroyé à Tévêque Ratald les privilèges qu'il lui appartenait alors d'accorder (4).
(1) Pages 177 et 178. — Dans les copies publiées de la charte qui contient la concession monétaire, on a imprimé anno xxxvi ponr anno xxxiv, par snite de rinterversion de deux caractères. Les chartes reproduites par Schaten n'offrcnt pas cette incorrection, et Tindiction étant la même, il est facile de voir où se trouve l'erreur. k
(2) Il faut voir en quels termes Charles le Simple parle d'Hilduin, qui 8*était fait nommer, par Henri rOiselour, évèque de Tongres, quoique ce siège fût situé dans le domaine du prince français. « Unum qui nobis nostris visceribus
serpentinum virus infudit. qui contra regalem agens potestatem, contra
quoque apostoli dicta..... et adversus citharapdi David dicta minimeque re-
miniscens sacramentorum suoruro nobis promissorum, eaquc rétro dorsum abjiciens ab Heinrico inimico nostro Episcopium Tungrensis ecclesiœ oxpetiit, suaque Damnatione contra omnia statuta tam sacrorum patrum qunm Regum videlket antecessorum nostrorum usurpavit..., nova gibborum gênera.... nefandœ tyrannidi se intumescens, etc. » Hilduin, pour se tirer d'affaire, avait juré devant son métropolitain que Charles lui avait donné l'évèché de Tongres. Voy. Baluze, Capilul., t. U, col. 295 à 297, et le pape Jean X excommunia Hilduin; Frodoard, Chron», anno DCCCCXXII.
(3) Anno DCCCLXXUI : Rex per Alsatiam transiens Argentoratum venit. Annal. Fuld, Dom Bouquet, Rec. Hist. Fr., t. VII, p. 178.
(4) Une autre charte donnée à Frankfort en faveur de l'église de Strasbourg par Louis le Germanique est datée, suivant toutes les éditions, de la IV" indiction. Les années du règne varient. Pendant le règne de Louis, la IV" indiction se présente trois fois en ^41, en 856 et 871. Laguillo, le premier éditeur, adoptait la 23" année du règne; Grandidier préfère la 8". Ce diplôme ne se
37t MONNAIES ÉPISCOPALES
Voilà donc Tévèque de Strasbourg autorisé, en 873, à battre monnaie et à appliquer les bénéfices que lui procurerait cette opération au bien de son église. Mais il n'e&t pas dit qa^il eût le droit de frapper monnaie en son nom, ou avec son nom; et jusqu'à présent, les deniers de l'évèque Erkenbald (965-991 ) sont les plus anciens que Ton connaisse dans la série épiscopale de Strasbourg. La charte en vertu de laquelle Erkenbald fabriquait ces deniers nous a été conservée ; c'est un acte de Tempereur Otton II, donné à Diligenburg en 974. La teneur en est remarquable : « Ad episcopium Argentinensis civitatis, quod est constructum in honore sanct» Mariae virginis, oui episcopatu praesenti tempore praeesse dinoscitur vir venerabilis et amator divines legis Erchenboldus episcopus, quasdam res jtiris nostri, hoc est monetam, quod haclenus ad ipsius prmfataB civttatis compertinere et servire videbatur^ cum omni integritate nihil extra dimittentes, per banc nostrae auctoritatis paginam in servitium Dei ad praslibatae Christi genitricis ejusque famulantium, in perhenne proprium donavimus el reddidimus, et in jus jamdicti sacrosancti episcopii firmavimus, atque transfudimus (1). »
Dans l'acte de Louis le Germanique, Tautorisation de battre monnaie est accordée à l'évèque personnellement. Mais il est probable que lors de l'exil de Tévêque Ruthard, Othon I avait annulé^ celte permission. Plus tard, un homme très habile, l'évèque Erkenbald, avait intéressé la 'conscience de la veuve d'Otton I, lui avait inspiré des craintes pour le salut de l'àmc du feu empereur, et avait obtenu de cette princesse qu'elle plaidât la cause épiscopale auprès de son fils Otton II; c^est du moins ce qui ressort du texte de la charte : « Qualiter nos divine nutu compuncti, et per interventum dUectissinim genitricis nostrœ Adelheide nec non caeterorum consiliariorum nostrorum, pro Christi honore, et beatae mémorise pii genitoris
comprend bien que si Ton corrige 23 en 32, ce qui correspondrait À 871. L*arcbi-chapelain Grimald, qui y est nommé, ne mourut qu'en 872, suiTant la petite chronique de Saînt-Gall. Au reste, Heumann, De re dipl.y t. H, p. 44, et Eccard, Rer, francic, p. 449, doutent de l'authenticité du document (1) Schœpflin, AU, illustrata, t. IIÏ, p. 125.
nostri Otionis imperatoris augnsti, aliorum prsedecessonim nostrorum SBtema retributione ^ et cmimœ nostras remedio, ad episcopium, etc. » L'emperenr conféra donc, comme nous Tavons plus haut rapporté, les droits monétaires à Tévèché: « Ut àb hodiema die, per immortalia temporum curricula, nuUave majoris minons ordinis contradicente persona memoraidB res, sub jure ac dictione praslibati episcopii ejusque reclonim persistant, atque mviolabiliter permaneant.
Erkenbald profita de Tautorisation, et Ton a publié, depuis longtemps même, diverses monnaies à son nom (1). MM. de Berstett, Reichel et B. de Kœhne ont décrit des deniers frappés par ses successeurs immédiats, Widerold (991-999), et Alutwîc (999-1001) (2); on connaît aussi un denier de Wemher (1001-1028) (3).
Mais revenons à des temps plus anciens ; entre la charte do Louis le Germanique, donnée en 873, et celle d'Otton II, concédée en 974, il s'est écoulé un siècle pendant lequel la numismatique strasbourgeoise semble présenter de considérables lacunes. L'attribution que nous avons faite à Louis de Germanie, à Charles le Simple et à Henri TOiseleur des deniers cités précédemment, comble une partie de ce vide ; mais do nouvelles variétés de ces monnaies nous amènent à discuter le monnayage de cette époque à Taide d'éléments qui avaient manqué à mes prédécesseurs; et je crois, pour plus de clarté, devoir procéder en prenant pour base la chronologie épisco-
(4) Scbœpflin, Ah, iltustr,, pi. I, n» 8. — Lelewel, iVtim. du m. à., l. H,
' p. 144, pi. XVIII, n» 16. — Berstatt, Venuch einer Mûnzgeschichte des EUastes,
1840, pi. Vn, nM 139, 140, 141. —J. FriedlaBuder, Der Fund von Ottrzycko, SU-
bermûnzen ans dem zehnten christliehen JahrhunderL Berlin, 1844, pi. U, n* 12.
— Kœhne, ZeiUchr, fur Mùnzkunde, 1845, t. V, p. 84, pi. III, n» 3.
(2) Beratett, Vers, einer Mûnzgeseh. des Eh., pi. VU, n» 142. — Reicbel, Die Reichehche Mùnuammlung, 1842, t. VII, p. 314, n» 1896. — OTTO IMP. AV. d. ERCHNBALD EPIS. n« 1897, REX OTTO. «. WIDEROLDVS EP. n« 1898, OTTO iMP. 4. ALV... CVS ES. Kœhne, . Uber die im Russhchen Reiche gefundenen abenUsndischen Mùnzen des X, XI und XII Jahrhunderts ; Saint-Pétershour^, 1850, p. 133, n* 299. — J. Friedlsnder and Hûllenhoff, Der Siiber/iind von Farve, Kiel, 1850, pi. I, n« 7, p. 38, n* 40.
(3) CeUe pièce, sur laquelle on ne distingue plus que NER £V, et au
rêvera ENTINÀ, demeure bien peu certaine. Voy. Beratett, Versuch, etc.,
pi. Vil. n<» 143.
376 MONNAIES ËPISGOPALES
pale combinée avec celle des souverains auxquels Strasbdc a appartenu, h partir de 873, date de la concession.
Ratald, 873-874. — Louis le GermamquCj 873-874.
Ratald, évèque depuis 840, peut avoir profité pendant d^::' années environ du privilège que Louis le Gcrnianique luias. accordé le 12 juin 873 (1). Mais il ne marquait pas la moniiâ à son nom. On pourrait attribuer à Ratald ou à sod<<i cesseur Réginhardt le denier publié par Le Blanc, qui por
pour légendes : HLVDÔVVICVS PIVS autour d'une croii,
SITPA au revers Î7||^|j» que je considère comme une altération-
civ fjA' ^*^'^^ ^^^ ^"^ ^* monnaie de Lothaire H (853^0^ Le denier qui porte cette légende altérée convient par safabrque, par son poids, à la fin du règne de Louis le Germaniqc Il offre beaucoup d'analogie avec le denier sur lequel od HADTVREGVM, en deux lignes, pièce frappée par Louk- Germanique après le partage de 870.
i Louis le Germanique, 874-876.
Ckarles le Gros, 876-887.
Amow/, 887-888.
Nous venons, dans l'article qui précède, de parler dV denier au nom de Louis, qui pouiTait avoir été frappé jtf Tévêque Réginhardt aussi bien que par Ratald. Nousnecofinaissons pas de monnaie frappée à Strasbourg qui puisse couvenir à Charles le Gros, et on n'en a pas encore retrouvé aï nom d'Arnoul.
(1) Ratald enrichit beaucoup son église : un de ses successeurs, dod Doiizélé, Erkenbald, a dit de lui» dans un de ses poèmes :
• • Sua facta patent
Eere locis ittii subœnit rebu$ opimis,
Meus quia prm9ag\ mirajubebat agi.
Gemma sacerdotum^ gemma* hic auxit et aurym^ Sunt ut adhue quale» cernere feeit opes, ete^
Schiller, Script, rer, germ,, 1*Î02, p, l^'J,
iArnoul, 888-895.
Zwentebald, 895-900.
lotiw de Germanie, 900-906.
On connatt des actes d'Amoul de 888 et de 891 concernant Strasbourg; Zwentebald, en 896, datait une charte de cette ville, que les rédacteurs de ces documents appellent tantôt Argentaria civitas (1), tantôt Argentina civitas. Mais la monnaie strasbourgeoise de Zwentebald manque encore. Les deniers et les oboles de Louis de Germanie ont pour légendes + HLVDOVVICVS PIVS autour d'une croix, et au revers ARGEVTINA CVNAS {civitas) en deux lignes dans le champ {Voy. pi. YIII, no 1; Bibliothèque impériale). La forme de la croix est toute particulière, et ne se trouve sur aucune monnaie de Louis le Débonnaire ou de son temps. Les chartes de Louis de Germanie nous font voir que ce prince vint à Strasbourg en 900, en 902, en 904. A cette dernière date il confirma, par un diplôme, tous les privilèges accordés par ses prédécesseurs aux sujets de Tévèché. Baldramm dut s'empresser de reconnaître cette faveur en frappant monnaie au nom du jeune roi.
i Louis de Germanie , 906-912.
Conrad, 912-913.
. Charles le Simple, 912-913.
L'évèque Othbert a droit, comme son prédécesseur Baldramm, à une partie des monnaies qui portent le nom de Louis de Germanie. On ne connatt pas de deniers de Conrad frappés à Strasbourg pendant son invasion. Quant à la monnaie de Charles le Simple, elle a pour légendes + MROLVS PIVSREX ; au revers ARGENTINA CVITS {civiias) en deux lignes [Voy. pi. VIII, n® 2, Bibliothèque impériale). Nous n'avons pas cru nécessaire de reproduire dans notre planche les oboles
(i) Argentaria (qui est le nom de Horburg), a ^té, pendant la seconde moitié du IX* siècle, transporté a Strasbourg. CVest an premier essai d'altération du nom antique, qui disparut bientôt pour faire place à Argentina dvitat. Voir les actes du concile de Tool, en 859, et la lettre de Salomon, éyéque de Cons* tance, écrite vers 8S6.
de Louis et de Charles ; ces pièces sont déjà publiées, et k< deniers suffisent comme point de comparaison.
GoDFRiED, 913. — Charles le Simple, 913.
« Le premier usage (dit Grandidier) que Charles le Simp!' fit de son pouvoir en Alsace, fut de placer Godefroi, son parai sur le siège de Strasbourg, vacant depuis le mois [le % d'Auguste 913 par la mort d'Othbert, à qui Godefroi succéda'/ 43 septembre de la même année. »
Godfried était neveu d'un empereur Charles : Impmim uiique Karoli sororis fiilius^ suivant l'épitaphe que composa Erkenbald, un de ses successeurs ; et cette circonstance, i]u parait avoir déterminé son élévation à Tépiscopal, a aussi i^ flué, je le crois, sur le type des monnaies strasboui^eoiseï L'évèque carlovingien, profitant de ses relations avec le mif France, ou cédant peut-être au sentiment de son origine, introduisit son nom sur la monnaie. C'est là un fait tout nonveao. mais bien évident.
J'ai trouvé, dans la collection de M. Gouaux, un gnsi denier de Charles le Simple, dont voici la description:
+ ....ROLVS P— VS REX; croix.
]^. ARGENTINA CIVIT, en deux lignes ; au-dessus et avdessousde cette inscription bilinéaire, G D. (Fby.pl. Vni^n*3.
Ces deux caractères G D sont bien certainement la msKp^ de Godfried; ils ne peuvent s'expliquer autrement, et Ton va voir ailleurs qu'ils inaugurent un système qui a été continué
Godfried mourut, suivant Erkenbald, le VI des ides de novembre (c'est le 8 de ce mois). Mais on ne sait pas précîsémeni en quelle année. Suivant le continuateur de la chronique * Reginon, Tévêque Othbert n'aurait été tué qu'en 914 (1). I^ petit-fils de Charlemagne n'occupa le siège de Strasbourg q^^
(1) « Ânno 9i4, Otberlus Strazbmgensis episcopns occiditur. — Saiooo* epiBCopus captus est. » ^ Les annales de Saint-Gall offrent un syncfarooisoe N Anno 914, Salomon eplscopus captas est. » Voy. Pertz, Jfoiittin. gtf^- ^" t. I, p. 614 et 77.
pendant deux mois environ : « Oeio septimanis episcopatum gubemànSj » dit son épitaphe. Cela explique pourquoi ses monnaies sont si rares, mais ne constitue pas cependant un obstacle à Tattribution que je propose. L*addition de deux lettres sur les coins tels qu^ils existaient auparavant, n'exigeait pas une journée de travail. J'ai montré ailleurs que les monnaies gravées avec le buste de saint Pien*e et les noms de l^cmpereur Lambert et du pape Jean IX avaient été émises pondant l'espace de trois mois, qui s'est écoulé entre Télection de l'un et la mort de l'autre (1).
RicHwiN, 914-933. i
Charles le Simple, 914-923.
Henri l'Oiseleur, 923-933.
Richwin, fils du célèbre Rainier, duc de Lorraine, succéda à GodEried. Il en est fait mention pour la première fois dans les actes du synode d'Altheim, tenu en 916. Puis on sait, par ses souscriptions, qu'il assista aux conciles de Coblentz en 922 et d'Erfort en 932 (2). Richwin a certainement frappé, sous Charles le Simple, des deniers que je n'ai pu encore retrouver, mais qui existent peut-être dans quelques collections de l'Alsace. Par contre je puis décrire deux variétés de ses monnaies frappées du temps de Henri l'Oiseleur.
+ HEINRICVS REX. Croix.
1^. ARGENTINA CIVITS en deux lignes. Au-dessus et audessous de cette légende bilinéaire, R S. {Voy. pi. VIII, n' 4.) Ilôicl des monnaies de Paris.
Autre. HEINRICVS REX. Croix.
1^. ARGENTINA CIVIT ; au-dessus et au-dessous de cette inscription bilinéaire, R S rétrogrades.
{Voy. pi. YIII, n^ 5) collection de M. Gouaux.
Le nom de Richwin est écrit dans les documents de son époque Richwinm^ Riwinus et même Rtnus. Les caractères R S
(i) Notice des nunmaieê de la colleeUan Rousseau, p. 251. (S) Riebwln figure encore dans la transactioD enire leit rooDAftèrcfi d'Etenbeim et de Waldkirek, en 926, V* indlcUon.
sont une abréviation de ce nom, moins frappante sans do^ que celle du nom de Godfried, mais satisfaisante cependari: Richwin, d'après son épitaphe rédigée par Erkenbald, occup- Tévèché pendant dix-neuf ans et demi « Decimo nono et dimni . episcopatus sut anno » et mourut le III des calendes de septes- • bre, c'est-à-dire le 30 août.
Eberhard, 933-934. — Henri l'Oiseleur, 933-934.
Après la mort de Richwin, il existe une lacune considérahl dans les annales de Strasbourg; les Hongrois à cette époqi? . ravageaient la France et TAUemagne, brûlaient les ég-liseï; ^ les monastères (1). Il est pour la première fois question de l'rvèque Ruthard, successeur de Richwin, à l'occasion du siège àt Breisach où il accompagna Fempereur Otton en 938. Jasque-ià on ne sait qui gouvernait l'église de Strasbourg-. Cependant j'ai trouvé dans la collection de M. Rousseau, le bean denier dont voici la description.
+ HREISICICVS [rJEX. Croix.
^. ARGENTINA CVTI {civitas) en deux lignes; au-dessus et au-dessous de cette inscription bilinéaire, VES"". (Foy. }iî, Vin,n'>6.)
A l'époque qu'indique la fabrique du denier, ces caractèr^> VEB"" ne semblent pouvoir s'appliquer qu'à Eberhard qui. déjà sous Tépiscopat de Richwin, était prévôt de la cathédrale de Strasbourg. Les historiens de cette ville et ceux du menastère d'Einsiedlen, dont Eberhard devint le premier abbé, i^ présentent ce personnage comme appartenant à une grandt* famUle de la Souabe. Otton I, dans ses diplômes de 946, de 961 et de 96S, le nomme Dominus Eberhardtis, et Otton II, dans une charte de 975, lui donne le titre de Vir illustris. Suivant la chronique d'Hermann Contract, il quitta Strasbourg dans Tan-
(1) Annal. Wlrzeburg. Anno 928. Hungarii lotam Franciam, GalUam. Alsaiiam atque Alamanniam gladio et igné dévastant. — A. 938, Ungarii FFancitiD Alammanniam, Galliam usque ad Oceanum et Burgundiam dévastantes, p^r Italiam redierunt. Monaateria Sci Galli et Scî Bonifacii cremantur. — PerU Mon, germ, hist,, t. H, p. 241.
née qui suivit la mort de Richwin « Anno 934, Eberhardus Argentinensis prœpositus primus incola Ccllae Maginradi vcnit. » Avant cette retraite, Ëberbard aurait pu, à la faveur des troubles causés par les incursions dos Hongrois, inscrire son nom sur la monnaie de son église, qu*il faisait fabriquer sede vftcmiie. L*objection la plus forte qu on puisse faire serait fondée sur la forme du nom; je ne saurais, enelTel, citer d'exemples de la variante Ueberhard ; cependant je suis très porté à cî*oirc à Texistence de cette forme lorsque je vois sur les monnaies émises au xi* siècle à Bolsward, à Leuwarden, à Staveren par Ekbert, comte de Frise, tantôt EGBERTVS et tantôt VEGBERTVS; Tanalogie est frappante (1). Peut être-rappellera-t-on qu'un évèque nommé Gebehard a siégé de H31 à H il, mais le style de notre denier ne permet pas quV)n Tattribue au xif siècle ; et, malgré Tincorrection de sa légende royale, on ne peut le séparer des monnaies de Henri TOiseleur. A la vérité, au x" siècle, le nom Gebehard était fort commun en Allemagne et en Alsace; mais le V, qui à cette époque et dans ce pays est une voyelle, ne s*échange pas avec le G comme ferait le double W. La découverte d'autres monnaies, la l(*clure de quelques documents que je n'ai pas encore su Irouvcr, viendront sans doute nous aider ù résoudre ces questions.
lli THAms 1)37-950, — OUon J", 937-950.
Plusieurs fois déjà il a été question de Uuthard et de sa présence au camp d*Otton à Breisach, en 938, alors que Louis
(4) B. von Kœhne, l'ber die im Rmsischen Reiche fjef, aOendl, Mûnzen, etc., p. 88, 89, pi. IX, D«* G à 12. — Voy. plus loin, p. 384, la note, sur les noms do lu fonntv Uoto, UeberlU9, «>tr. — M. de Kœbuo, dans un intéressant article du /eihchrift fvr Mùnzkunde ,1845, t. V, p. 88, pi. III, n»6), n publié un précieux dfiiirr trouvé u Kopitkowo, et qui u pour types, d'un côté, une luitro entourée du nom VK^KLINVS, «*t au n^vers, AR(iENTINA disposé en croix. Le savant iiiunisuialiste a fort bieu reconnu que re denier uvuit été frappé par l'évéque Ib'lzel ou llezzilo (iOi7-10(>j}, et nous trouvons là encore un exemple du V initial. Kn défluitive, ce dernier évt^que se noujmait Iselin. — Dans le nom VODALIUCVS, inscrit sur un deuier de Saiut-Ulricb, évèque d'Augsbourg (923- *J12;, la diphtongue UO est ^-crite eu monogramme, de manière que TV se croise
d'Outremer tentait de conquérir l'Alsace. Frédéric, archevêque de Mayence, et Ruthard, s'enfuirent pendant la nuit, abandonnant leurs tentes et leurs bagages, et se rendirent à Metz, où ils espéraient se réunir aux ducs Giselbrecht et Eberiiard, qui étaient du parti de Louis. Mais ils apprirent la mort de ces officiers et la reddition de Breisach, furent bientôt assiégés dans Metz par Otton, et voulurent se réfugier à Mayence ; on les arrêta. Otton envoya les deux prélats en exil, Frédéric à Tabbaye de Fulde, et Rutbard à l'abbaye de Korwei. Ceci se paissait en 839. C'est vraisemblablement après l'exil de Ruthard, qu'Otton fit frapper à Strasbourg, le denier suivant sur lequel ne figure pas le nom de Tévêque.
+ OTTO REX PACIFICVS. Tète d'Ottou tournée à gauche.
i^. ARGENTNA CIVIT. Type de la cité (1).
Nous ne savons pas si cette fabrication dura longtemps, et si Otton restitua l'hôtel des monnaies à Ruthard. Toujours est-il que les deniers portant le nom de cet évêque ont, s'ils existent, échappé à mes recherches.
Ruthard mourut en 950 ; Erkenbald qui fait de lui un pompeux éloge, dans une épitaphe en dix vers léonins, et qui ne négligea rien pour accroître la puissance épiscopale, paraît avoir conservé le souvenir d'une infraction à la charte de Louis le Germanique ; et nous avons montré plus haut en quels termes il fit parler Otton n dans son diplôme de restitution.
UoTON, 950-965. — Otton P', 950-965.
Uoton, petit-fils de Gebehard, comte de Franconie, appartenait à une grande famille, qui avait rendu d'importants services aux souverains de la France orientale. Gebehard était mort en 910, sous Louis de Germanie, dans un combat livré
avec la partie supérieure de l'O; Friedlœnder, der Fund van Obrzyeko, p|. H, n» 6. — Ce même monogramme s^est retrouvé sur uu denier de Conrad, frappé à Strasbourg ; Friedlœnder, der Silberfund von Parve, p. 38.
(1) Schœpfliu, Alsal, Uliistr,, U II, pi. i, et p. 458. -- Joachim, Grotchenkahinet, I, suppl. n» 22. — Berstett, Vcrsudi einer Mûntzgeschichte de* Elsasses^ pi. VI, no 129.
Dt: STRASBOURG ET DE CONSTANCE. 383
aux Hongrois. Udon el Hermann, ses fils, avaienl pris une part active à la défaite des ducs Giselbrecht et Eberhard, partisans de Louis d'Outremer, etTévèque de Strasbourg étaitfils de cet Udon. Il était allié au fils d'Otton I, Ludolf, duc de Souabe et d'Alsace après Ilcmiana (1). Un prélat si puissant ne pouvait manquer de ressaisir des droits, qui, du reste, ii'avuent pas été abrogés régulièrement sans doute. Aussi voyons-nous paraître son nom sur la monnaie slrasbourgcoise. D existe au Cabinet royal des médailles de Berlin un très beau dénier, dont voici la figure et la description :
OTTO REX PACIFIC N {mster). Buste diadème d'Otlon tourné à gauche.
^. ARGENTNA VOTO. La cathédrale de Strasbourg surmontée d'un lis en l'honneur de la Vierge (2).
M. B. de Koehne, qui, en 1841, a publié culte précieuse monnaie dans son intéressant Journal de NumismaHqtte (3), croyait que la légende du revers devait se lire Argentina urbs Ottoiiis, et cela était fort naturel, puisque, jusqu'à présent, on n*avait pas admis de monnaies épiscopales avant Erkcnbald. Maintenant, toutefois, il n'est pas possible de méconnaître le nom d'Uoton sur ce denier. Dans les listes modernes, cet évêque
(1) Hermaïui, oncle d'IJolon, ftapput nionuale A BreUacb : UERIMAN DVX- OTTO. t. PRISACHA. Voy. Ulewel. Nom. du Jl. A., AUai, pi. XVIH, u« 37. — Ludoir, Bis d'OUoD lo (irand et gendre d'Hcraitnn, conUnua eeUe hbriealloD. Ibid., pi. XVKI, □• 38. — Voir «uriout, puur les momulut de ces deux per- MDQagui, Fr. V. Pfsffeohoffi'D, Die Mûmen der Beetoge von Alemmaim, IS4S, pi. 1 et II.
(I] On & tMaucoup discuté l'origine du la Oeur de lia du Strasbourg, saus jumals en douncr duo uiplicAtioa conforme aux [àtea du moy«D flge. Que l'on étudie les anciennes monnaies de Reims, de Senlis, de Paris, et l'on reconuallra que le lis le rapporte toujours à une Notre-Dame.
,;ij ZeiUchri/l f&r Mûns-Sitgtl-und IVayptitkttiuU, L I, pi. m, n* 3, et p. 107.
est nommé Uthon ou Vodon ; mais là-dessus nous devons croire qu il en savait plus que qui que ce soit; or au concile d'Augsbourg, en 952, il souscrivait Voto Argeniinensis ecclesiœ episcopus] et dix ans plus tard, en 962, il inscrivait au bas du diplôme, par lequel Tempereur Otton confirma les donations que Pépin et Charlemagne avaient faites au saint-siège, 6f> f/num Votonis Argentinensis ecclesiœ episcopi (!).
Un autre denier d'Otton I, publié par Mader et Lelewel, doit être rapproché de celui qni se voit au Cabinet des médailles de Berlin. Sur cette seconde pièce il existe, après ARGEN + NA (le graveur a employé la sigle + pour T I, comme dans les inscriptions antiques) un petit espace vide effacé, trop étroit pour avoir contenu le nom de Voto tout entier, mais où ce nom devait être indiqué par deux caractères. Les monnaies d'Uoton sont très importantes pour la thèse que je soutiens, car le nom épiscopal qui y est inscrit et qui est à Tabri de toute contestation, consacre les interprétations que j'ai proposées pour les caractères tracés sur les autres monnaies.
Otlon J, 965-973.
Erkenbald, 965-991. J Otlon II, 973-983.
Otlon III, 983-991.
Me voici parvenu au temps où la numismatique épiscopalo de Strasbourg est, sinon parfaitement étudiée, du moins généralement reconnue. Diverses monnaies d'Erkenbald ont été publiées ; je n'ai pas de variétés nouvelles à décrire. On sait qu'il existe de ce prélat, non seulement des deniers sur lesquels son nom est écrit en toutes lettres au revers du type des
[{) Dans le uécrologe de Strasbourg, on lit : « VU kal. Sept., Voto eptscopuît obiit. » Grandldier, Hist de Végl, de Sir., t. H, p. 338, et dans le nécrolo^e de Tabbaye de Fulde : « Anno Domini 965, Voto episcopas VU kal. Septenib. • Leibnitz, Script rer. Brunswic, 1. 111, p. "764. — C'est une forme de ce temps^ : « Voto cornes filius sororis Raodulfi III Burgondiam inTadit. » Pertï. Mon, tjerm, hist., t. 1, p. 83. — Voto arcbipresb. Ualberstadt. Lamberii annales, anno 1039. /Airf., t. VII, p. 61. On écrivait aussi Uodalrichus, Uolricus, Uobertus, Uodelbertus, Uota, Chuonradus, Ruotbertus, Ruothardus, etc. — Dans le serment prôté par Charles le Chauve eu 842, ou trouve ôruodher et non itruder.
Oltons, mais une pièce qui ne porte que le nom épiscopal et celui de la cité (1). Erkenbald n'est plus, comme on Favait cru jusqu'ici, le premier évèque de Strasbourg qui ait placé son nom sur la monnaie, le premier qui ait mis à profit la concession de Louis le Germanique ; mais il parait être le premier qiii se soit dispensé d*inscrire le nom royal sur ses deniers. Nous avons rappelé plus haut comment il obtint d^Otton 11 une charte qui restituait àTévèché les droits monétaires en termes qui font deviner toutes les inquiétudes que Tavcnir inspirait à Tévèque : en vain il obtint une charte de confirmation d'Otton III; peu d'années après sa mort, pendant Tépiscopat de Wcrnher (1001-1029) et de Wilhelm (1029-1047), Henri II et Conrad (2) frappèrent à Strasbourg un grand nombre de monnaies royales et impériales sur lesquelles ne figure pas le nom dos évèques (3).
Je m*arrète donc ici ; je n'ai point entrepris, on le sait bien, d'écrire une histoire des personnages qui ont occupé le siège épiscopal de Strasbourg, ni même de donner la monographie complète des monnaies qu'ils ont fait frapper. Cette tâche ne peut être accomplie que par celui qui aurait la faculté d'étudier à loisir tous les documents originaux existant encore en Alsace. Mais j'espère fermement que les idées émises dans ce travail feront examiner avec soin les deniers strasbourgeois conservés dans les collections, et découvrir bientôt de nouvelles richesses numismatiques. Ce sera là Tulilité du système d'explication que je viens d'exposer.
(1) fioreiell, Versuch einer Mtmzgesch., pi. VU, n» Uî.
(2) Outre les pièces publiées par Mader, Lelewul et Benttett, voir los beaux ci grands deniers du Cabinet royal de Berlin et do la collection do M. de Rauch, publiés par M. B. de Kœhne, Zeitschr, fur Mùnzkunde, i84i, I, p, i09 et 220, pi. H, u» 9, vi pi. V, n» 2. — Cf. Holmbcp, Mynter frà Middelaideren fiindne ved Eggetsund, ChrisUauia, 1836, p. 336, n» 25.
(3) 11 est probable que lèvèque Iseiin protita des grands troubles du règne de Henri IV pour firapper la monnaie dont il a été question ci-dessus. Ce denier ne diffère que par la substitution d'une uiilre a une couronne du denier il'Ucnri publié par Joacbim, Graschenkalfinet, 1, suppl. 47, et Berstett, Ver- 5UcA, etc., pi. Vn, n« 130. — Dans la trouvaille de Farvo, M. Frledleender a remarqué une obole de Henri 111, au revers de laquelle le nom de Strasbourg, disposé eu croix, est accompagné d'une croisette, d'une crosse et de deux
iAmouI, 891-899.
Lfruis de Germanie ^ Î>X«-:*:.
ChaHes le Simpir^ ^li-t-;:
Les plus anciennes monnaies épiscopalcs de Conslancr :. soient connues, sont celles qui portent Teffigrie el le n^m Ruthard (1018-1020). Elles ont été publiées par M. ThnrD^ par M. Mayer dans son livre sur les bractéates de la Suis*^. par M. de Koehne dans son recueil de monnaies éiranf* trouvées en Russie (1). Je puis faire remonter le monnaya, de Constance d'un siècle eu arrière, et montrer ainsi qut évoques de Strasbourg n'étaient pas les seuls qui eussent .tenu des rois de Germanie Tautorisation de mettre des e^pt: en circulation.
La pièce sur laquelle je m'appuie est un denier cédé l^aoi dernière à M. Rousseau par notre collaborateur M. le D'T son . En voici la description :
+ HHLVIIOVVIICCVS; croix.
1^. SALOMONendeux lignes dans le champ. (K.pLVIII.irT
L'aspect de ce denier est tout à fait germanique, et déuoi > commencement du x** siècle ; ainsi nous ne pouvons y voir h monument de la révolte de Louis, fils de Charles le Chaav qui, en 8S8, se ligua contre son père avec Salomon, roi io Bretons. Temps et lieu s'y opposent.
Si, au^con traire, après avoir constaté l'analogie de style f^ unit cette pièce au denier de Louis de Germanie, frappé ^^ Strasbourg, nous cherchons dans les environs du Rhin u: personnage du x" siècle, nous rencontrons immédiatemri)' Salomon, évèque de Constance, prélat considérable par soi talent, possédant de grands biens, revêtu de grandes dignit^^ par le roi Louis et son successeur Conrad (2). Regînon dil.ta
flears de Ils. Celte crosse semble indiquer que l'évêque avait une iiart tiao!' * fabrication de la monnaie {Der Silberfund v. Farve^ pi. I, n^ 8, p. 39, q« 4« :
(1) Tbomsen, Grotes Bljetter fùrMùnxk^ 1837, p. 144, pi. IV, u9 56. — Meve.» Die Brakteaten der SchweiZf 1846, p. 55, pi. lU, n» 152. — Kœhne, Uber diff Russ, Reiche gef, aùendl. M., p. 133.
(2) Le nom de Salomon figure dans des chartes de Louis de Germanie. > date de 902, 905, 910. — Voir les actei» du concile de Tribar, les aiiD«K^ <^
DE STKASHOURG KT DK CONSTANCK. 387
l»ui-lant de lui dans sa C/u-onique : « Vir non solum nobililale, -v-^-rum eliam pnidentia; ac sapicntia; virtutibus insignitus. »
Un des numiamatistes les plus distingués de l'Allemagne, ^1. J. Friediaiiider, a publié un denier frappé parBrunon.friire d'Otton I, et archevêque de Cologne' (953-6K), pièce qui offre d'un côté le nom de l'empereur Olton ; de l'autre, BRVNO AR- CHEPS en deux lignes, dans le champ, Hans nom de ville (1). On sera frappé du rapport qui existe entre cette monnaie et le denier épiscopal de Constance.
Salomon était l'ami dévoué de Baldramm, évèque de Strasbourg; ces deux évèques, qui s'adressèrent tour à tour des pièces de poésie extrêmement remarquables, auront manifesté leurs sentiments d'union jusque dans leurs monnaies. Rien de plus naturel, et nous avons tout lieu de penser que mitre attribution sera admise sans contestation. Seulement on s'étonnera peut-être de ce que Salomon, qui passait pour le plus excellent peintre de son temps, n'ait pas fait graver ses deniers avec plus de soin. Mais ne pouvous-nous pas, au contraire, juger, par le style de cette monnaie, du goiU et du talent d'un artiste vanté dans la Germanie du x" siècle.
Piililo, crlk-8 du Saïut-Gstl; l« coaUouutuur du lu chrouiqiiu do Hegliioii et les «nnalue >lu Weiu)pirli-u j du 890 à 9jO, Uiui» Perli, Muimm. yerm. hisL, t. 1, |.. 66.
(I) JJei- fuHd. V. Obrzycko, pi. Il, ii" a.