MÉDAILLON NUMIDE
(Extrait du Inme XII (Douvelle eéric] de la Revue numiamalique, 1861. pp. I5Â'I56.;
M. Charles Prat, ancien juge du paix à Constantîne, et prorureur impérial à Cayenne, m'a fait l'honneur de m'apporter une monnaie antique aussi remarquable par son module que par son style. J'en puhlie le dessin, avec la note que m'a remise le possesseur de ce précieux ihonument.
i( Cette médaille m'a été donnée par M. Leinen, hrasseur. qui l'a trouvée, il y a deux ou trois ans, dans une tomhe extraite des fondations do sa maison au Coudiat-Aty. Cette tombe était placée dans une fosse carrée, d'un mëtrc environ «le profondeur, taillée dans le poudingue et recouverte d'un mbtre environ de terre végélnlo. Le tombeau, aujourd'hui
MÉDAILLON NLMIDE.
encastré dans un mur de la maison, est en pierre. M, Leinen m'a dit avoir trouvé la médaille dans un détritus de terre. d'ossements et de débris de poteries, qui a été rejeté sans plus ample examen. »
Le type de la monnaie est bien connu, c'est celui qui se voit sur un très grand nombre de pièces de moyen module, bronze ou plomb, que l'on trouve en abondance à Constantine et, en particulier, au Coudiat-Aty. M. Ludwig Mûller attribue ces pièces aux rois de Numidie Micipsa et Âdherbal (148 à 122 avant J.-C.)(l).
Celle dont nous plaçons ici la figure paraît n'avoir porté aucun caractère numidique,~mais ses dimensions extraordinaires (module, 48 mill.), son poids, 16«^,&0y la recommandent à notre attention. On ne peut lui comparer que les grands bronzes des Ptolémées qui portent la tète de Jupiter Ammon. Nous ne parlons, bien entendu, pas des pièces appartenant au système de Tas, parmi lesquelles on peut compter les grandes monnaies d'Olbiopolis. Malgré un certain frai qui a enlevé au magnifique médaillon de M. Prat une petite partie de son poids, il donne encore, comme nous l'avons dit, 76«^,60, dont le cinquième est exactement 15ff',32, et Ton trouve un assez grand nombre de moyens bronzes au môme type qui pèsent 14 à 17 grammes. Nous ne prétendons pas conclure de là que les Numides avaient certainement adopté le système décimal ; mais il y a un fait à noter. Il est à remarquer que Ptolémée Évergète II, dont le nom se trouve sur les monnaies de module extraordinaire, arégné de l'an 146 àl'an 116 avant Jésus-Christ, période précisément correspondante aux règnes de Micipsa et d*Adherbal. Ce rapprochement est tout à Thonneur de la sagacité de M. Ludwig Millier ; je ne saurais trop remercier M. Prat de m'avoir mis à même de consigner ici cette observation.
(i) Numismatique de rancienne Afrique^ t. HL p. i8, 32.