DANS LES TERRAINS DU CLOITRE SALNT-MARCEL
ranthes, qui a servi, après avoir été creusé, à former une tête d*auge rapportée, et qui a été recueilli près de la tombe que je décris. Le flanc gauche de ce sarcophage porte encore un fragment d'inscription en grands et beaux caractères.
Les caractères de la première ligne ont 19 centimètres de haateur; ceux de la seconde en ont IS.
On comprend tout de suite que le monument auquel celte inscription a appartenu était fort considérable. Son entablement était composé de grands blocs juxtaposés. Ceux qui précédaient la pierre sur laquelle est tracé le mot FIL contenaient le prénom et le nom de ce fils, et au moins le prénom de son père (peut-être aussi le nom de ce dernier, si ce nom était gaulois). Cela suppose une notable longueur. Quant au mol SACER (probablement partie de SACERDOS, quoique SAGER soit un nom connu, notamment dans une inscription gauloise de Guéret), il devait être suivi d'autres caractères, car la portion lisse qui précède PARI devait avoir un pendant à lextrémité de Tentablement.
Quelques-unes des personnes qui ont visité la fouille pendant la journée du 2 septembre ont pensé que le dernier caractère de PARI pouvait être un E dont il ne subsisterait plus que la haste verticale. En conséquence, elles proposaient de compléter le mot en lisant PARENTIBVS. On pourrait préférer PARENTI, car le pluriel supposerait la présence de plusieurs noms dans Tinscription, et par conséquent donnerait une longueur peu admissible à l'inscription totale. Sur le
244 FOUILLES
monument funéraire *de saint Rémi, les trois frères Sextus, Lucius et Marcus avaient employé des caractères moins grands que ceux de notre inscription et réduit leurs noms à la dernière expression :
SEX • L • M • IVLIEI " C • F • PARENTIBVS • SVEIS-
Mais le mot FIL n'annonce pas une pareille condensation. Quoi quHl en soit, la supposition que je rapporte tombe devant Texamen minutieux que j*ai pu faire, la fouille terminée, du caractère considéré jusque-là comme douteux, lequel esl très rapproché de l'extrémité du bloc. Quelle que soit cette proximité, il subsiste encore une petite portion de champ qui exclut Texistence de traits horizontaux, particulièrement au sommet de la haste, laquelle se termine par un apex en arrière comme celui que nous montre 11 du mot FIL. Je note, en passant, que j'ai déjà observé cet apex en arrière sur des monnaies de grand bronze au nom de Tibère, détail dont les livres de numismatique ne tiennent pas compte.
Sur notre sarcophage, il faut donc lire PARI.
Je m'empresse de constater ce fait. Le moindre choc, le plus léger frottement d'un levier ou d'un cordage pendant l'extraction du tombeau que j'ai étudié en sa place primitive et qui doit être transporté au musée municipal de l'hôtel Carnavalet (l'opération est très difficile lorsqu'il s'agit d'une pierre friable toute pénétrée d'eau), peuvent faire disparaître le mince filet du champ qui donne au dernier caractère de l'inscription tant de prix. En effet, le nom des Parisii sur un monument antique est un fait extrêmement rare. Chacun a présente à la mémoire l'inscription des Nautœ Parisiaci, sans doute; mais on sait aussi que les monnaies gauloises des Parisii sont anonymes, et que la petite pièce d'argent qui a été publiée comme portant leur nom offre en réalité celui de nie de Lipari, mal lu sur un exemplaire défectueux. Je ne parle pas de l'inscription d'Auxerre, contenant le nom d'Aurélius Démétrius adjutor jDrocc[uratorum] civitatis Senonum, Tricassinorum, Meldorum PARISIORVM, etc., que Grater