‹ Œuvres ... réunies et mises en ordreChapitre 93 sur 280 · IMP C G P ESV TETRICVS AVG. pi. XL, n<»,i6i · texte numérisé non relu

IMP C G P ESV TETRICVS AVG. pi. XL, n<»,i6i

5. - IMP C C P ESVVIVS TETRICVS AVG, pi. xxxix, n»- 139, 154.

Ces légendes qui se lisent si facilement, aujourd'hui que

nous sommes en possession de tous les renseignements qui viennent d'être énumérés, étaient, on en doit convenir, beaucoup moins intelligibles au xvni" siècle. On comprend donc sans peine qu*à cette époque déjà si éloignée de nous les antiquaires les plus exercés soient restés dans le doule ; mais actuellement un pareil doute n'aurait plus d*excuse. Il faut tlonc supprimer de la discussion toutes les explicî^tions sans fondement que ces légendes monétaires ont fait naître, et ne laisser en présence que l'inscription imaginée par Venuti, d'une part, et, de l'autre, les faits bien avérés qui résultent de Texamen, même rapide, des monuments authentiques.

Quant à la question de savoir si Victorinus et Tétricus ont porté le même nom de famille, question qui a préoccupé quelques archéologues, elle se simplifie considérablement. Miùntenant qu'il est démontré, l'expression n'est pas trop forte, par les tableaux de légendes monétaires donnés plus haut que les caractères PI sont une abréviation du nom Pius, im ne refusera pas d'admettre que Victorinus se nommait IMus Avonius. Le nom de la famille Avonia n'est pas fort rare, et nous pourrions le prouver par la production d'un certain nombre d'inscriptions antiques. Il suffit d'en présenter une au complet, à titre d'exemple :

SEX AVONIVS SEX L

PAMPHILVS SEX AVONIVS SEX F RVFVS VIXIT AN XIV AVONIA SEX L MOSCHIS

V AVONIVS EROS L V SEX AVONIVS PHILEROS

Si Ton veut se donner la peine do parcourir les recueils de Grater, de Doni, de Muratori, on trouvera les inscriptions de Sextus Avonius Faustinus, de Quintus Avonius Cavolus, de Sextus Avonius Proculus, de Sextus Avonius Félix, do Sext. Avonius iEvius, de Sext. Avonius Ponticus, de Titus Avonius Marcellinus, de Sext. Avonius Saturninus, de Publius Avonius

Laidus, d'Avonia Tyché, d'Avonia Eleutheris, d'Avonia Callityché, etc.

Nous continuons à citer les légendes monétaires d'après les pièces gravées, avec tant d'exactitude, dans le recueil de M. J. de Witte.

IMP CAES VICTORINVS P F AVG. pi. xxv, no. 4 ei 6.

IMPC PI VitTORINVS AVG. pi.xxv,no9.

IMP C PI AV VICTORINVS P F AVG. pi.xxv,noi4; pl.xxvi, o«22

26; pi. XXVllI, no 53.

Dl VO VICTORINO PIO. pi. xxv, n» a ; pi. xxrx, o» %.

DIVO VICTORINO PI. pi. xxv, no is.

IMPC M PI AVVONIVS VICTORINVS P F AVG. pi. xxv[. n-2i:

pl.XXYlI.D0 51

IMP CAES VICTORINVS PIVS FELIX AVG. pi. xxix, n» 76. IMP VICTORINVS PIVS AVG. pi. xxx, n" 9i.

IMP VICTORINVS PIV. pi. xxx, n° los.

On devra donc admettre que Victorinus etTétricus se nommaient Pins Avonius et Pins Esiivim, Ces empereurs avaient deux noms de famille, comme Postumus, qui se nommait Cassianius Laiinius, comme Lœlianus, qui se nommait Ulptus Cornélius, et comme tant d'autres personnages romains et gaulois à cptle époque de décadence.

Que Pins ait été un nom de famille, on n'en saurait douter. Le R, P. Garrucci a relevé à Santa Anatolia, petite localité du Cicolano, Finscription suivante (1) :

MPIO'MB C A LVE NO OSSA SITA CALVENALF

qui est, ainsi qu'on le voit, consacrée à Marcus Pius Galvenus. Le même savant a copié aussi sur des plombs antiques les légendes Q'PEriDA et PBIVS FAVSTVS, qui contiennent,

(1) Lettre du P. Garrucci en date du 24 mars 1867. — Cf. Bullel, arch. Napolef,y Mil» aonée.

comme rinscriplion funéraire de Galvenus, chacune un prénom, un nom et un surnom. Le R. P. Garrucci s'attache, du rosle, à démontrer que BIVS a été écrit là pour PIVS, par suite d'un échange de caractères dont il connaît des exemples (1). PEIt/s, avec la diphthongue, est une forme antique qui se rolrouve dans PRElVERwwm, LEIBERTAS, PREIMVS, mots inscrits sur des deniers de la République.

M. Wescher a présenté à l'Académie des Inscriptions une copie définitive d'une intéressante inscription a graffito qu'il a étudiée dans la Syringo n° 1, à Thèbes, et dans laquelle est mentionnée Julia Pasicléia, fille de Pins le rhéteur THCTTIOY TOT PHTOPOC (2). Quand on remarque dans une inscription dlsaurus les noms M ' MAPIOC M MAPIOT niOT TIOC OAAOTIANOC et dans une autre de Daldis : M ATP TOIOC ' ' * ' KPATOYC AAAAIANOC (3), on n'est pas tenté de confondre niOCavec eissSi^;, et Ton reconnaît qu'il s'agit d'jm nom, d'autant plus que, sur une monnaie de Gallien frappée à Daldis, on lit En • n€IOT AAAAIANHN (4). PI, en tant qu'abréviation de Pius^ peut, au premier abord, paraître extraordinaire ; mais on ne doit pas oublier qu'il s'agit d'un nom inscrit sur une médaille de la Gaule, et que nous rencontrons sur les monnaies de l'époque autonome des abréviations qui font voir que les Gaulois arrêtaient l'abréviation sur une voyelle, suivant la méthode grecque. Sur un médaillon de Postumus, contemporain de Victorinus et de Tétrîcus, on observe Tabrévialion LATI pour Latinius. La numismatique grecque offre des exemples sans nombre de l'application de ce système ; on écrivait AT' KA'M'AT'KOMMOAOC sans penser à distinguer, par l'addition d'une consonne, le titre xjTSApiTwp et le nom de famille AjpjXisç. Sur des médailles de Domitien et d* Adrien, on gravait GE'TI pour ©soîj uîsç. Après cette dernière citation surtout, il ne paraîtra pas nécessaire d'insister.

(1) Lettre du P. Gamicci eo date du 21 mars 1867. — Cf. Dissert archéol., <lo même antiquaire^ t. H, p. 137.

W Comptes rendus de CAcad. des inscr,, 1871, p. 291. (3; Bœckh, Corpus inscripL grxc.^ n*» 43é5 et 3427. 'V) Mionnot, Desrripf. ///».» médailles, suppl.t. VIT, p. 342.

Mais revenons aux pierres des Arènes de Lutëce, qui, si nous ne nous trompons, reçurent des inscriptions pendant la seconde moitié du ni* siècle. Nous ne prétendons pas affirmer que rëdifice auquel elles ont appartenu ne fût pas plus ancien : mais il y a cependant probabilité que ces inscriptions ont été gravées à une époque peu éloignée de celle qui vit constniin' ramphilhéâtre. La destruction de ce curieux monument ne nous permet malheureusement pas de tirer quelques conséquences de la place relative qu'occupaient les noms qui viennent d'être signalés. L'étude même des noms souffre, il faut le dire, de la séparation fâcheuse de tous ces fragments de textes, aujourd'hui confiés à deux établissements éloignés, et dont quelques-uns même sont en partie enfouis dans les lierres d'un jardin. Il est certain qu'un meilleur arrangement permettrait d'ajouter de nouvelles observations aux renseignements provisoires que nous venons de présenter.

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