‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 2)Chapitre 114 sur 259 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

GRACCHUS, LICINIA, CORNÉLIE.

CORNELIE.

Dans l'ombre de la nuit quelle voix me réveille?

GRACCHUS

C'est la voix d'un Romain qui frappe votre oreille.

CORNÉLIE

Est-ce toi , mou cher fils ? A cette heure ! en ces lieux !

GRACCHUS

Ma mère, dès long-temps le repos fuit mes yeux.

CORNELIE.

Mon fils , profite mieux de la bonté céleste :

Ce qu'on nomme la vie est un présent funeste; Mais la pitié des Dieux, parmi tant de fléaux, Nous donna le sommeil pour soulager nos maux.

GRACCHUS

Mes maux sont ceux de Rome.

CORNÉLIE

Il est vrai.

GRACCHUS

Cornélie...

CORNELIE.

Caïus...

GRACCHUS

Autour de nous veille la tyrannie.

CORWléLlE.

Je le sais.

GRACCHUS

Elle veille au forum , au sénat , Dans le temple des Dieux, au sein du tribunat.

CORNELIE.

Eh bien?

GRACCHUS

La liberté que partout on escile, Veille au moins chez Gracchus; mon toit est son asyle.

LICINIA.

Ainsi Rome est esclave ! ainsi la liberté Au sein de nos remparts li'a jamais existé !

Oses-tu le penser? Ces Dieux de la patrie, Ces fameux Scipions , aïeux de Cornélie , Brutus, Publicok, tous ces grands sénateurs ,

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