ACTE III, SCÈNE IL
11 peut servir le peuple aux: dépens du sénat.
OPIMIUS
Songes-tu que ton fils est en notre puissance?
GRAGGHUS.
Jy songe, et les tyrans chérissent la vengeance. Je donnerais mes jours pour conserver mon fils, Et tu vois à ce oom tous mes sens attendris.
Si vous croyez avoir besoin d'un nouveau crime , Tigres, frappez encor cette tendre victime; Vous me verrez toujours braver votre pouvoir. Et mourir de douleur en faisant mon devoir.
OPIMIUS
Caïus, je plains ta haine, et je voudrais l'éteindre.
GRAGGHUS.
Ne plains pas la vertu ; le crime est seul à plaindre.
OPIMIUS
Qui voudra t'imiter et se perdre avec toi?
GRAGGHUS.
Quand il ne resterait que Fulvius et moi...
OPIMIUS
Fulvius! et crois-tu qu'à lui-même contraire. Il oublîra toujours son raifg de consulaire?
S'il osait s'expliquer, et s'il n'éprouvait pas Quelque honte secrète à faire un premier pas , Aux intérêts du peuple il serait infidèle; L'occasion lui manque; il l'attend, il Tappelle, Prêt à se rallier à la cause des grands....
2IO CAIUS GAACCHUS.
GRAGGHUS.
Tu veux nous désunir, et c'est l'art des tyrans. Fulvius, me dis-tu, mon ami, n'est qu'un traître! Non , je ne le crois point. Mais je le vois paraître. Tu frémis à ses yeux ; ta rougeur te dément.