‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 2)Chapitre 177 sur 259 · A M £ LI · texte numérisé non relu

A M £ LI

Mon cœur a découvert ses secrets sentimens ; Mais que peut l'opprimé contre la tyrannie?

On prétend malgré moi disposer de ma vie.

HÉLOÎSE.

Et vos cruels parens vous ont fermé leurs bras !

amiSlie.

Mes parens , dites-vous ? je ne les connais pas.

héloïse.

Quoi! vous ne savez pas ce que c'est qu'une mèrel Je vous plains à mon tour.

294 PÉifÉLON.

AStJÉLIE.

O pitié douce et dbère!

Dans Tabîme oii le ciel a voulu vous plonger, Plaignez-vous. un chagrin qui vous est étraiager? L'infortune aigrit l'âme , et la rend inflexible.

HÉLQÏSS, .,

A force de malheur la mienne est. plus sensible.

.AMJÉLIE.

N'est-il aucune femme en ces lieux abhorrés , Qui sache compatir aux maux que vous souffrez?

HÉLOÏSE

Celle qui m'apportait, dans la première année, Le vase rempli d'eau, le pain de la journée.

Alors qu'elle daignait jeter les yeux sur mpi , Me lançait des regards pleins de haine et d'effroi. Une autre vint remplir ce sombre ministère : . Son aspect chaque jour me parut moins austère; De ses yeux attendris j'ai vu couler des pleurs : La pitié qu'on inspire adoucit les malheurs.' Tant de maux, dé chagrins, ma triste nourriture. Paraissaient quelquefois accabler la nature; Cette femme , attentive à ces cruels momens , M'apportait en secret dé ^lus doux alimenis.

Lorsque, pendant l'hiver, une humide froidure Aigrissait tout à côiip les tourmens que j'endttfe. Un foyer bienfaisant, par ses soins allumé, Pénéi:rait dans mon cœur lentement ranimé.

Payer tant de bienfaits n'est pas en ma puissance ;

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