‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 2)Chapitre 246 sur 259 · ACTE III, SCÈNE IL SgS · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IL SgS

Mon cœur dès ce moment sera fermé pcHU* foi.

Les Dieux exauceront le vœu de ma cotère. ' Aux pieds de leurs autels , avant que d'être mère ,. Je leur ai demandé le bienfait de tes jouFSc J'irai les supplier d'en terminer le cours:

J'apprendrai ton trépas sans larmes et sansr pbiinte ; Et je t'aime mieux mort, que tyran de Corînthe.

TIMOPHANE.

Ma conduite n'a point mérité ce courroux.

J'écoute, en répondant, ma tendresse pour vousr A des titres sacrés elle vous est acquise.

D'un fils respectueux je vous dois la franchise. Laissons mes intérêts , ne parlons point de moi.. Aujourd'hui dans Corinthe on veut nommer un rei r Mon frère, à ce seul mot, prétend que l'on conspire;; Mais du peuple assemblé vous connaissez Fesapire;. Dès que, suivant les lois, il a délibéré, La forme de l'État peut changer à son grc.

Lorsqu'un tel changement vient du peuple lui-même,, Nous devons respecter sa volonté suprême.

Si, pour remplir ses vœux, vous voulez me haïr,. A force de vertus, je saurai vous fléchir:

Quand les lois renaîtront, quand , sous ma main puissante^ Vous reverrez Corinthe heureuse et florissante. Plus grand que mon pouvoir, je saurai l'expier; Et c'est à l'avenir de me justifier.

DÉMARISTE.

Ciel ! que viens-je d'entendre ? ô mère infortunée [

396 TIMOLÉON

A ce comble d'horreur j'étais donc destinée!

Enfin, je l'ai surpris ton sacrilège voeu!

Tu brûles de régner , et tu m'en fais Taveu ! Quoi \ le sort d'un monarque excite ton enrie î Nul instant de bonheur ne console sa vie:

Il voit fuir de sa cour la vertu , Famitié , Et jamais ses revers n'inspireiït la pitié :

Il dort sous le poignard qui menace sa tête ; Du sinistre poison la coupe est toujours prête ; Il vit dans les tourmens; et, quand il a régpé. Par le mépris public il meurt accompagné.

Quelle .est l'ambition dont ton âme est saisie? Penses-tu gouverner des esclaves d'Asie, Qui , d'un dieu couronné servant les intéréts^^ Le front dans la poussière, attendent ses décrets? Toi! régner sur Coriilthe! Après ce coup funeste^ Si d'un sang généreux quelque goutte lui reste ^ Comment te flattes-tu d'exister un moment?

Crois-tu que dans la Grèce on règne impunément? Les poignards manquent- ils pour punir ton audace? Couvert du sang d'un roi l'échafaud te menace. Si tu veux éviter une honteuse mort , Pourras-tu , malheureux , échapper au remords , Au reproche accablant de ton âme flétrie, Au cri d'un peuple entier qui te dira: Patrie? De ce trône pervers si tu veux t'approcher, C'est sur mon corps sanglant que tu dois y marcher: Vois mourir à tes pieds, vois tomber ta victime.

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