ACTE I, SCENE IV. gS
LE RELIGIEUX
Il fitut donc, citoyens, nous immoler tous trois.
LA SALLE
BGnistre des autels et ministre des lois ,
Jusqu'au dernier soupir nous prendrons sa défense.
LOUIS GALAS
Laissez-leur terminer mon horrible existence.
LE RELIGIEUX
Cet homme est innocent: ne le voyez- vous pas?
LE PEUPLE
Peut-il être innocent, lui, le fils de Calas?
S'il iaut pour vous fléchir parler en fanatique. Cet homme est innocent , puisqu'il est catholique.
LE PEUPLE
II doit donc abhorrer des parens criminels.
LA SALLE
Tous les cœurs ne sont pas injustes et cruels.
LE PEUPLE
Ses parens ont du ciel mérité la colère.
LE RELIGIEUX
ï^ ciel n'ordonne pas de détester son père.
LE PEUPLE
Un de nos magistrats dans un cloître sacré Pour ce procès fameux s'est Iong<^temps retiré : Inspiré par les cieux, ce juge irréprochable A dit publiquement : « Jean Calas est coupable. »
96 JEAN CALAS
LA SALLE
Un homme, dites^vous, par les cieux inspiré 1 Bon peuple, eh! c'est ainsi qu'ils vous ont égaré!
LE PEUPLE^ ■ • • . r-"
Leijiligtt irrités frappier^st la Tictimeb..
Eh quoi! B'ont-ils jamais oo»da»Dé que le crime? Au sang dTJrbain Grandier leurs bras se sont baignés.
■ r.-LE PEUPLE. H ■
Tous nos prêtres , comme eux justement indignés...
LA SALLE
Repoussez loin de vous ces prêtres sanguinaires, . Qui vous font désirer le trépas de vos frères. Qui, d orgueil eniVrés, prêchent l'humilité.
Qui du sein des trésors prêchent la pauvreté, Et qui, trompant toujours et dévastant la terre. Servent le Dieu de paix en déclarant la guerre.
LE PEVPLE. .
£h bien! le tribunal est prêt à s'assembler; Vous êtes magistrat, vous pouvez y parler:
En faveur des Cal^ courez vous i^ire entendre.
LA SALLE
N'en doutez point; j'y vole, et c'est pour les défendre.
LE PEUPLE
Comment! vous oserez, par le ^e eimporté...
LA SALLE
Tout pour ma conscience et pour la vérité;