‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 2)Chapitre 74 sur 259 · LE GREFFIER · texte numérisé non relu

LE GREFFIER

LA SALLE

Vous venez de les voir: les croyez-vous coupables?

CLÉRAC

Leursdiscourssonttouchans,simpleset vraisemblables; Si vous en exceptez un mot, un seul instant.

Leur aveu fut toujours uniforme et constant.

Ce fait, tout important qu'il puisse vous paraître. Ne tient pas lieu de preuve: observez que, peut-être. Au moment de ce meurtre, avant d'être arrêtés, Sur ce qu'il fallait dire ils se sont concertés. Ce jeune homme du moins privé de la lumière La veille d'abjurer le culte de son père ; Tout le peuple informé de son pieux dessein;

lia JEAN CALAS.

L'esprit des protestons; ce suicide enfin, Que l'aspect seul du lieu fait juger impossible : Tout établit contre eux une preuve invincible; Et, malgré la pitié dont je suis pénétré, Tout démontre à mes yeux un complot avéré.

LA SALLE

Pensez-vous qu'il s'agit d'un forfait exécrable? Un vain bruit, un soupçon vous le rend vraisemblable! Quelle preuve avez- vous? quels faits sont avancés? Un témoin se présente, un seul homme; est-ce assez? Et qui? ce vil mortel, chez qui le plus grand crime. L'homicide, devient un acte légitime; Payé pour exercer l'abominable emploi De répandre le sang condamné par la loi!

Vous savez que du meurtre il a l'expérience; Vous allez, magistrats, consulter sa science: Il a jugé pour vous : « Le fils de Jean Calas c< N'a pu, vous a-t-il dit, se donner le trépas; c( D'une main meurtrière il éprouva la rage. » Sur cette autorité, sur ce grand témoignage.

Vous allez donc livrer à des tourmens affreux Un père, un citoyen, un vieillard malheureux!

GLERAC.

Il est d'autres témoins. A l'heure infortunée Qui d'Antoine Calas finit la destinée:

Des voisins effrayés ont entendu des cris.

LA SALLE

C'étaient les cris du père. Êtes-vous donc surpris»

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