‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 3)Chapitre 13 sur 147 · A M. LE BRUN · texte numérisé non relu

A M. LE BRUN

T^e vous écartez point de ce fidèle guide.

Non qu'il faille blâmer ces généreux transports

Qui du cygne thébaiu animent les accords :

Aux banquets d'Apollon quand tu touches la lyre,

O Le Rrun, sous tes doigts tout Pindare respire;

Émule de Rousseau, peut-être son vainqueur,

A peine mes regards mesurent ta hauteur ;

Mon âme, en un moment sur tes pas élancée.

Ne voit plus que par toi , ne suit que ta pensée ;

Et, ne pouvant me perdre avec toi dans les cieux.

Je t'applaudis au moins et du geste et des yeux.

Mais que tu sais unir la sagesse à l'audace!

Dans tes Vers , tour à tour pleins de force ou de grâce ,

Tantôt j'entends gronder les aquilons fougueux ,

Et tantôt soupirer les zéphyrs amoureux.

Tu chéris la Raison : ton audace immortelle

A ses divins accens jamais ne fut rebelle;

Non pas cette pédante et lourde déîté

Que l'on nomme Raison chez la stupidité;

Qui, jusque dans mes yers^ d'un compas tyrannîque^

Introduit chaque jour I!esprit géométrique^

Et plus d'une fois •même à son> humble ili veau i

Prétendit rabaisser et Corneille et Boiléau;

Mais la Raison sublinde, à l'âme grande et fière.

Dont l'œil suit aisément l-aigle dans la carrière;

Compagne de N€¥^oii, quand, d'un vol glorieiix.

Mortel il pénétra dans le conseil des Dieux,

Page 1