‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 3)Chapitre 69 sur 147 · I. Un sot trouve toujours nn plus sot qui Tadmire · texte numérisé non relu

I. Un sot trouve toujours nn plus sot qui Tadmire

( Art poétique , chant I. )

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sistons à louer exclusivement les ouvrages composés dans nos principes. Plaçons Adèle et Théodore au-dessus à!Émile, Si nous entendons une comédie bien tiède , un plat sermon dramatique contre le divorce, ou contre les prétendues mtîeuris du jour, ou contre la philosophie, ne manquons pas de l'opposer à Tartufe. Plaignons sincèrement Louis Xiy d'avoir laissé représenter Tartufe. Le président de Harki voyait bien mieux : il ne voulait pas qu'où le jouât. Passe encore de laisser jouer Philaminte : celle de l'hôtel Rambouillet n'était pas dévote. Mais Tartufe! hélas! Le pieux monarque était encore bien jeune ; il n'en était qu'aux maîtresses. Vingt ans après, quand il en fut aux directeurs, comment le révérend Père dç la Chaise lui accorda-t-il l'absolution d'un si graçNi péché ? N'accjasons pas le saint jésuite : apparemment pour pénitence il lui ordonna les dragonnades.

Si vous êtes vainqueur de Tartufe^ il vous sera bien facile de venir à bout des pièces nouvelles où la philosophie voudrait encore faire entendre sa voix. Vous âveij bien fait, par exért\ple, de gourmander le citoyen Andrieux , sur sa comédie àiHehétiuÈ. Je partage votre avis et celui de mon correspondant. C'est vraiment une chose criante d'aimer , de faire aimer Helvétius , qui n'était que bienfaisant , et qui n'a jamais fait une ligne pour

A L'ABBÉ GEOFFROI. aSS

le journal chrétien. Par malheur on prétend que cette comédie est bien écrite et fort ingénieuse. Mais pourquoi sériez-vous embarrassé? faites-en une autre : ce n'est pas le talent qui vous manque. N'osant par modestie la composer pour l'abbé Geoffroi , composez-la pour Fréron ; que Voltaire y soit écrasé à n'en plus revenir ; et , pour mieux signaler votre triomphe , ne manquez pas de la faire joiîer après V Écossaise.

On vous fait l'honneur de vous nommer avec madame de Genlis et Châteaubriant , et vous vous plaignez d'être traité comme le plus coupable! C'est votre expression. Si vous aviez raison sur le fait , on aurait commis une grande injustice. Vous êtes sans contredit le plus innocent. Voulez-vous même que je vous parle avec pleine franchise? nous gâtons Châteaubriant par nos louaïiges. Il s'était beaucoup formé avec les sauvages qui sont fort dévots. Dieu merci! mais il est jeune; et je crains qu'il ne se pervertisse. En effet , sauf quelques expressions étranges qu'il a entendues isur lés bords du MesiUhacebé % il a de l'esprit , du talent^ de l'imagination. NoUs Sonïme^ bien plus sûrs de vous.

I . Voyez l'Examen critique du roman diAtala : Tableau de la littérature, page 212 et suivantes, troisième volume des Œuvres posthumes.

aSe LETTRE DE L'ABBÉ MAUDUIT

Vous dénoncez amèrement Tintolérance philosophique , le fanatisme des philosophes : il faut que le reproche soit bien fondé; car assurément il n'est pas neuf. Dès le commencement du dixseptième siècle , les saints juges de Galilée accusaient l'intolérance de ce philosophe qui , malgré l'Ancien Testament , voulait faire tourner la terre et condamner le soleil à l'éternelle immobilité, tandis que Josué , par miracle , l'avait fixé seulement durant quelques heures. Tous les Pères de l'église qui ont écrit durant le dix-huitième siècle, et la nomenclature en serait immense , ont parlé avec indignation de l'intolérance philosophique. On ne lit , ou pour mieux dire on ne lisait autre chose dans leurs sermons, dans leurs mandemens, dans leurs réquisitoires, dans leurs journaux. Il est fâcheux que les écrits et les auteurs soient oubliés depuis long-tems. C'est en gémissant avec raison sur l'intolérance des philosophes que Ton persécutait Bayle , que l'on forçait Voltaire à quitter deux fois la France , et à rester trente ans au pied des Alpes ; que l'on enfermait Fréret à la Bastille, Diderot à Vincennes; que l'on brûlait les Lettres Philosophiques, le Dictionnaire philoso^ phique y V Histoire Philosophique , le Livre de V Esprit, Y Emile; que l'on condamnait Helvétius à l'abjuration; que l'on décrétait J. J. Rousseau de prise de corps. Pour surabondance de droit , en

Espagne, en Portugal, en Italie, les inquisiteurs, même les plus doux, sont irrités du fanatisme des philosophes qui réclament la tolérance , et ne savent pas tolérer le saint tribunal de l'inquisition.

Vous prétendez que vous ne dites pas d'injures aux auteurs que vous croyez juger, mais seulement à leurs ouvrages : vous avez plus de zèle que vous ne pensez. Supposons toutefois qu'en ce point vous disiez la vérité sans conséquence ; prenez bien garde qu'un lecteur malin ne vous rétorque l'argument : Voilà, pourrait-il vous dire, une distinction savante et judicieuse ; mais n'ayez pas deux poids et deux mesures; devenez bon logicien. Laissez faire à votre égard la même distinction; et, comme il faut être juste à la fois envers vous et envers vos ouvrages, permettez que chacun s'exprime ainsi : M. l'abbé Geoffroi est un homme fort raisonnable , qui n'écrit que des choses absurdes.

Mais quel ton dolent prenez-vous au milieu de votre colère? On dirait à vous entendre que tout le monde vous persécute. Si vous entendez par-là que tout le monde se moque de vous , vous pourriez avoir raison ; je vous vois battu sur Mé~ ropCy sur Tancrede^ sur Mahomet ^ sur Zaïre ^ sur Y histoire de V empereur Adrien^ sur la musique de Virato; battu en prose, en vers , en couplets, en musique. Est-il question d'un ennemi des ta-

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