‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 3)Chapitre 7 sur 147 · D£ LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

D£ LA PREMIÈRE ÉDITION

Page 7 , vers i .

PniLAirDBE ' , qui , toujours sage avec profondeur, Mëprîses des partis l'ambitieuse ardeur, Fléau de la licence et de la tyrannie, En nos tems orageux , vois -tu la calomnie Affermir chaque jour, par de nouveaux excès, Son pouvoir sacrilège et ses honteux succès ? Tandis que du sënat la justice rigide Oppose à son poignard une impuissante ëgide , Triomphante , elle rit du vain courroux des lois , Et de la renommée usurpe les cent voix.

Page 7 , vers 9.

Au lieu de

D'écrivains, d'imprimeurs quelle horde insensée Diffame ce bel art de peindre la pensée !

Un faquin sans esprit , etc. etc.

il y avait :

Quel impudent ramas de fourbes chélateurs !

I. Le discours sur la Calomnie fut d*abord pabllé sous le titre d'épitre, et renfermait les vers rapportés dans les variantes. Le débat était : Phi' landre^ etc. Chénier, par la suite, fit de grands cbangemens à ce poème» et lui donna le titre <ja'il porte aujourd'hui ( Note de V éditeur. )

Que de fripiers d*ëcrits ! que de plats imposteurs ! Le démon du mensonge inspire leurs brochures; Un peu d'or fait couler des flots d'encre et d'injures. Un faquin sans esprit , etc. etc.

Page 8, vers 3.

Après ces mots :

Fantin se croit Tacite , et Richer Ciceron.

il y avait :

Contre tout l'Iiistitut Charlemagne conspire : Le fiel est leur talent ; la fimge est leur empire. Cent grimaudsy de Zoîle effrontës écoliers , Barbouillant à l'envi des pamphlets journaliers. Vont prendre tour-à-tour leçon de calomnie Chez le docte Suard, qui ment avec gënie.

Quand nos guerriers, bravant et le glaive et l'airain , Étonnent l'Éridan , le Danube et le Rhin , Dans les murs de Paris , etc. etc.

Page 8, vers i6 et suivans.

Au lieu de

A la honte aguerrb, ces Forbans littéraires Ont mis leur conscience aux gages des libraires. Envieux par nature , etc. etc.

il y avait:

Ils mettent leur sottise aux gages des libraires. Après un long voyage , insectes éphémères , Envieux par nature , etc. etc.

Page 9, vers i.

Après ces mots :

Ils dinent du mensonge eè soupent du scandale.

venaient les vers suivans :

Ainsi , lorsque Zëphyr chasse les Aquilons , Tout l'essaim bourdonnant des stériles frelons Pille le miel , si doux, exprime par Tabeille Des socs délicieux d'une rose vermeille.

Mais , quoi ! me dira-t-on , désormais prétends-tu Donner l'esprit aux sots , aux fripons la vertu ? Pourras-tu, des héros négligeant, etc. etc.

Page Qj vers 16 et suivans.

Au lieu de

U les réclamerait : c'est tenter l'impossible. Organe du public , la censure inflexible , etc.

il y avait :

Non : je ne teiîte point les choses impossibles. Organes du public , d'autres , plus inflexibles , Exerçant à loisir le pouvoir d'un bon mot.

Puniront Morellet du malheur d'être un sot.

S'il sait l'art d'ennuyer, on sait bâiller en France ; Et sottise sans fiel mérite tolérance.

Ou ne me verra point, Dom-Quichotte , etc.

Page 10, vers 10 et suivans.

Au lieu de

Mercier combat Newton, Voltaire et le bon sens : Il sera ridicule ; il le veut : j'y consens.

Qu'il nous vante Rétif, etc. etc.

il y avait :

Que Mercier livre encor cent combals renaissaus A Racine, à Voltaire, et surtout au bon sens ; Qu'il nous vante Rétif, etc. etc.

a8 VARIANTES

Page lo, vers 17 et suivans.

Au lieu de :

Que Dumolard nous glace à la même tribune Où la raison sublime allumait son flambeau ; Ou discutait Bamave, où tonnait Mirabeau ; etc.

il y avait :

Qu'au milieu du sénat, qu'à la même tribune Où la raison sublime allumait son flambeau, Où discutait Sieyes , où tonnait Mirabeau , Où de Vergniaux souvent l'éloquence énergique Vainquit de Dumolard le fatras léthargique , Plein d'orgueil et de mots , Dumolard aujourd'hui Distille en longs discours la sottise et l'ennui. Â tous ces beaux esprits il est permis d'écrire ; Et j'attends , etc. etc.

Page 1 1 , vers 1 1 et suivans.

Au lieu de :

Un sot est toujours vain : en passant dans la rue , Vous nommez Démosthène ; et Lémerer salue ; Etc. etc.

il y avait :

La sotte vanité tient à l'espèce humaine :

Lémerer vous salue au nom de Démosthène ; L'auteur même du Sourd n'est pas exempt d'orgueil ; De Richer, de Babeuf c'est le commun écueil ; Et Gallais qui n'a pas , mais qui donne la gloire , Croit que le sort du monde est dans son écritoire. Qu'il vante Dumolard si lourdement disert , Et d'un nouveau Midas fasse un nouveau Colbert; Sur sa lyre de plomb que Souriguière chante

DU DISCOURS SUR LA CALOMNIE, ag

De Dumonty converti, l'humanitë touchante;

Si tel est leui' plaisir, aisëment j'y souscris.

Mais tous ces grands auteurs, dans leurs petits écrits.

Se livrant aux écarts d'une impure licence ,

Ont dépasse la borne où finit la décence.

L'écrivain philosophe, au-dessus des clameura.

Instruit par la morale, et surtout par ses mœurs;

La balauce à la main , le sévère critique

Voit couronner son front du laurier didactique ;

Armé de la satire , un auteur médisant

Fait excuser son fiel quand il est bon plaisant ;

Souvent même du goût c'est le vengeur utile :

Mais nuire à prix d'argent, sans pudeur et sanâ style,

Empoisonner le fer qui vous perce le sein ,

Cestle talent d'un lâche et l'art d'un assassin.

Les calomniateurs , je le sais bien , Philandre , Ne manquent pas d'amis ardens à les défendre : Pour un esprit mal fait leur genre à des appas : Mentir est le talent de ceux qui n'en ont pas ; Nuire , etc. etc.

Page i3, vers 3 et suivans.

Au lieu de

Vois le crime , usurpant le nom de liberté , Koukr dans nos remparts son char ensanglanté ; Vois des pertes sans deuil , des mort» sant mausolées ; Les grftces, les verttis, etc. etc.

il y avait :

Vois dans ses premiers jours la république en deuil ; L'élite, des Français descendant au cercueil ; Les impurs échafauds servant de mausolées ; Les grâces , les vertus , etc. etc.

3o VARIANTES

Page i3, vers lo et suivans :

Au lieu de

A sa trace fumante on peut la reconnaître :

La calomnie esclave , etc. etc. ,

jusqu'à

Souillant la libertë , etc. etc.

il y avait :

La trace ensanglantée est facile à connaître :

La calomnie esclave et docile aux tyrans ,

Dès qu'ils eurent parlé , dëchaina ces torrens

Qui , du Var à la Meuse ëtendant leurs ravages,

Ont séché les lauriers croissant sur nos rivages.

Elle ouvrit les prisons , dressa des échafauds ,

Et sur le tribunal fit siéger les bourreaux.

Cest elle, tu le sais, qui, dans Athène ingrate.

Exilait Aristide , empoisonnait Socrate ;

Qui, dans Rome opprimée , ëgorgeait Cicéron ;

Ouvrait les flancs glaces du maître de Nëron ;

Qui livrait dans Paris aux fureurs populaires

Du sage Lamoignon les vertus séculaires.

Ainsi tombaient Thouret, Barnave, Chapelier,

L'ingénieux Bailly, le savant Lavoisier,

Vergniaux , dont la tribune a gardé la mémoire ;

Custine et Beauhamais, noms chers à la victoire.

Condorcet, dans les bois traînant ses pas errans,

Nous éclairait encor de ses rayons mounuas ;

Et des vainqueurs des rois les bourreaux despotiques,

Ambitieux, servis par des sots fanatiques.

Souillant la liberté, etc. etc.

Page 14, vers i5 et i6.

Au lieu de

Empoisonnez de fiel la coupe domestique ;

Étouffez les accens cie la fraDchise antique ; Courez dans tous les eœur» , etc. etc.

il y avait :

Portez au ciel Tartufe, et proscrivez Molière; Empoisonnez de fiel la coupe hospitalière ; Courez dans lous les cœurs , etc. etc.

Page i5, vers ii.

Après ces mots :

Des fleuves ooustem^ ils ont rougi les flots.

Chénier avait ajouté dans la première édition :

D*un peuple trop crédule adulateurs impies, De l'État épuise dévorantes harpies , Gorgés de sang et d*or, ces tyrans du sénat Aux juges meurtriers dictaient l'assassinat.

J'ai vu ftitr, efic; etc.

Page iS, v^s 24 ^t su^vans.

Au lieu de

Ceux que la France a vils ivres de tyrannie , Ceux-là même, dans Tombre armant la calomnie, Me reprochent le sort d'uti frère infortuné , Qu'avec la calomnie , etc. etc.

il y avait t

Lorsifue je lep ai vus ivres de tyrannie.

J'entendrais ces valets, rois par la calomnie. Me reprocher le sang d'un frèi-e infortuné.

Qu'avec la calomnie, etc. etc.

Page 16, vers 3 et suivans.

Au lieu de

En vain sèment le trouble entre son ombre et moi :

Scëlérats ! contre vous elle invoque la loi.

Hélas! pour arracher la victime aux supplices.

De mes pleurs chaque jour fatiguant vos complices.

J'ai courbé devant eux mon front humilié;

Mais ils vous ressemblaient : etc. , etc.

il y avait :

N*ont point semé la guerre entre son ombre et moi : Le crime fut pour eux ; c'est pour eux qu'est l'efiroi. Brigands» qui conduisiez la victime aux supplices, Mon cœur cherchait en vain le cœur de vos complices; Je priais, FcBil en pleurs, le front humilié; Mais ils "VOUS ressemblaient : etc. etc.

Page 17, vers 2.

£t ton jeune laurier grandira sous m'es pleurs.

Quand 1 epitre sur la Calomnie fîit impiamée pour la première fois, il paraît qat Chénier n'avait pas encore composé le beau morceau qui suit etf tpii commence ainsi :

Ah! laissons là nos jours mêlés de noirs: orages, etc.

On passait de suite aux yers ci - après y^p^ge 19 , vers 4 et suivans :

O poètes de l'homme, et mes brillans modèles , etc.

Mais ces vers étaient différemment conçus dans la première édition ; les voici :

Pour moi , de faux crayons noirci par l'imposture» Contre mes ennemis soulevant la nature, Unissant à ma voix les accens fraternels.

J'attacherai l'opprobre à des fronts criminels; Et y si dans les transports d'un délire, etc. etc.

Page 20, vers 2 et suivans.

Au lieu de

Ce n*estpas que, jamais infidèle au itiërite, ' Ma muse ait trafique d*un suffrage hypocrite , Etc. etc.

jusqua :

Cet opprobre banal qu'ils mment leur estime.

il y avait :

Ce n'est pas que jamais, hypocrite et docile,

Ma muse ait trafique d'un suffrage facile;

Et d'assez plats auteurs prostituant leurs voix ,

De très plats écrivains ont prodigué sans choix

Cet opprobre ëternel, etc. etc.

Page 20 , vers 1 1 et suivans.

Au lieu de

Pour l'éloge et le blâme également j'hésite.

Ils veulent l'un et l'autre un esprit délicat : Tout louer est d'un sot, tout blâmer est d'un fat.

il y avait :

A louer, à blâmer, également j'hésite :

La critique demande un esprit délicat:

Tout louer est d'un sot, tout blâmer est d'un fat.

Page 20, vers i4 et suivans.

Au lieu de

En estimant Daunou, Lanjuinais, Révélière, Je méprise un Dumont , etc. etc.

il y avait :

Un Rovère, un Dumont, geôliers sous Robespierre, Ne sont point à mes yeux Daunou ni Révélière :

CEnvres anciennes. III. ^

Louvet , b)*avant l'exil , les fers et le trëpas,

Accusa les tyrans , et ne les servit pas.

Si dans sa feuille impure un \il Suard les brave,

Sous rfiabit d'affranchi je reconnais l'esclave :

La Bacchante, affectant une fausse pudeur.

Imite mal d'Hëbë la grâce et la candeur.

Malgré le fard usé d'un pënible artifice ,

J'entrevois aisément les grimaces du vice :

Il se déguise en vaîn soùs des traita ingénus' ;

C'est Mëduse empruntant le masque de Vénus.

Mais tout mërite illustre a conquis mon hommage"^;

£t, si de riflospital j'osai tracer l'image;

Si le doux Fénélon , paré dé quelques fleurs ,

Sur la scène attendrie a fait couler des pleurs ;

Si j'ai vengé Galas et célébré Voltaire,

Je n'ai pas prétendu, malignement austère.

Envieux avec art, dans mes dégoûts sa vans j.

De la gloire des morts accabler les vivans.

Desfontaines lançait des flèches incertaines ^

Piron d'un trait plus sûr a frappé Desfontaines :

Le juge est condamné par la postérité :

Le tems d'un pas tardif conduit la vérité.

Ma voix, pour décerner, etc. etc.

Page 2 1 , vers 23 et suiyans.

Au lieu de

J'aime à voir Andriéiix, avoué par l'halle.

Des htimains, en riant, etc. etc.

il y avait :

J'aime à voir 4« Golin.la déoente Thalie Des humains, en riant> etc. etCi

Page 22 , vers 6 et suivans.

Au lieu de

Si La Htr{>c autrefois^ blessant la vérité.

Voulut noircir mes jours d*un fiel non mëritc^, Etc. elc.

il y avait :

Si même il fot un tems où La Harpe, irrité, Voulut noircir mes jours d'un fiel non mérité ; Oubliant sa brochure et non pas Mêlante , Quand les Goths mena^ient Fauteur de Tirginie , N'ai-je pas témoigné tout mon m^ris pour eux, £t le respect qu'on doit aux talens malheureux ? Des beaux arts opprimés relevant Finfortune, Th\ de ces noms fameux embelli la tribune :

Talleyrand, méconnu, etc. etc.

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