‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordre (volume 3)Chapitre 82 sur 147 · SUR ERMENONVILLE · texte numérisé non relu

SUR ERMENONVILLE

LioiN des murs bruyans de la ville.

Je vais, sous l'ombrage des bois, Révérer dans Ermenonville I^s mânes du grand Genevois.

Celui qui fit parler Julie, De la vérité seule épris.

D'une douce mélancolie Echauffa ses divins écrits.

Jeune encor, de son éloquence 3 'ai su goûter l'austérité; Presqu'au sortir de mon enfance J'ai contemplé la vérité.

J'ai vu l'homme ennemi perfide , Habile et prompt à se venger,

ODE SUR ERMENONVILLE. 3oi

Ami léger, faux ou timide, Amant volage ou mensonger.

Son sort est de porter envie A ceux dont il est envié ; Persécuté pendant sa vie, De mourir, et d'être oublié.

Le présent fuit avec vitesse ; Le présent échappe à son cœur; Et, né pour désirer sans cesse.

Il n'est point né pour le bonheur.

Il en goûte au moins l'apparence Dans le passé, dans l'avenir :

Si la jeunesse a l'espérance, La vieillesse a le souvenir.

SUR

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