COURTISANS, GARDES, PAGES
CATHERINE
jrTéprouvez point , mon fils, d'efiroi pusillanime: Vous voyez devant vous les ennemis du crime; Oubliez auprès d'eux les discours d'un pervers.
De l'État déchiré finir les longs revers,
Me servir, me défendre, est sa seule espérance.
CATHERINE
Ou son prétexte au moins.
Il semble aimer la France; Il a ce ton brûlant, ce ton de vérité Qui par les imposteurs n'est jamais imité;
a» CHARLES IX.
Et, cependant, j'éprouve un pouvoir invincible Qui rend à ses discours mon cœur inaccessible) ' Je sens que près de lui ce cœur intimidé Est convaincu souvent, mais non persuadé. L'habitude fait tout : je le hais dès l'enfance; Son zèle m'est suspect; il me pèse, il m'offense; Soit que la vmté, pour éclairer les rois^ D'un ami qui leur plait doive emprunter la voix } Soit que de vos conseils l'autorité m'entraîne; Soit plutôt que du Ciel la bonté souveraine, Au moment du péril me daignant avertir, D'un perfide ennemi cherche à me garantir^
« Oui , c'est la voix du Ciel ; c'est la voix de la Gloire :
Si vous voulez régner, c'est à vous de les croire.
Du coup qu'on va frapper au milieu de la nuit
Tos regards, dès demain, recueilleront le fruit;
Et vous verrez ce peuple, inquiet, indocile,
Se réveiller soumis, respectueux, tranquille;
Rentrer par la frayeur sous les lois du devoir.
Et d'un roi qui se venge adorer le pouvoir.
Mais les momens sont chers : le jour fuit , le tems presse.
Amis, nous n'exigeons ni serment ni. promesse :
Votre haine suffit
LORRAIITE.
Dieu parle : c'est assez. onisE.
' Désignez les proscrits.