ACTE IV, SCÈNE IV. a
C^est des troubles civils la suite accoutumée : Des Français à la France opposaient une armée. Ces fautes sont du sort , je les veux excuser ; C'est le malheur des tems qu^il faut en accuser. Quand je ne me plains pas , nul n'a droit de se plaindre.
GOLIGIVI.
Envers nos oppresseurs cessez de vous contraindrCé Sire, à vos courtisans puis-je opposer mon Roi?
Vous le pouvez , sans doute ; et j'en donne ma foi.
GOLIGNI.
Eh bien ! je foule aux pieds leurs trames criminelles.
GUJSE.
Nous verrons donc finir ces craintes étemelles !
COLICNI.
Je puis craindre à la cour, mais non pas aux combats ; J'étais déjà fameux quand vous n'existiez pas.
GUISE
liC soupjçon ne convient qu'à des âmes timides.
COLIGNI
Il faut bien malgré soi soupçonner des perfides.
GUISE
Quant à moi, je ne vois qu'un traître dans ces lieux.
COLIGNI
Il en est deux pourtant qui s*ofFrent à mes yeux : Ce coup n'a point rempli leur cruelle espérance.
GUISE
Celui qui l'a porté voulut venger la France. «
!i54 CHARLES IX.
Guise !
COIilGNI.
Ah ! du meurtrier l'on a conduit la main.
GUISE
Qui?
COLIGNÏ.
Vous pourriez le dire.
GUISE
Expliquez-vous enfin.
COLIGNI
Vous.
GUISE
Ce fer à l'instant...
Cruel! qu'osez -vous faire?
GOLIGNI.
Je t'attends.
GUISE
Coligni, je vengerai mon père.
Calmez- vous, Amiral; vous, Guise, respectez Un vieillard, ma présence, et la foi des traités.
COLIGNI
Vous ne punirez pas cet excès d'insolence ?
CATHERINE
Demain l'ambitieux gardera le silence :
Vous n'aurez point formé de souhaits superflus,
Et de vos ennemis vous ne vous plaindrez plus.