‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordreChapitre 196 sur 233 · ACTE V, SCÈNE II. SSy · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II. SSy

Tomber de cet État la gloire ou Tespérance: Malgré ses cheTeux blancs , le vieillard immolé; Sous un gros d'assassins le jeune homme accablé, Qui de son corps mourant protège encor son père ; L'en&nt même égorgé sur le sein de sa mère; Les uns percés de coups au moment du réveil, Les autres, plus heureux, frappés dans leur sommeil; Les époux expirans dans les bras de leurs femmes; Auprès de leurs enfans, ceux-ci livrés aux flammes; De leurs toits embrasés ceux-là précipités ; D'autres, en se sauvant, par le glaive arrêtés; D'autres foyant la mort dans les flots de la Seine , Et retrouvant la mort sur la rive prochaine ; Les cadavres fumans, les membres dispersés. Partout dans les chemins, dans le fleuve entassés.

LE ROI DE NAVARRE

Effroyable attentat ! cour infâme et cruelle !

Quoi ! leurs mains... Que fais-tu , Providence éternelle ?

Quoi ! de tous mes amis ils ont percé le sein !

LE CHANCELIER

Oui, vos amis ont tous achevé leur destin.

Ce vieillard qui jadis éleva votre enfance

A du fer catholique éprouvé la vengeance.

On veut les convertir en les assassinant.

A de nouveaux traités recourons maintenant !

O deuil ! ô souvenir de notre antique gloire !

Oh ! d une affreuse nuit périsse la mémoire 1

Nos fils, (et que le Ciel, trop long-tems en courroux,

Daigne les rendre, hélas! moins barbares que nous!)

Nos fils détesteront des trames infernales,

Liront en pâlissant nos sanglantes annales,

Avec un long effroi contempleront ces lieux,

Et maudiront les jour6 où vivaient leurs aïeux. Je ftiis ce roi crédule et ces lâches ministres ; Je vab chercher la paix leîn dé ces bords Cuistres. * Ces délnris malheureux ^ sans asyle, sans roi, Qu'ils viennent) j y consens 9 se ranger près de moi : J aurai toujours pour ^ox l'intérêt le plu^ tendre , Un toit à leur offtûr, et i»on sang à Flandre. Gomme on nouâ a trompés! Sire^ je suis vaincu; . Mais cettd cour approcha : adieu, ),ai trop vécu. Puisse encore ^ et voilà ma dernière espéraoce , Puisse un roi tel que vou$, éprouvé dès len&nce, Mûri dana les tiavaux.et)dans ladvteraité, . Purifier un jour ce^u^one ensanglanté I

. . . , . (Usort.)

h.l^ HQI PJB NAVAHRE.

De la cour d'un tyran la probité s'exilç; Et du crime honoré la vertu fuit l'asyle!

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