‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordreChapitre 212 sur 233 · LA SUIVANTE · texte numérisé non relu

LA SUIVANTE

Non, Madame: vous savez qu'il n'arrive plus de si bonne heure.

LA BARONNE

Ce journal a un incroyable succès.

LA VICOMTESSE

I] est devenu un besoin d'habitude.

LA VIDAME

Voyez, mademoiselle Julie, s'il ne serait pas chez le Suisse. C'est un bel-esprit que mon suisse! Ne s'avise-1- il pas quelquefois d'assembler mes gens dans sa loge pour leur (aire la lecture du journal, au lieu de me l'apporter ?

4i2 LA CRITIQUE DE OIJARLES IX.

LA BARONNE

dette curiosité tient aux circonstances. Aujourd'hui tout le monde veut lire; et la manie du raisonnement a pénétré jusque dans les antichambres.

LA VIDAME

Le Journal de Paris est peu dangereux : il n'est pas sorti de sa prudente réserve; et, d'ailleurs, il paraît fidèle aux bons principes. Ce qui m'en plaît , c'est qu'il n'a jamais pris de ton avec le public, et que, si je l'ose dire, il se tient à une respectueuse distance de ses lecteurs.

LA VICOMTESSE

On aime à voir des gens qui aient le bon esprit de se tenîl' à leur place.

LA BARONNE

Je suis fâchée seulement que ces messieurs s'accoutument depuis quelque tems à négliger un peu trop les objets d'utilité : leur article des fourrages, par exemple, qui était un des élémens primitifs de leur institution. J'aimerais mieux qu'ils y revinssent que de s'étendre inhumainement, comme ils le font, sur les décrets de l'Assemblée nationale.

LA VIDAME

Eh! ne voyez-vous pas que c'est un service qu'ils rendent à la bonne cause, et qu'ils n'en parlent avec cette prolixité que pour en dégoûter le public ? Ils sont plus fins que vous ne le pensez , Madame.

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