SCÈNE IV
LES PRÉc^DENs, L'ABBÉ, DORIMON.
LA VIDAME
C'est VOUS, mon cher Abbé? Mais qu'êtes -vous donc devenu? Si l'on n'avait pas la consolation de vous lire, on ne vous pardonnerait pas d'être si négligent. Bonjour, monsieur Dorimon. Je ne vous fais pas de querelle à vous: j'aurais cependant de grands reproches à vous faire.
UORIMON.
La Marquise m'a rassuré, Madame, et m'a dit qu'elle solliciterait pour moi votre indulgence.
l'abbé.
Vous savez, Madame, le pénible emploi dont je suis chargé.
LA VIDAME
Oui : je serais même tenté de vous plaindre, si vous vous en acquittiez avec moins d'honneur. Mais je brûlais de causer avec vous : dites - moi bien vite , bien vite, mon cher Abbé, si vous avez vu la tragédie de
Chcirles IX,
l'abbe.
Hélas! Madame, vous savez que je suis condamné à tout voir; mais heureusement je me dispense d'ad^ mirer : Nil odmirarL C'était la devise d'Horace , et c'est la mienne.
BORIMOJV.
J'entends : monsieur l'Abbé a placé sur lui-même toute son admiration, à fonds perdu.
LA VIDAME
Un peu d'orgueil ne messied pas à un homme de mérite. Celui de l'Abbé serait d'ailleurs très -excusable par tous les honneurs qu'on s'est empressé de rendre à ses talens. Vous avez pu voir, au Salon, le buste de marbre qui lui a été consacré par un de nos plu^ habiles artistes.