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ACTE I, SCÈNE III

De ce peuple irrité n'attendez que la haine. Croyez-vous qu'à ce point il se laisse outrager? Sans frémir, toutefois , vous y pouvez songer, Et laissez de vos feux parler la violence, Quand l'Asie en courroux les condamne au silence !

AZÉMIEE.

Turenne est tout pour moi, je n'ai point de terreur;

Turenne est mon amant, il sera mon vengeur:

Sa main repoussera la main qui nous opprime.

Soliman, les chrétiens pourront y voir un crime;

Mais bientôt mes sujets sauront chérir la loi

D'un Français , d'un héros digne d'eux et de moi ;

Et , loin qu'à leur caprice une reine asservie

Aux jours qui lui sont chers ne puisse unir sa vie ,

Je me flatte, ou je vois approcher les instans

De former ces beaux nœuds reculés trop long-tems.

Gediscoursvoussurprend.yous,quemoncœursaitplaindre,,

Que j'admire, Seigneur, iiiais que je ne puis craindre,

Vos yeux ne verront point un hymen odieux :

Fuyez loin d'une ingrate, abandonnez ces lieux, ,

Abjurez , étouffez une inutile flamme ;

Vous le voulez : partez.

SOLIMAir. '

Je resterai. Madame.

Vous avez tout prévu: soyez unis tous deux. Qu'il règne , ce Français ; et qu'au gré de vos vœux L'encens brûle pour lui dans la sainte mosquée ; £t puisse des chrétiens la haine provoquée,

Respectait comme moi de si nobles amours, De vos félicités ne point troubler le cours ! Pour vos sujets, du moins vous en êtes chérie; £t, quand il s'agira de calmer leur furie, On peut bien à vos yeux en réserver le soin. Mais d'un si grand hymen je veux être témoin.

(nsort.)

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