AZÉMIRE, SOLIMAN, NARSÈS
SOLIMAN
A cet événement je n'osais point m'attendre. Quoi ! vous y consentez ?
AZEMIRE, à part.
Turenne va l'entendre; Mais je connais son coeur.
SOLIMAN
Ah ! vous devez songer Que de vos fers, Madame, on vient le dégager. Croyez-vous sur son cœur avoir tant de puissance Que rien ne puisse au moins suspendre la balance; Entraîné loin de vous, qu'il demeure; et qu'enfin La voix de son pays le redemande en vain ?
OEuyres anciennes. T. 7
98 AZÉMIRE
AZÉlfttin£.
Oui y je le crois, sans doute ; oui, telle est mon attente ; Oui, loin de ses regards je lui serai présente. A ses feux, malgré vous, je dois me confier; Je le dois, je le veux. SHï osait m'oublier. S'il devenait ingrat (sans doUte il ne peut l'être). Plaignez mon infortune, et sachez mé connaître; Gardez-vous d'un espoir prêt à se ranimer: Vous me verriez mourir, mais non pas vous aimer. Adieu, Seigneur.