D'AMBOISE, TURENNE
TUR£NN£
Jour heureux! c'est le Ciel qui t'amène. D'Amboise , est-ce bien toi? toi, l'ami de Turenne? Viens dans mes bras.
d'amboise.
Arrête. Avant de m'y presser, Dis-moi quel est celui que je dois embrasser.
TURENWB.
Tu peux...
d'amboise.
Envers son Dieu Turenne est-il perfide?
Tu rougis.
TURENNE
Cet accueil m'afflige et m'intimide.
(A part.)
Saurait-il...
d'amboise.
Un transfuge au camp s'est présenté.
TURENNE
Un transfuge? Il a dit...
d'amboise.
Il a tout raconté.
I02 âzemire.
/ TURBJTNE.
Ciel! quentcnds-je?
d'amboise.
II prétend que, chéri d'une reine, Sensible à son amour*—
TURENNE
Il a dit vrai.
b'amboise.
Turenne !
TÛltEirNE.
Ah!
d'amboise.
Tu n'oublîras point ton Dieu ni ton pays :
Bouillon l'espère encore ; et moi , je l'ai promis.
L'attente des chrétiens ne sera point frivole :
Je l'ai promis , te dis-je , et je tiendrai parole.
Tu sais, je sais aussi tout ce que je te doi;
Je t'aime , et je n'ai point oublié que sans toi
Sous des glaives nombreux ma valeur terrassée
Aurait trouvé la mort dans les champs de Nicée.
C'est mon tour aujourd'hui d'être le bienfaiteur :
Tu nl'as sauvé le jour; je te rendrai l'honneur.
TURENITE.
D'Amboise, il faut parler: ton amitié m'est chère; Mais aux vœux des chrétiens je ne puis satisfaire.
d'amboise.
Tu le crois.
TUBENNE.
Un ami n'a rien à te cacher;