SCÈNE IV
TURENNE, ÂZÉMIRE, ISMÉNE.
AZÉMIRE
Enfin donc, quelque jour nous pourrons sans alarmes , D'un amour mutuel respirer tous Iqs charmes, Turenne; et ce chrétien que vous venez de voir De vous rendre à Bouillon n'a plus aucun espoir! .
TORENNE.
(A part.) (HmiC.)
Quel supplice!... Azémire!...
AZÉMIRE
Eh bien I
TURENNE
(A part.) Quoi ! je balance.
(Hant.) (A part.)
Sachez... Non, cet effort n'est pas en ma puissance.
AZÉMIRB.
Vous détournez les yeux, vou» pleurez; et je voi Qu il vous en a coûté pour être tout à moi. Comme si les destins, à mes feux plus propices,, . M'imposaient aujourd'hui de moindres sacfjlfices! Ah! mes sujets, Turenne, eh! puis-je m'abuser? Si Bouillon vous accuse, ont droit de m'accuser..
1Ï2 AZÉMIRE
S'il Jfiiut. de mes traités rendre compte à l'Asie^ Je dois le confesser; i:ien ne les justifie; Mais enfin je vous aime... et ▼ousim'aimez.
TURENNE
. , Hélas l
Vous voyez... apprenez... vous ne concevez pas...
AZiMIRE.
Ciel ! que dois-je augurer? quel trouble!
TURENNE
' Non, Madame, On ne brûla jamais d'une aussi teiidre flamme.
AZEMIRE.
Eh bien! s*il est ainsi, qui peut donc vous troubler?
TUREWWE.
(A part.)
O Dieu! comment se taire, et comment lui parler ?
(Hant.)
Ce chrétien... Nos deux cœurs sont unis dès Tenfance; Son amitié. Madame...; excusez mon silence: De tout ce qu'il m'a dit mes sens encor émus...
AZiMIRE.
Turenne, apprenez-moi...
TURENNE
Ne m'interrogez plus.
Je ne puis vous parler, hélas! ni vous entendre; Et j'ai loin de vos yeux des larmes à répandre.