ACTE V, SCÈNE II
TUREWNE.
Ah! cruel, que dis-tu?
Si le fer «arrasin ne me Ta point ravie , D'Amboise, tu la hais: c'en est fait, prends ma vie; C'en est foit, jeune encor, j'ai déjà trop vécu; Et cet indigne outragCé..
d'amboise.
Il pleure : j'ai vaincu, Ya , laisse-les couler ces larmes du courage , Du réveil d'un héros éclatant témoignage. Non, tu n'es point un lâche; et, si jamais ton front Eût supporté la honte et rou^i d'un affront, Si ta valeur cent fois ne s'était signalée. Je ne te viendrais pas chercher dans Héraçlée; Je n'aurais rien promis. Pardonne si ma voix. D'un odieux reproche outrageant tes exploits, A su bientôt fixer tes vertus incertaines , Rallumer ce beau feu qui coule dans tes veines. Et si le cœur enfin d'un brave chevalier. Guéri par une insulte, a brillé tout entier.
TUREWNE.
Ote-moi mon amour. Du moins, s'il faut te suivre. En ne me voyant plus, fais qu'elle puisse vivre. D'un regard de courroux si Dieu voit mes combats.... Non, Turenne, ô mon Dieu! ne se révolte pas. Ah ! qu'au fopd de mou cœur ta voix daigne descendre : Prends pitié de ce cœur que tu formas si tendre, De mille passions jouet infortuné,
i34 AZÉMIRE.
Boseau faible et fragile, aux vents abandonaé.
Surtout que tes bontés ne s'écartent point d'elle:
Si mes yeux. Dieu clément, sont pour une infidèle,. '.
Ignorer ta loi sainte, est<^ce un crime odieux 7
Un for&it qui la rende étrangère à tes yeux?
Elle vient. Je la vois. Où fuir? O Ciel !
^)emeure.
TURENNE
D'Amboise,en la quittant, tu veux donc que je meure?
Quel mo^)ent!
d'amboise.
Prends courage , et me laisse parler.