DE LA PROPHÉTIE
La prophétie on révélation est la connaissance certaine d'une chose, révélée aux hommes par Dieu. Le prophète, c'est celui qui interprète les choses révélées à qui n'en pouvant avoir une connaissance certaine n'est capable de les embrasser que par la foi. Chez les Hébreux, en effet, prophète se dit nabi\ c'est-à-dire orateur, interprète; dans l'Écriture il désigne exclusivement l'interprète de Dieu, comme on petit le voir dans Y Exode (chap. vu, vers. 1), où Dieu dit à Moïse: Et voici que je te constitue Dieu de Pharaon, et Akaron ton frère sera ton prophète. Comme s'il disait : Puisque Aharon, en interprétant à Pharaon les paroles que tu prononceras, remplira le rôle de prophète, tu seras donc en quelque façon le Dieu de Pharaon, c'est-à-dire celui qui remplira à son égard le rôle de Dieu.
Nous traiterons des prophètes dans le chapitre suivant, il ne s'agît ici que de la prophétie, et déjà on doit conclure, de la définition qui vient d'être donnée, que la connaissance naturelle peut être aussi appelée prophétie,
1. Voyez i U fi» da Traité b pressière des Noies maroymaU* de Spinoza qse naos avons traMfesar le teste de IWéopfc. de Mtrr, est fessât eosspte des *arànles de Ytttmfjkmt de Kstajgsberç dansées par borow. (De Voit, Adwttoi. ad Tract., p. t. — WVbem Donm, Spmoza's Bamdglouen, v- 10 vyv-i
Une observation essentielle qu'il faut faire d'abord, c'est que les Juifs ne font jamais mention des causes moyennes ou particulières. Par religion, par piété, ou, comme on dit, par dévotion, ils recourent toujours à Dieu. Le gain qu'ils font dans leur commerce est un présent de Dieu; s'ils éprouvent un désir, c'est Dieu qui y dispose leur cœur; s'ils conçoivent une idée, c'est Dieu qui leur a parlé. Par conséquent, il ne faut point croire qu'il y ait prophétie ou connaissance surnaturelle toutes les fois que l'Ecriture dit que Dieu a parlé ; il faut que le fait de la révélation divine y soit marqué expressément, ou qu'il résulte des circonstances du récit.
H suffit de parcourir les livres sacrés pour reconnaître que toutes les révélations de Dieu aux prophètes se sont accomplies ou par paroles ou par figures, ou par ces deux moyens à la fois ; et ces moyens étaient, ou réels et placés hors de l'imagination du prophète, qui voyait les figures ou entendait les paroles , ou bien imaginaires, l'imagination du prophète étant disposée de telle sorte qu'il lui semblât entendre des paroles articulées ou voir des signes.
La voix dont Dieu se servit pour révéler à Moïse les lois qu'il voulait donner aux Hébreux était une voix véritable ; cela résulte des paroles de Y Exode (chap. xxv, vers. 22): Et tu me trouveras là, et je te parlerai de l'endroit qui est entre les deux chérubins. Ce qui prouve bien que Dieu parlait à Moïse d'une voix véritable ; puisque Moïse1 trouvait Dieu prêt à lui parler, partout où il voulait l'entendre. Du reste, je prouverai tout à l'heure que cette voix, par qui la loi fut révélée, est la seule qui ait été une voix réelle.
Je serais porté à croire que la voix dont Dieu se servi! pour appeler Samuel était véritable, par ces paroles (chap. in, dernier verset) : Dieu apparut encore à Samuel en S kilo, s' étant manifesté à Samuel en Shilo par sa parole.
i. Yoje* ht Note* de Spinozat note 3 •
Ce qui semble dire que l'apparition de Dieu à Samuel ne fut autre chose que la manifestation de Dieu par la parole, en d'autres termes, que Samuel entendit Dieu qui lui parlait. Mais comme il faut de toute nécessité mettre une différence entçe la prophétie de Moïse et celle des autres prophètes, il faut nécessairement aussi admettre que la voix qu'entendit Samuel était une voix imaginaire, surtout si l'on considère qu'elle ressemblait à la voix d'Héli que Samuel entendait tous les jours, et qui était par conséquent plus propre à frapper son imagination ; car Dieu l'ayant appelé par trois fois, il crut toujours que c'était Héli. Abimelech entendit aussi une voix, mais qui n'était qu'imaginaire , selon ce qui est marqué dans la Genèse (chap. xx, vers. 6) : Et Dieu lui dit en songe, etc. Ce ne fut donc pas pendant la veille qu'il put se représenter la volonté de Dieu, mais pendant le sommeil; c'est-à-dire à ce moment où notre imagination est plus disposée que jamais à se représenter comme réel ce qui ne l'est point.
Quant aux paroles du Décalogue, c'est le sentiment de quelques juifs que Dieu ne les prononça pas effectivement, mais que ce fut pendant un bruit confus où aucune parole n'était articulée que les Israélites conçurent ces lois par la seule force de leur esprit. A voir la différence du Décalogue de Y Exode et de celui du Deutéronome, Dieu n'ayant parlé qu'une fois, j'ai cru quelque temps avec eux que Je Décalogue ne contient pas les propres paroles de Dieu, mais seulement un ensemble de préceptes. Mais, à moins de violenter le sens de l'Écriture, il faut tomber d'accord que les Israélites entendirent une voix articulée et véritable; car il est dit expressément (Deutéron., chap. v, vers. 4) : Dieu vous a parlé face à face, etc.; comme deux hommes se communiquent leurs pensées par l'intermédiaire de leurs corps. H semble donc bien plus conforme au sens de l'Écriture de penser que Dieu créa une voix corporelle par l'entremise de laguelle il révéla le Décalogue. On fetaNUK.» ta,
reste, au ch«^. vin de ce Traité pourquoi .les paroles et les pensées de l'un de ces Décalogues et celles de l'autre diffèrent entre elles. Mais la difficulté ne disparaît pas tout entière ; car, enfin, il n'est pas médiocrement contraire à la raison de penser qu'une chose créée, et qui a avec Dieu le même rapport que toute :autre chose, puisse exprimer, ou en réalité ou par des paroles, l'essence ou l'existence de Dieu, et représenter JDieu en personne en disant: je suis Jéhovah ton Dieu, etc. Sans doute, quand la bouche de quelqu'un prononce ces paroles : J'ai compris, nul ne s'imagine que c'est la bouche de celui qui parle qui a compris, mais bien son âme. Maïs comme la bouche de celui qui parle est rapportée à sa nature, dont elle fait partie, et que la personne à qui -il s'adresse avait auparavant compris la nature de l'entendement, il lui est facile de comprendre la pensée de celui qui parle, en songeant que c'est unliomme comme lui. Mais je ne comprends pas que des hommes qui ne connaissaient absolument rien de Dieu que son nom, et désiraient lui parler afin d'être, certains de son existence, aient pu trouver la satisfaction de leur vœu dans une créature qui prononça ces mots : je suis Dien ; puisque cette créature n'avait pas ayec Dieu un plus intime rapport que toutes les autres, et ne représentait point sa nature. En vérité, je le demande, si Dieu avait disposé les lèvres de Moïse, que cBs-je de Moïse, d'un animal quelconque, de façon qu'il eût prononcé ces mots: je suis Dieu , cela aurait-il fait comprendre aux Israélites l'existence de Dieu ?
D'un autre côté, l'Écriture paraît bien affirmer .d'une manière expresse que Dieu lui-même parla aux Hébreux, ■- puisqu'il ne descendit du ciel sur le Sinaï que pour cela, et que non-seulement les Hébreux l'entendirent parler, mais les principaux de la nation purent le voir (Exode, chap. 24). Car il faut remarquer que la loi qui fut révélée à Moïse, cette loi h laquelle on ne pouvait rien ajouter, m rien ôter, et qui était comme le droit de la pétrie,
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n'enseigne en aucun endroit que Dieu soit incorporel, sans figure, et qu'on ne puisse le représenter par une image, mais seulement, qu'il y a un Dieu, qu'il faut 7 croire, et n'adorer que lui ; et c'est seulement pour que le culte de Dieu ne fût point abandonné que la loi défendit de s'en former et d'en façonner aucune image. Car les Juifs, n'ayant jamais vu d'image de Dieu, n'en pouvaient façonner aucune qui fût ressemblante ; elle aurait été nécessairement copiée sur quelque créature, et tandis qu'ils auraient adoré Dieu sous cette fausse image, leur pensée aurait été occupée de cette créature et non pas de Dieu, de sorte que c'est à elle qu'ils auraient rendu les hommages et le culte qui ne sont dus qu'à Dieu. Mais, en réalité, l'Écriture dit clairement que Dieu a une figure, puisqu'elle dit que Moïse, au moment où il entendait parler Dieu, regarda sa figure, et sans être assez heureux pour la voir, en aperçut toutefois les , parties postérieures. Je suis donc convaincu que ce récit cache quelque mystère, et je me réserve d'en parler pins bas avec étendue, quand j'exposerai les passages de l'Écriture qui marquent les moyens dont Dieu s'est servi pour révéler aux hommes ses décrets.
Que la révélation ne se soit faite que par des images, c'est ce qui est évident par le premier livre des Paralipomènes, chap. 22, où Dieu manifeste sa colère à David par un ange qui tient une épée à la main. H en arrive autant à Balaam. Et bien que Maimonides se soit imaginé avec quelques autres que cette histoire, et toutes! celles où il est parlé de l'apparition des anges, comme celle de Manoa, d'Abraham, qui croyaitimmoler son fils, etc., •sont des récits dé songes, parce «qu'il est impossible de voir un ange les yeux ouverts, icette explication n'est qu'un bavardage de gens qui veulent trouver bon gré mal gré dans l'Écriture les billevesées d'Aristote et leurs propres rêveries.; ce qui est bien, selou moi, la chose du monde la plus ridicule.
C'est par des images sans Jéalité et qui ne dèoea-
daient que de l'imagination du prophète, que Dieu révéla à Joseph sa future grandeur.
C'est par des images et par des paroles que Dieu révéla à Josué qu'il combattrait pour les Hébreux, en lui montrant un ange l'épée à la main, et comme à la tête de son armée : ce qu'il lui avait déjà fait connaître par des paroles que Josué avait entendues de la bouche de l'ange. Ce fut aussi par des figures qulsaïe connut (ainsi qu'on en trouve le récit au chap. vi) que la providence de Dieu abandonnait le peuple; savoir : en se représentant le Dieu trois fois saint sur un trône fort élevé, et les Israélites noyés à une grande profondeur dans un déluge d'iniquités, et souillés de la fange de leurs crimes. Voilà ce qui lui fit comprendre le misérable état où se trouvait alors le peuple, et ses calamités futures lui furent révélées de la sorte, comme si Dieu avait parlé. Je pourrais citer beaucoup d'exemples de cette nature, si je ne pensais qu'ils sont suffisamment connus de tout le monde.
Mais la confirmation la plus claire de ce que j'ai avancé se trouve dans un texte des Nombres (chap. xn, vers. 6, 7 et 8) qui porte : S'il est parmi vous quelque prophète de Dieu, je me révélerai à lui en vision (c'est-à-dire par des figures et des hiéroglyphes, puisqu'il est dit de la prophétie de Moïse que c'est une vision sans hiéroglyphes), je lui parlerai en songe (c'est-à-dire sans paroles réelles, sans voix véritable). Mais je n'agis point ainsi avec Moïse ; je lui parle bouche à bouche, et non par énigmes ; et il voit la face de Dieu. En d'autres termes, Moïse me voit et s'entretient avec moi sans épouvante, et comme avec un égal, ainsi qu'on peut voir dans Y Exode (chap, xxxiii, vers. 17). Il n'y a donc pas le moindre doute que les autres prophètes n'ont jamais entendu de véritable voix, ce qui est confirmé encore par le Deutéronome (chap. xxxiv, vers. 10): Jamais prophète ne s 'est rencontré (littéralement, levé) en Israël, que Dieu ait connu face à face, comme Moïse; ce gui doit s'entendre non de la face, mais seulement de
la voix, puisque Moïse lui-même ne vit jamais la face de Dieu (Exode, chap. xxxm).
Je ne vois point dans l'Écriture que Dieu se soit servi d'autres moyens que de ceux-là pour se communiquer aux hommes, et par conséquent il n'en faut imaginer ni admettre aucun autre. Et bien qu'il soit aisé de comprendre que Dieu se puisse communiquer immédiatement aux hommes, puisque sans aucun intermédiaire corporel il communique son essence à notre âme, il est vrai néanmoins qu'un homme, pour comprendre par la seule force de son âme des vérités qui ne sont point contenues dans les premiers principes de la connaissance humaine et n'en peuvent être déduites, devrait posséder une âme bien supérieure à la nôtre et bien plus excellente. Aussi je ne crois pas que personne ait jamais atteint ce degré éminent de perfection, hormis Jésus- Christ, à qui furent révélés immédiatement, sans paroles et sans visions, ces décrets de Dieu qui mènent l'homme au salut. Dieu se manifesta donc aux apôtres par l'âme de Jésus-Christ, comme il avait fait à Moïse par une voix aérienne ; et c'est pourquoi l'on peut dire que la voix du Christ, comme la voix qu'entendait Moïse, était la voix de Dieu. On peut dire aussi dans ce même sens que la sagesse de Dieu, j'entends une sagesse plus qu'humaine, s'est revêtue de notre nature dans la personne de Jésus-Christ, et que Jésus-Christ a été la voie du salut.
Je dois avertir ici que je ne prétends ni soutenir ni rejeter les sentiments de certaines Églises touchant Jésus- Christ ; car j'avoue franchement que je ne les comprends pas ' . Tout ce que j'ai soutenu jusqu'à ce moment, je l'ai tiré de l'Écriture elle-même; car je n'ai lu en aucun endroit que Dieu ait apparu à Jésus-Christ ou qu'il lui ait parl^, mais bien que Dieu s'est manifesté par
f. Spinoza t'exprime pi» otrrertement encore dans une lettre à Oldenburg : « Non minus absurde mihi loqui videntur quam si quis mihi diceret quod ctincu- J» natvram qnadrati inémit. » (Voyez Lettres de Spinoza. Lettre \>\
Jésus-Christ aax apôtres et qu'il est la voie du salut, et! enfin que Dieu ne donna pas ^ancienne loi immédiatement, mais par le ministère d'un ange, etc.. De sorte que si Moïse s'entretenait avee Dieu face à face, comme un homme avec son égal (c'est-à-dire par l'intermédiaire de deux corps), c'est dfàme à. âme que Jésus-Christ communiquait avec Dieu;
Je dis donc que personne, hormis Jésus-Christ, n'ai reçu des révélations divines que par le secours db l'imagination, c'est-à-dine par le moyen de paroles ou d'imarges, et qu'ainsi, pour prophétiser, il n'était: pas besoin» de posséder une àme plus parfaite que celle des autres hommes,, mais seulement une imagination, plus vive, ainsi que je le montrerai plus clairement encore dans le chapitre suivant. 11 s'agit maintenant d'examiner ce que les saintes lettres entendent, par ces mots : l'esprit de Dieu descendu dans les prophètes, les prophètes parleront selon l'esprit de Dieu; Pour cela, nous devons premièrement rechercher ce que signifie le mot hébreu ruagh, que le vulgaire interprète par le mot esprit.
Dans le sens naturel, le mot ruogh signifie, comme on sait, vent, et bien qu'il ait plusieurs autres significations, toutes se ramènent à celle-là; car il se prend pour signifier : 1° le souffle, comme dans le psaume cxxxi, vers. 17 : « Aussi il n'y a point d'esprit dans leur bouche; » 2° la respiration, comme dans Samuel (1, chap. xxx, vers. 42) : c Et l'esprit lui revint, » c'est-à-dire il respira; 3° le coupage et les forces, comme dans Josué (çhap. u, vers. 2) : t Et aucun homtnt ne conserva l'esprit; » de même dans ÉxécÂiel (chap. u, vers. 2); «Et l'esprit me revint (c'est-àdire la force), et me fit tenir ferme sur mes pieds; » 4» la vertu et l'aptitude, comme dans Job (chap. xxxii, vers. 9) :. « Et certes l esprit est dans tous les hommes, » c'est-à-dire il ne faut pas chercher exclusivement la science dans les vieillards, car je trouve qu'elle dépend de la vertu et de la capacité particulière de chaque homme; de même dans les Nombres (chap. xxvui, vers. 18) : « Cet homme en qui
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etP Pesprit; » 5° l'intention, de l'âme, comme dans les Homère* (chap* xiv,.vers. 3è) : a Parce qu'il a eu un autre esprit, n c'est-à-dire une antre pensée, une autre intention.. De même dans les Proverbe* (chap. i, vers. 23) : • Je mus dirai mon esprit, »■ c'est-à-dire mon intention. Jl se prend encore dans ce même sens pour signifier la ( volonté, le dessein. L'appétit, le mouvement de l'âme, comme dans Ézédiid (chap, i, vers. 12): « Ils allaient (à ih avaient C esprit (c'est-à-dire la volonté) d'aller, n De même dans haïe (chap: xxx,. vers* i) : a Et vos entreprises reviennent point de mon esprit. » Et plus haut (chap. xxix, vers. K)) : « Parce que Dieu a répandu sur eux Vesprit (c'est-à-dire le désir) de dormir. » Et dans les Juges (chap. toi, vers. 3) : a Et alors leur esprit (c'est-à-dire le mouvement de leur âme) fut adouci. » De même dans les Pwerbes (chap. xvi, vers. 32); « Celui qui dompte son esprit (c'est-à-dire son appétit) vaut mieux que celui qui prend une ville. » Et plus haut (chap. xxv, vers. 27): « Homme qui ne réprime point son esprit. » Et dans Jsate (chap. xxxiu, vers. 14): « Votre esprit est un feu qui vous consume. » Enfin, ce mot ruagh, en tant qu'il signifie l'âme, sert à exprimer toutes les passions de l'âme et aussi tontes ses qualités, comme : esprit haut pour signifier l'orgueil, esprit bas pour l'humilité, esprit mauvais pour la haine et la mélancolie, esprit bon pour la douceur. On dît encore : un esprit de jalousie, un esprit (c'est-àdire un appétit) de fornication, un esprit de sagesse, de conseil, de foire, c'est-à-dire un esprit sage, prudent, fort (car nous nous servons en hébreu de substantifs plutôt 91e d'adjeetife), une vertu de sagesse, de conseil, de force. On dit encore : un esprit de bienveillance. 6# Ce mot ngwMÎA encore l'àme, comme dans YEcclésiaste (111, vos. 4»): « L'esprit (c'est-à-dire l'âme) est le même en toms les hommes, et Vesprit retourne à Dieu;» !• enfin, les \ du monde (à cause des vents qni soufflent de côtés), et aussi les parties d'une chose quelconcp» à ces, différentes régions* (Voy- &***L
chap. xxxvii, vers. 9; chap. xlii, vers. 16, 17, 18, 19, etc.) Remarquons maintenant qu'une chose se rapporte à Dieu et est dite chose de Dieu : 1° quand elle appartient à la nature de Dieu et en est comme une partie, comme la puissance de Dieu, les yeux de Dieu ; — 2° quand elle est en la puissance de Dieu, et agit suivant ses volontés ; c'est ainsi que les cieux sont appelés les deux de Dieu, parce qu'ils sont le char et la demeure de Dieu ; dans le même sens, l'Assyrie est appelée fléau de Dieu, et Nabuchodonosor le serviteur de Dieu, etc.; — 3° quand elle est consacrée à Dieu, comme le temple de Dieu, le Nazaréen de Dieu, le pain de Dieu, etc.; — 4° quand elle nous est révélée par les prophètes, et non par la lumière naturelle ; c'est ainsi que la loi de Moïse est appelée loi de Dieu; — 5° quand on veut exprimer d'une chose le plus haut degré d'excellence, comme les montagnes de Dieu, c'est-à-dire de très-hautes montagnes ; un sommeil de Dieu, c'est-à-dire très-profond ; et c'est dans ce sens qu'il faut eutendre Amos (chap. iv, vers. 11), quand il met dans la bouche de Dieu ce langage : « Je vous ai détruits, comme la destruction de Dieu (a détruit) Sodome et Gomorrhe; » destruction de Dieu marque ici une mémorable destruction ; car puisque c'est Dieu qui parle, cela ne peut s'entendre autrement. La science naturelle de Salomon est aussi appelée science de Dieu , c'est-à-dire science divine, science extraordinaire. Les Psaumes parlent aussi des cèdres de Dieu pour en exprimer la prodigieuse hauteur. Dans Samuel (chap. xi, vers. 7), pour signifier Une crainte extrême, il est dit : « Et une crainte de Dieu tomba sur le peuple. » C'est ainsi que les Juifs rapportaient à Dieu tout ce qui passait leur portée, tout ce dont ils. ignoraient alors les causes naturelles. Ils appelaient la tempête un discours menaçant de Dieu; les tonnerres, les éclairs étaient les flèches de Dieu; car ils s'imaginaient que Dieu tient les vents enfermés dans des cavernes qu'ils appelaient les trésors de Dieu, ne différant en cela des païens qu'en ce point qu'au lieu d'Éole, c'est Dieu qui
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est le maître des vents. C'est encore pour cette raison que les miracles sont appelés ouvrages de Dieu, ce qui vent dire des choses très-merveilleuses, puisque toutes les choses naturelles sont des ouvrages de Dieu, et n'existent et nç se développent que par la seule puissance de Dieu. On doit donc prendre dans ce sens le Psalmiste quand il appelle les miracles d'Egypte des effets de la puissance de Dieu; ce qui veut dire que les Hébreux, qui ne s'attendaient à rien de semblable, ayant trouvé dans les plus extrêmes périls un moyen de salut, en furent frappés d'étonnement.
Ainsi donc, puisque ce sont les ouvrages extraordinaires de la nature que l'on appelle ouvrages de Dieu, et que les arbres d'une hauteur prodigieuse sont nommés arbres de Dieu, il ne faut point s'étonner que dans la Genèse les hommes d'une grande force, d'une grande stature soient appelés fils de Dieu, quoique impies du reste, ravisseurs et libertins. C'est donc une coutume antique, non-seulement des Juifs, mais aussi des païens, de rapporter à Dieu tout ce qui donne à un objet un caractère d'excellence et de supériorité. Aussi nous lisons qne Pharaon, dès qu'il eut entendu l'interprétation du songe qu'il avait fait, dit à Joseph que l'esprit des dieux était en lui. Nabuchodonosor en dit autant à Daniel. Rien de plus fréquent chez les Latins, qui disaient d'un ouvrage fait avec art : cela est fait de main divine ; ce qu'il faudrait traduire ainsi en hébreu (comme tous les hébraïsants le savent fort bien) : cela est fait de la main de Dieu.^
On voit donc qu'il est aisé de comprendre et d'interpréter les passages de l'Écriture où il est question de l'esprit de Dieu. Car Vesprit de Dieu, l'esprit deJehovah ne signifient en certains endroits rien autre chose quun ▼eut très-violent, très-sec, un vent funeste; ainsi dans Isaïe, chap. xl, vers. 7) : « Et un esprit deJehovah souffla •w lui, » c'est-à-dire un vent sec et funeste ; et dans la Gei**(chap. i, vers. 2): « Elle venta* Jheu{cjsyk^^ un vent très-violent) souffla sur les eaux. » — mçto. ^g^
.fie encore un grand courage. Ainsi le courage «de Gôdéon, celui de Samson sont appelés, dans les saintes lettres, esprit de Dieu, c'est-à-dire cœur intrépide et prêt à tout. C'est encore dans ce sens qu'une vertu ou une force extraordinaire, de quelque espèce qu'elle soit, est appelée esprit ou vertu de Dieu, comme dans l'Exode (chap. xxxi, vers. 3): a Et je le remplirai (Betzaléel) d'un esprit de Dieu, » c'est-à-dire, ainsi que l'Écriture -elle-, même l'explique, d'une intelligence et d'une adresse au-dessus du commun. De même, dans Isaïe (chap. xi, vers, 2) : a Et l'esprit de Dieu reposera sur lui, » c'est-àdire, suivant l'usage de l'Écriture et les explications que donne lsaïe lui-même un peu plus loin, un esprit de sagesse, de conseil, de force, etc. — De même, la mélancolie de Saùl est appelée mauvais esprit de Dieu, c'est-àdire une mélancolie très-profonde; car les serviteurs de Saùl, qui appelaient sa mélancolie une mélancolie de Dieu, furent justement ceux qui lui conseillèrent de faire venir un musicien qui le pût distraire en jouant de la lyre; ce qui prouve bien que par mélancolie de Dieu ils entendaient une mélancolie naturelle. — Enfin l'esprit de Dieu signifie l'âme ou l'intelligence de l'homme, comme dans Job (chap. xxxvii, vers. 3) : « Et l'esprit de Dieu était dans mes narines, » faisant allusion à ce qui est écrit dans la Genèse, savoir : que Dieu souffla aux narines de l'homme une àme vivante. Ainsi Ézéchiel, prophétisant aux morts, leur dit (chap. xxxvn, vers. 44):: «,jfe vous donnerai mon esprit, et vous vivrez, » c'est-à-dire je vous rendrai la vie. C'est dans ce sens qu'il faut entendre Job (chap. xxxiv, vers. 14) : « Quand il voudra .(Dieu), 41 retirera à soi son esprit et son souffle » (c'est-à-dire la *fe qu'il nous a donnée) ; et la Genèse (chap. vi, vers, d) : « Non esprit ne raisonnera plus (ou ne gouvernera plus) ternis r homme, parce qu'il l'est chair, » c'est-à-dire l'homme désormais ne se gouvernera plus que par les instincts de la chair, et non par les décisions de la raison que je lui isti donnée pour discerner le Lien du mal. De même, dans
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les Psaumes (ps. u, vers. 12, 13) : « Créez en moi un cœur pur, 6 Dieu, et renouvelez en moi un esprit droit (c'est-àdire une volonté Irïen réglée) ; ne me rejetez pas de votre présence, et ne matez pas l'esprit de votre sainteté. » On croyait alors que les péoliés avaient pour cause unique la chair, l'esprit ne conseillant jamais que le bien; c'est pour cela que le Psalmiste invoque le secours de Dieu contre les appétits de la chair, et prie ce Dieu saint de lui conserver seulement I!âme qu'il lui a donnée. On remarquera aussi que l'Écriture représentant d'ordinaire Dieu à l'image de l'homme, et lui attribuant une âme, un esprit, des passions, et en même temps un corps et un souffle, tout cela pour se proportionner à la grossièreté du vulgaire, Yesprit de Dieu est souvent pris dans les livres sacrés pour l'àrae de Dieu, pour son esprit, ses passions, sa force, le souffle de sa bouche. Ainsi nous lisons dans Isaïe (chap. XL, vers. 13) : « Qui a disposé l'esprit de Dieu?)) c'est-à-jiire son âme ; ce qui signifie : Qui a pu déterminer l'âme de Dieu, si ce n'est Dieu lui-même, à vouloir ce qu'il veut? et dans le chap. lxiii, vers. 10 : « Et ils ont accablé d'amertume et de tristesse l'esprit de sa sainteté. Voilà pourquoi esprit de Dieu se prend ordinairement pour loi de Moïse, laquelle en effet exprime la volonté de "Dieu. Ainsi on lit dans Isaïe (même chap., vers. 11): a Où est celui qui a mis au milieu d'eux l'esprit de la sainteté? » c'est-à-dire la loi de Moïse, comme cela résulte de tonte la suite du discours ; et dans Néhémias (chap. ix, vers. 20) : « Et vous leur avez donné votre bon esprit pour te rendre intelligents. » Le prophète parle ici du temps de la Loi, et fait allusion â ces paroles de Moïse dans le Deutéronome (chap. iv, vers. 6) : « Parce quelle est (la Loi) votre science, votre prudence, » etc. De même dans le psaume cxLin, wrs. il.: « Votre bon esprit me conduira dm un pays unïfr c'est-à-dire, votre volonté, qui nous a été révélée, nous conduira dans une voie droite. Esprit de Dieu signifie aussi, comme on l'a déjà dit, le souffle de Dieu, lefluel est attribué à Dieu dans le même sens gros-
sicr qui lai fait donner dans l'Écriture une âme, une intelligence, un corps, comme dans le psaume xxxm, vers. 6. Esprit de Dieu se prend ensuite pour la puissance, la force, la vertu de Dieu, comme dans Job (chap. xxxm, vers. 4) : « L'esprit de Dieu ma fait, » c'est-à- J dire sa vertu, sa puissance, ou, si vous aimez mieux, sa 1 volonté. Car le Psalmiste dit aussi, dans son langage! poétique, que les cieux ont été faits par Tordre de Dieu, ' et que toute l'armée des astres est l'ouvrage de son* esprit ou du souffle de sa bouche (c'est-à-dire de sa volonté, exprimée en quelque sorte par un souffle). De même, dans le psaume cxxxix, vers. 7, il est dit : « Oh irai-je (pour être) hors de ton esprit ? Ou fuirai-je (pour être) hors de ta présence? » c'est-à-dire, d'après la suite môme du discours où le Psalmiste développe cette pensée, où puis-je aller pour échapper à ta volonté et à ta présence? — Enfin, esprit de Dieu s'emploie dans les livres saints pour exprimer les affections de Dieu, sa bonté, sa miséricorde, comme dans Michée (chap. n, vers. 7): « L'esprit de Dieu (c'est-à-dire sa miséricorde) a-t-il diminué, et ces pensées cruelles sont-elles son ouvrage ? » De même, dans Zacharie (chap. 4, vers. 7): « Non par une armée, non par la force, mais par mon seul esprit, » c'est-àdire par la miséricorde de Dieu. C'est aussi dans ce sens que je crois qu'il faut entendre le même prophète (chap. vn, vers. 12) : « Et ils ont usé de ruse dans leur cœur pour ne pas obéir à la loi et aux ordres que Dieu leur a donnés dans son esprit (c'est-à-dire dans sa miséricorde) par la bouche des premiers prophètes. » J'entends aussi de la môme façon Haggée (chap. n, vers. 5) : « Et mon esprit (c'est-à-dire ma grâce) demeure parmi vous. Cessez de craindre. » Quant au passage d'Isaïe (chap. XLVm, . vers. 16): « Et maintenant le Seigneur Dieu et son esprit m'ont envoyé, » on peut entendre l'àme, la miséricorde de Dieu, ou sa volonté révélée par la loi ; car il dit : « Dès le commencement (c'est-à-dire dès que je suis venu vers vous pour vous annoncer la colère de Dieu et la sentence
qu'il a portée contre vous) je n'ai point parlé en termes obscurs; aussitôt qu'elle a été (prononcée), je suis venu (ainsi qu'il l'a témoigné an chap. vn) ; mais maintenant je suis un messager de joie, et la miséricorde de Dieu m'envoie vers vous pour célébrer votre délivrance, s On peut aussi entendre, je le répète, la volonté de Dieu révélée par la Loi, c'est-à-dire que le prophète est venu les avertir suivant l'ordre de la Loi, exprimé dans leLévitique, an chap. xn, vers. 17. H les avertit donc dans les mêmes conditions et de la même manière que faisait ordinairement Moïse. Et enfin il termine, comme Moïse, en leur prédisant leur délivrance. Toutefois la première explication me semble plus d'accord avec l'Écriture.
Pour en revenir enfin à notre objet, on voit par toute la discussion qui précède ce qu'il faut entendre par ces phrases de l'Écriture : L'Esprit de Dieu a été donné aux prophètes; Dieu a répandu son Esprit sur les hommes; les hommes sont remplis de l Esprit de Dieu, du Saint-Esprit. Elles ne signifient rien autre chose sinon que les prophètes se distinguaient par une vertu singulière et audessus du commun, qu'ils pratiquaient la vertu avec une constance supérieure, enfin qu'ils percevaient l'âme on la volonté ou les desseins de Dieu. Nous avons montré en effet que cet Esprit, en hébreu, signifie aussi bien l'âme elle-même que les desseins de l'âme ; et c'est pour cela que la Loi, qui exprime les desseins de Dieu, est appelée l'esprit ou l'âme de Dieu. L'imagination des prophètes , en tant que les décrets de Dieu se révélaient par elle, pouvait donc être appelée au même titre l'âme de Dieu ; et les prophètes , dans ce sens, avaient l'âme de Dieu. Mais quoique l'âme de Dieu et ses éternels desseins soient gravés aussi dans notre âme , et que nous percevions en ce sens l'âme de Dieu (pour parler comme l'Écriture), cependant, comme la connaissance naturelle est commune à tous les hommes, elle a moins de prix à leurs yeux, ainsi que nous l'avons déjà expliqué; surtout aux jeux des Hébreux, cp\sfc^«x*r
taient d'être au-dessus du reste des mortels, et méprisaient, en conséquence, les autres hommes et la science qui leur était commune avec eux. Enfin , les prophètes passaient pour avoir l'esprit de Dieu, parce que les hommes, dans l'ignorance des causes de la connaissance prophétique , avaient une grande admiration pour elle, et, la rapportant à Dieu lui-même, comme ils foiït toutes les choses extraordinaires, lui donnaient le nom de connaissance divine.
Nous pouvons donc maintenant dire sans scrupule que les prophètes ne connaissaient ce qui leur était révélé par Dieu qu'au moyen de l'imagination , c'est-à-dire par l'intermédiaire de paroles ou d'images , vraies ou fantastiques. Ne trouvant en effet dans l'Écriture que ces moyens de révélation , nous n'avons pas le droit d'en supposer aucun autre. Maintenant, par quelle loi de la nature ces révélations se sont-elles accomplies ? J'avoue que je l'ignore. Je pourrais dire, comme beaucoup d'autres, que tout s'est fait par la volonté de Dieu; mais j'aurais Pair de parler pour ne rien dire. Car ce serait comme si je îcjulais expliquer la nature d'une chose particulière par quelque terme transcendaiital. Tout a étéfait pur la -puissance de Dieu; et comme la puissance de la nature n'est rien autre que la puissance même de Dieu 1, il s'ensuit que nous ne connaissons point la puissance de Dieu , en tant que nous ignorons les causes naturelles des choses. Il y a donc une grossière absurdité à recourir à la puissance de Dieu quand nous ignorons la cause naturelle d'une chose, c'est-à-dire la puissance de Dieu elle-même. Mais il n'est pas nécessaire pour notre dessein d'assigner la cause de la connaissance prophétique ; car nous avons expressément averti que nous nous bornerions ici à examiner les principes dans l'Écriture , afin d'en tirer, comme nous ferions de données naturelles , certaines conséquences, sans rechercher d'ailleurs d'où sont
J» Éthique, part. 1, Schol. deia Propos. 15} Propos. 18, Î5, ÎQ, S9, ete.
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venus ces principes, ce qui ne nous intéresse en rien* Ainsi donc, puisque les prophètes ont perçu par l'imagination les révélations divines , il en résuite que leur faculté perceptive s'étendait bien au delà des limites de l'entendement; car avec des paroles et des images il est possible de former un plus grand nombre d'idées qu'avec les principes et les notions sur lesquels toute notre con ; naissance naturelle est assise. [•
On voit en outre clairement pourquoi les prophètes on toujours perçu et enseigné toutes choses par paraboles et d'une manière énigmatique, et exprimé corporellement les choses spirituelles; tout cela convenant à merveille à la nature de l'imagination. Nous ne nous étonnerons plus maintenant que l'Écriture et les prophètes parlent en termes si impropres et si obscurs de l'esprit ou de l'âme de Dieu, comme dans les Nombres, chap. xi, vers. 17, et le premier livre des Rois, chapitre xxn, vers. 2, etc., que Michée nous représente Dieu assis, que Daniel nous le peigne comme un vieillard couvert de blancs vêtements, Ëzéchiel comme un feu , enfin que les personnes qui entouraient le Christ aient vu le Saint- Esprit sous la forme d'une colombe, les Apôtres comme des langues de feu , et Paul , au moment de sa conversion , comme une grande flamme ; tout cela s'accorde en effet parfaitement avec les images vulgaires qu'on se forme de Dieu et des esprits. D'un autre côté, l'imagination étant volage et inconstante , le don de prophétie ne restait pas attaché constamment aux prophètes; ce don n'était donc pas commun , mais très-rare, je veux dire accordé à très-peu d'hommes, et dans ceux-là même s'exeeçant très-rarement. Or, puisqu'il en est ainsi, nous devons rechercher maintenant d'où a pu venir aux prophètes la certitude qu'ilsavaient touchant des choses qu'ils percevaient, non par des principes certains, mais par l'imagination. Et tout ce qui peut être dit à ce sujet, il ne faut le demander qu'à l'Écriture elle-même , puisque nous n'avons de ces objets , je le répète,, aucune science
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vraie, et ne pouvons les expliquer par leurs premières causes. Cherchons donc ce qu'apprend l'Écriture sur la certitude des prophètes ; c'est le sujet du chapitre suivant.