‹ Œuvres, tr (volume 2)Chapitre 75 sur 150 · I. Voyez Éthique, part. S, rwpos. 3f et*» SeW · texte numérisé non relu

I. Voyez Éthique, part. S, rwpos. 3f et*» SeW

Dieu nous enseigne que Dieu est notre souverain bien, que la connaissance et l'amour de Dieu sont la fin dernière où il faut diriger tous nos actes. C'est là ce que l'homme charnel ne peut comprendre; ces préceptes lui semblent choses vaines, parce qu'il n'a de Dieu qu'une connaissance imparfaite, parce qu'il ne trouve dans ce bien suprême qu'on lui propose rien de palpable, rien d'agréable aux sens, rien qui flatte la chair, source de ses plus vives jouissances, parce qu'enfin ce bien ne consiste que dans la pensée et dans le pur entendement. Mais pour ceux qui sont capables de comprendre qu'il n'y a rien dans l'homme de supérieur à l'entendement ni de plus parfait qu'une âme saine, je ne doute pas qu'ils n'en jugent tout autrement.

Nous avons expliqué ce qui constitue proprement la loi divine. Toutes les lois qui poursuivent un autre objet sont des lois humaines : à moins toutefois qu'elles ne soient consacrées par la révélation ; car sous ce point de vue, comme nous l'avons montré plus haut, elles se rapportent à Dieu ; et c'est dans ce sens que la loi de Moïse, tout en étant une loi particulière appropriée au génie particulier et à la conservation d'un seul peuple , peut être appelée Loi de Dieu ou loi divine. Nous croyons en effet que cette loi a reçu la consécration de la lumière prophétique.

Si nous considérons maintenant avec attention la nature de la loi divine naturelle, telle que nous l'avons définie tout à l'heure, nous reconnaîtrons : 1° qu'elle est universelle, c'est-à-dire commune à tous les hommes ; nous l'avons déduite en* effet de la nature humaine prise dans sa généralité ; 2° qu'elle n'a pas besoin de s'appuyer sur la foi des réeits historiques, quels que soient d'ailleurs ces récits. Car comme cette loi divine naturelle se tire de la seule considération de la nature humaine, on la peut également concevoir dans l'âme d'Adam et dans celle d'un autre individu quelconque, dans un solitaire et dans un homme qui vit avec ses semblables. Ce n'est

pas Bon plus la croyance aux récits historiques, si légi- ™® qu'elle soit, qui peut nous donner la connaissance e lftu». ^ par conséquent l'amour de Dieu, qui en tire son origine; cette connaissance, nous la puisons dan3 les notions universelles qui se révèlent par elles-mêmes e™Portent une certitude immédiate ; tant il est vrai <pe la croyance aux récits historiques n'est pas une con- °n nécessaire pour parvenir au souverain bien. Tou- «ois, bien que les récits historiques soient incapables de nous donner la connaissance et l'amour de Dieu, je ne Bjfi point que la lecture de ces récits ne nous soit très- QWe dans la vie sociale. Plus en effet nous observons, et nueux nous connaissons les mœurs des hommes, que nen ne nous dévoile plus sûrement que leurs actions, P as il nous est facile de vivre en sûreté dans leur commerce, et d'accommoder notre vie et notre conduite à leui génie, aulant qu'il est raisonnable de le faire. 3° Nous voyons aussi que cette loi divine naturelle ne nous deviande pas de cérémonies, c'est-à-dire cette sorte d'actions, de soi indifférentes, et qu'on n'appelle bonnes qu'à la suite d'une institution, ou si l'on veut, qui représentent un certain bien nécessaire au salut, ou enfin, si l'on aune mieux, dont la raison surpasse la portée de l'esprit humain. Car la lumière naturelle n'exige rien de nous qu'elle ne soit capable de nous faire comprendre et °u elle ne nous montre clairement comme bon en soi oia comme moyen d'atteindre à la béatitude. Et quant at*^ actions qui ne sont bonnes que par le fait d'une instit*v lion qui nous les impose, ou en tant que symboles «^, quelque bien réel, elles sont incapables de perfectionr*^ notre entendement; ce ne sont que de vaines ombr^, qu'on ne peut mettre au rang des actions véritablenx^, excellentes, de ces actions filles de l'entendement ^ ^ sont comme les fruits naturels d'une âme saine. ^^ fl est inutile n'insister plus longuement sur ce p«^ 4° Nous voyons enfin que le prix d'avoir observé y^

divine, c'est cette loi eUe-mÊme, savoir ; <te cox^xx^ — *»

Dieu et de l'aimer d'une âme vraiment libre , d'un amour pur et durable ; le cbâtiment de ceux qui violent cette loi, c'est la privation de ces biens, la servitude de la chair, et une âme toujours changeante et toujour/ troublée. !

Ces quatre points bien établis, nous avons à résoudre les questions suivantes. 1° Pouvons- nous, par la lumière naturelle, concevoir Dieu comme un législateur, ou comme un prince qui prescrit aux hommes certaines lois ? 2° Qu'enseigne l'Écriture sainte touchant la lumière et la loi naturelles? 3e Pour quelle fin a-t-on institué autrefois des cérémonies religieuses? 4° A quoi sert de connaître l'histoire sacré et d'y croire? Nous traiterons la première et la seconde de ces questions dans le présent chapitre , les deux autres dans le suivant.

Il est aisé de résoudre la première de ces questions en considérant la nature de la volonté de Dieu, laquelle ne se distingue de son intelligence qu'au regard de l'esprit humain : en d'autres termes, la volonté de Dieu et son entendement ne sont qu'une seule et même chose ', et toute la distinction qu'on y établit vient des idées que nous nous formons de l'entendement divin. Par exemple, quand nous ne sommes attentifs qu'à ce seul point, savoir : que la nature du triangle est contenue de toute éternité dans la nature divine, à titre de vérité éternelle, nous disons alors que Dieu à l'idée du triangle, ou bien qu'il entend la nature du triangle ; mais si nous venons à concevoir que la nature du triangle est ainsi contenue dans la nature divine par la seule nécessité de la nature divine, et non par la nécessité de l'essence et de la nature du triangle ; bien plus encore , si nous considérons que la nécessité de l'essence et des propriétés du triangle, prises comme des vérités éternelles , dépend de la seule nécessité de la nature et de l'entendement divin, et non

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de la nature du triangle» il arrive alors que, ce que noua appelions entendement de Dieu, nous l'appelons volonté divine ou décret divin. Ainsi donc, dire que Dieu a voulu que la somme des angles d'un triangle fut égale à deux droits, .ou dire que Dieu a pensé cela, c'est, au regard de Dieu, une seule et même chose. D'où il suit que les affirmations et les négations de Dieu enveloppent toujours une nécessité ou une vérité éternelles. Si, par exemple, Dieu avait dit à Adam : Je ne veux pas que vous mangiez du fruit de l'arbre du bien et du mal , il impliquerait contradiction qu'Adam pût manger de ce fruit; et il serait par conséquent impossible qu'il en eût mangé, le décret de Dieu enveloppant une nécessité et une vérité éternelles. Cependant, suivant le récit de l'Écriture, Dieu fit à Adam cette défense, et Adam ne laissa pas de manger du fruit défendu. Il faut donc entendre de toute nécessité .que Dieu révéla seulement à Adam le mal qu'il aurait à souffrir s'il mangeait du fruit de cet arbre, sans lui faire connaître qu'il était nécessaire que ce mal fût la suite de son action. D'où il arriva qu'Adam comprit cette révélation, non pas comme vérité éternelle et nécessaire, mais comme une loi, je veux dire comme un commandement, suivi de récompense ou de punition, non par la nécessité même et la nature de l'acte srcompU , mais seulement par le vouloir d'un prince et pat «ou autorité absolue. Par conséquent cette révélation n'eut le caractère d'nne loi, et Dieu ne fut semblaJ>i<\à u« législateur ou à un prince qu'au regard d'Adaoj et par l'iuipeiiei;tion et le défaut de sa connaissance. Ce fut «ucor* i>ua cette même raison, je veux dire par défaut de commi* sance, que le Décalogue eut, aux yeux des ttôUciu , U erractère d'une loi. Ne connaissant pas en etfel JVxuU*^ de Dieu , à titre d'éternelle vérité, Us durent coi^mu^ comme des lois ces paroles du Décalogue : i,u i ..A.oW. un Dieu et qu'il ne faut adorer que lui tcu . fc ... .^ traire Dieu leur eût parlé directeur' y* .... ^

les choses révélées, non comme des lois, mais comme des vérités éternelles. C'est en ce sens qu'il les délivra de la servitude de la loi, et qu'en même temps il la confirma et l'établit plus profondément dans leurs cœurs. J'entends de cette façon plusieurs passages de Paul, notamment dans YEpître aux Romains, chap. vil, vers. 6, et chap. m, ver«. 28. Je conviens qu'il ne s'y explique pas ouvertement, et, comme il dit lui-môme (ibid., chap. iu, vers. 5, et chap. vi, vers. 19), il parle de ces choses à la manière des hommes. Aussi, quand il donne à Dieu le nom de juste, il marque expressément que c'est là une expression tout humaine ; et c'est encore sans doute à cause de l'infirmité de la chair qu'il représente Dieu comme miséricordieux, débonnaire., irrité, etc. Il est évident qu'en tous ces endroits il met son langage à la portée du vulgaire, et, comme il dit encore lui-même (E pitre /re aux Corinthiens, chap. m, vers. 1 , 2), des hommes charnels. La preuve, c'est que dans YÈpître aux Romains (chap. ix, vers. 18) il enseigne formellement que la colère de Dieu et sa miséricorde ne dépendent point des œuvres de l'homme, mais de la seule vocation de Dieu, c'est-à-dire de sa seule volonté; et plus haut, il déclare (chap. m, vers. 28) que ce ne sont point les œuvres prescrites par la loi qui rendent l'homme juste, mais bien la seule foi, par où il entend sans aucun doute le plein acquiescement de l'âme ; personne enfin, suivant sa doctrine expresse, ne peut devenir bienheureux s'il n'a en soi l'esprit du Christ [ibid.y chap. vm, vers. 9), en d'autres termes; s'il ne comprend les lois de Dieu comme des vérités éternelles. Concluons donc que c'est seulement pour se mettre à la portée du vulgaire et s'accommoder à l'imperfection de sa connaissance , qu'on représente Dieu sous les traits d'un législateur ou d'un prince, et qu'on lui donne les noms de juste, miséricordieux, et autres semblables. En réalité, Dieu agit et dirige toutes choses par la seule nécessité de sa nature et de sa perfection ; ses décrets et ses volontés sont

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des vérités éternelles, et enveloppent toujours l'absolue nécessité. Voilà le premier point que nous nous proposions d'éclaircir.

Arrivons maintenant au second point, et voyons, en parcourant les saintes Écritures, ce qu'elles nous enseignent louchant la lumière naturelle et la loi divine. Ce que nous rencontrons tout d'abord, c'est l'histoire du premier homme, où il est dit que Dieu ordonna à Adam de ne point toucher au fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Que signifie ce récit ? Il me semble qu'il faut entendre que Dieu ordonna à Adam de faire le bien en tant que bien, et non pas comme contraire du mal ; c'est-à-dire de faire le bien par amour du bien, et non par crainte du mal. Car, comme nous l'avons déjà montré, celui qui fait le bien par connaissance véritable et par amour du bien agit d'une àme libre et constante ; au lieu que celui que la crainte seule du mal porte au bien agit en esclave, sous la contrainte du mal, et comme dominé par une force étrangère. Par conséquent, l'ordre que Dieu donne à Adam embrasse toute la loi divine naturelle, et se trouve en parfait accord avec les commandements de la raison universelle. Or, je ne crois pas qu'il fût difficile d'expliquer dans le même esprit toute cette histoire, ou pour mieux dire toute cette parabole du premier homme; mais j'aime mieux laisser là cette entreprise, soit parce qu'il m'est impossible d'être absolument certain que mes explications répondent exactement à la pensée de l'écrivain sacré, soit encore parce qu'on admet généralement que cette histoire du premier homme est un récit pur et simple et non pas une parabole. Il est donc beaucoup plus à propos que je continue de citer des passages de l'Écriture, et principalement ceux qui sont sortis de la bouche d'un homme qui a surpassé tous les sages de son temps par la force de sa raison, et dont les discours, quoique inspirés par la seule lumière naturelle, n'ont pas une autorité moins sainte aux yeux de tous que ceux mêmes des ^TO\^feta&,

Je veux parler de Salomôn, et Ton sait assez que sa prudence et sa sagesse sont célébrées dans l'Écriture plus encore que sa piété et son caractère de prophète. Ce sage roi dit en ses Proverbes que l'intelligence humaine est la source de la vie véritable, et que le plus grand des maux , c'est l'ignorance. Voici ses propres paroles (chap. xvi, vers. 23) : « Lasource de la vie, c'est V intelligence de celui qui est le maître de l'intelligence, et le supplice des esprits aveugles est dans leur aveuglement même1. * On remarquera ici que, par le mot vie, employé dans un sens absolu, il faut entendre en hébreu la vie véritable, ainsi qu'on en trouvera la preuve évidente dans le Deutéronome (chap. xxx, vers. 19). Ainsi donc, pour Salomon, le fruit de l'intelligence est tout entier dans la vie véritable, et tout châtiment consiste dans la seule privation de cette vie. Or, c'est justement là ce qui a fait tout à l'heure l'objet de notre quatrième remarque touchant la loi divine naturelle. Maintenant, que ce soit cette source de vie, c'est-à-dire l'intelligence, qui seule donne des lois aux hommes sages, comme nous l'avons également prouvé plus haut, c'est ce qui résulte encore de la manière la plus formelle des paroles de Salomon: « La loi de l'homme sage, dit-il (chap. xin, vers. 4), c'est la source de la vie véritable; » en d'autres termes, c'est l'intelligence. Voici encore (chap. ni, vers. 13) des paroles trèsexpresses pour établir que l'intelligence fait le bonheur et la félicité de l'homme et donne à l'âme la vraie tranquillité : « Heureux, dit-il, l'homme qui a trouvé la science; heureux le fils de l'homme qui est riche en intelligence. » Il explique lui-même ces paroles un peu plus bas (vers. 16, 17): « C'est, dit-il, que l'intelligence donne directement la longueur des jours2, et indirectement Jes richesses et la gloire.

1. Cette expression : le maitre de l'intelligence, est un hébraïsme. Celui qui possède une chose ou qui la contient dans sa nature est dit le maitre de celte chose. C'est ainsi qu'en hébreu on appelle l'oiseau le maître des ailes, parce qu'il a des ailes; et de même, l'homme intelligent est le maitre de l'intelligence, parce qu'il est doué d'intelligence. - {Xotc de Sp'.noza.)

S. Hébr&Ume, qui «guitie la vie. (xYote de Spinoza»)

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Ses voies sont belles (les voies marquées par la science), et dans tous ses sentiers règne la paix. » Ainsi donc, suivant Salomon, les sages seuls vivent dans la paix et dans la constance, au lieu que l'âme des impies est agitée de , mille passions contraires, incapable, comme dit égale- f ment Isaïe (chap. lvh, vers. 20), de jouir jamais de la4 paix et du repos. Mais ce que nous devons remarquer avec le plus de soin dans ces Proverbes de Salomon, ce sont les paroles qu'on lit au chap. n ; elles confirment notre doctrine de la manière du monde la plus claire. Voici le commencement du chapitre (vers. 3) : t Car si vous invoquez la sagesse, et si vous vous soumettez à l'intelligence alors vous comprendrez la crainte de Dieu, et vous

trouverez la science de Dieu (ou, pour mieux traduire, l'amour de Dieu, car le mot jadah a les deux sens). C'est Dieu en effet qui donne la sagesse, et la science et la prudence (sortent) de sa bouclie. » Il résuite évidemment de ces paroles : premièrement, que la sagesse, c'est-à-dire l'intelligence, nous apprend seule à craindre Dieu raisonnablement, en d'autres termes, à lui rendre un culte vraiment religieux ; secondement, que la sagesse et la science coulent de la bouche de Dieu, et que c'est Dieu qui nous les dispense. Or c'est là ce que nous avons établi nous-mêmes ci-dessus, en montrant que notre entendement et notre science dépendent de la seule idée ou connaissance de Dieu, et qu'elles ont en cette idée leur origine et leur dernier terme.

Salomon continue (vers. 9) d'enseigner, dans ies termes las plus formels, que cette science de Dieu contient la vraie morale et la vraie politique, qui n'en sont qu'une déduction : « C'est alors, dil-il, que vous comprendrez la justice, et le jugement, et les voies droites, (et) tout bon sentier. » Et il ajoute encore pour plus de clarté : « Quand la science entrera dans votre cœur et que la sagesse vous sera douce, alors votre prévoyance l veille?*a sur vous, et votre

' • i-'!:cbrcj porte mezima, qui signiGe proprement réflexion, délibération, ù'jilauce. ^No'te de Spinoza^

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prudence vous gardera. » Tout cela est parfaitement d'accord avec la science naturelle ; car ce n'est qu'après avoir/ connu la nature des choses et déjà goûté l'excellence d$ la science qu'il est possible de poser les basés de la morale et de comprendre la véritable vertu. Nous pouvons également confirmer par les paroles de Salomon ce principe, que le bonheur et la tranquillité de l'homme voué à la culture de l'intelligence dépendent moins de la fortune (c'est-à-dire du secours extérieur de Dieu) que de sa vertu intérieure (c'est-à-dire du secours intérieur de Dieu), en d'autres termes, que e'est surtout par la vigilance, l'action et le bon conseil qu'il parvient à se conserver.

Je ne dois point passer ici sous silence un passage de Paul, dans le chap. Ier, vers. 20, de YEpître aux Romains^ où il est dit (je me sers de la traduction donnée par ïremellius d'après le texte syriaque) : « Les profondeurs invisibles de Dieu 9 sa puissance et sa divinité éternelles, sont devenues visibles dans ses créatures depuis le commencement du monde, et ainsi ceux qui ne les voient pas sont inexcusables. /) C'est dire, ce me semble, assez clairement que tout homme comprend par la lumière naturelle la force et la divinité éternelles de Dieu, et peut déduire de cette connaissance ce qu'il doit faire et ce qu'il doit éviter : d'où Paul tire la conclusion que tout homme qui ne suit point cette lumière est inexcusable et ne peut prétexter son ignorance. Or il en serait tout autrement si Paul entendait parler d'une connaissance surnaturelle de Dieu, de la passion et de la résurrection du Christ selon la chair, et autres vérités semblables. Aussi le voyons-nous poursuivre en ces termes (vers. 24) : « Cest 'pourquoi Dieu les a abandonnés à l'immonde concupiscence de leur cœur. » Et il continue ainsi jusqu'à la fin du chapitre è décrire les vices qui naissent de l'ignorance et qui en sont la punition. Or cette doctrine s'accorde à merveille avec ce proverbe de Salomon déjà cité (chap. xvi, vers. 22) : * Le supplice des esprits aveuglés, c'est leur aveuglement

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même. » Il n'y a donc rien de surprenant dans la pensée de Paul que les méchants sont inexcusables. Chacun en effet recueillera suivant ce qu'il aura semé; du mal sortira nécessairement le mal, si le coupable ne se corrige; et du bien sortira le bien, si celui qui l'accomplit y persiste. Concluons enfin que les saintes Écritures reconnaissent pleinement et la lumière naturelle et iaconnaissance qu'elle nous donne de la loi divine. C'était tout l'objet de ce chapitre.

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