Traité théologico politique, page
î. Même traité, m}me page.
Ilasurtout pour le christianisme une vénération profonde, un tendre et sincère respect; mais il ne cache pas Tentreprise qu'il a conçue de faire à la théologie sa part, et, en la restreignant aux choses de la vie pratique, de la séparer complètement de la philosophie.
Dès les premières pages du Traité théologico-politique, Spinoza s'attache à définir exactement la révélation ou prophétie, fondement de toutes les religions positives. Il combat avec force ce principe, que la révélation ou prophétie est par essence une connaissance divine. A ce compte, dit-il, la raison est donc aussi une révélation, une prophétie ; car elle vient de Dieu, elle est une manifestation directe d$ sa pensée dans T^me des hommes. Cest la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde ' ; — et nous connaissons par elle que nous demeurons en Dieu^ et que Dieu demeure en nous, parce qu'il nous a fait participer de son Esprit^, Ce qui constitue cette connaissance particulière qu'on appelle proprement révélation, ce n'est donc pas sa divine origine ; c'est qu'elle excède les limites de la connaissance naturelle, et ne peut avoir sa cause dans la nature humaine considérée en ellemême •.
La question est ae savoir si la révélation ainsi définie est possible ; mais il est clair qu'elle ne peut l'être pour Spinoza. Le mot surnaturel n'a pas de sens dans sa doctrine ; ce qui est hors de la nature est hors de l'être, et par conséquent ne peut se concevoir. Les révélateurs, les prophètes ont donc été deshomnxes comme les autres*
. ÉTaogile de saint Jeao^ chap. i, yen, 9, 1. Saint Jean, épitre I, chap. iv, yers. 13.